‹ Les BretonsChapitre 10 sur 35 · CHAN'T VII · texte numérisé non relu

CHAN'T VII

Leur poitrine aver bruit rejetait leur lialeine; Tout leur corps travaillait, pareil à ces ressorts Qui semblent pour s'user faire de longs efforts; Puis, afin d'en finir, sur la terre qui tremble, L'un par l'autre emportes, ils bondissaient ensemble; Mais par un nœud de fer l'un à l'autre liés. Toujours ils retombaient ensemble sur leurs pieds, riait; un large espace se fermait sur leur trace.

onduit à ces grands jeux, )urut dans mes cheveux !

s bretons, sous nos chênes antiques, ;s coutumes celtiques :

mon pays, dès ce jour Je sentis dans mon cœur croître cncor cet amour f

Cependant par degrés la nuit venait plus sombre, Et l'on disait : k Assez! » Alors, perdus dans l'ombre, Épuisés, haletants, ne pouvant se dompter. Les deux nobles lutteurs se mirent à chanter.

« Quel homme êtcs-vous donc? Sur son roc solitaire Un chêne plus que vous ne tient pas à la terre : 11 plie au vent qui passe, ou tombe avec fracas ; Vous ne pliez jamais, et vous ne tombez pas. Comme il étouffe un arbre entre ses dures branches, Vos bras à m'étouHer ainsi pressaient mes hanches. J'ai pâli. Vos cheveux immenses et confus Tout entier m'ont couvert de leurs rameaux touffus. Répondez! de quel nom faut-il que je vous nomme? Et quel homme ctes-vous, si vous êtes un homme?»

c( Vous C-tcs un serpent ! J'en ai vu bien des t'ois

Autour de mon bâton se rouler dans les bois;

Mais, si je secouais le bâton, la vipère

Sous la ronce, en sifflant, regagnait son repaire.

Vous, malgré mes efforts, à mes jambes serré,

De vos nombreux anneaux vous m'avez entouré.

A vous seul sur le pré vous en valez un couple.

Samson n'est qu'un enfant. Votre corps vert et souple

A lié mes deux bras, noué mes deux genoux.

Si vous êtes un homme, ah! quel homme êtes-vous? »

« Hier, lorsqu'au logis vos gens dormaient encore, Vous vous serez levé tout seul avant l'aurore; Suivi de votre chien, et la unit, en scael, Vous serez allé seul, hiei-, dans la Inrét ; Là, vous avez cueilli des herbes, uneécorce, Une magique fleur qui donne de la force. Enfant d'Eve et d'Adam, pétri de leur limon, Chrétien, je ne veux pas lutter contre un démon. Si j'ai risqué mes jours, parlez, je vous réclame : Avec mon pauvre corps ai-je risqué mon ame? »

« Ce matin, en passant près de notre maison, Vos yeux sous leurs sourcils brillaient comme un ti Vous les avez sur nous fixés de telle sorte Que mon père, tout pâle, est tombé sur sa porte; Ses bcBufs qu'il attelait, défaillant tout à coup,

Sous leur joug trop pesant ont abaissé leur cou; Aujourd'hui les voilà, spectacle lamentable! Pareils à des agneaux, couchés dans leur étable. Quel étrange secret, si, par l'art de vos yeux, Vous prenez en passant la force de mes bœufs!»

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