SO LIS BRI6ANB8 DB ROME
afsec QFgm\ ose TidUe église décrépite qoi fot bfttie, disent-ils, pgr saint François d'Assise, et les ruines d/un (gâteau dont le donjon a le pririlége d'attirer la foudre. L'autre, la ville basse^ estde construction plus récente. Bâtie dans la plaine, au pied de la montagne, elle est P^u propre ; elle possède entre aute^ curiosités une grande rue qui s*est appelée successiTement rue Ferdinande, me de la Liberté, rue Garibaldi^ rue Vietor-Emmanoel, et rue Gbiavone pendant quarante*buit heures.
Une chaussée à reyètements de briques, dont la construction est attribuée aux Romains, relie la Yille haute et la Tille basse ; mais à cela s'arrête le trait d'union. Les gens de Tune et de l'autre se hissent cordialement: Sous les Bourbons, la ville haute avait l'honneur dféferelesiégedn municipo^ Sous Garibaldi, la viUe basse le lui enleva pour avoir crié bien fort : Vive le dictateur ! La ville haute elle, cria : Vive François H! et tous ses gens s'enfuirent dans les montagnes. La ville basse possède un semblant de fortifications qui consistent en uae continuité de murs auxquels 1^ Piémontais ont ajouté en ces derniers temps quelques talus.
Ceci a exaspéré les gens de la ville haute. Un beau jour, sousiprétexte qu'ils avaient, eux aussi, besoin d'une déf^se, ils coupèrent la chaussée par un large
Le major piémontais qui commandait à Gastelluccio, dans la ville basset envoya des pionniers qui comblèrent le fossé et rétablirent le chemin.
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Pendant la Duit, le fossé fut onemô de nouveau. On le.Tecombla le lendemain, et pour Mmider les mécontents, le major fit placer une garde de quatre soldats près de Teudroit en litige.
La nuit qui suivit ce jour, les quatre soldats disparurent et le fossé rq)arut plus large et'^ilus profond.
— Le diable s'en mêle, dirent les gens de la vlUe basse. Le major qui croyait peu au diable, envoya un détachement de soldats occuper la ville haute, il fit fouiller toutes les maisons desquelles on enleva toutes les pelles et toutes les pioches qui s'y trouvaient. Le fossé fut solidement bouché, et une garde de huit hommes s'y installa.
Au jour, on put croire vraiment que le diable avait fait des sîmuies, la garde n'existaii.pius, et à la place qu'elle avait occupée s'ouvrait une tranchée profonds.
Voici l'expUcation de ce fait, que chacun n'hésita pas à qualifier de surnaturel. Vers le milieu de la nuit, pendant que les sept hommes dormaient à terre, roulés dans ieurs capotes, une patrouille venant de la ville haute s'avança sur la chaussée. Au Qui vive ! de la sentmelie le sergent qui la commandait s'avança à Tordre; c'est-à-dire qu'il vint se placer, comme cela se pratique, au bout du fusil du factionnaire; seulement ce dernier reçut, au lieu d'un mot pour lequel il tendait l'oreille, un couteau bien lancé qui lui coupa la gorge. Il tomba sans pousser un cri. Aussitôt la patrouille se précipita sur les dor-
meurs qui furent bâillonnés et garrottés avantméme qu'ils eussent pu ouvrir les yeux. Gela fait^ quatre hommes, descendant le long de la chaussée, enfoncèrent dans le talus plusieurs canons de fusils bourrés de poudre, ils "relièrent cette espèce de machine infcmsile par une mèche qu'ils allumèrent, puis tous s'enfuirent vers la ville haute en emportant leurs prisonniers, pendant que, derrière eux, une partie de la chaussée sautait avec fracas. Au bruit de l'explosion, l'on ac(*ourut ; le major était furieux ; mais rien ne put lui donner le moindre indice de ce qu'étaient devenus ses soldats.
" Qu'était-ce donc que cette patrouille ? demandai-je au lieutenant qui me racontait ces détails.
— Cette patrouille était tout simplement composée de contre- soldats.
— De contre-soklats !
— Oui, c'est à-dire de montagnards des grandes bandes, qui s'étaient, pour la circonstance, déguisés eu soldats. C'est un ♦fxcellent tour qui manque rarement son effet. C'est d'ailleurs une idée française. Votre général républicain Hoche n'avait- il pas organisé des contre-chouans dans la guerre de la Vendée ?
— Chut ! nous voici près de Castelluccio. .
Nous étions alors dans-un chemin creux qui nous dérobait la ville ; mais nous devions en être trèsprès, car l'on entendait les sentinelles qui s'avertissaient, comme si elles eussent été dans une place forte ou en présence de l'ennemi.
Le lieutcoant commanda la halle; puis envoya en avant deux éclaireurs, qui revinrent presque aussitôt. Ils rapportaient vraisemblablement une mauvaise nouvelle, car Tofficier laissa échapper un Christo délia madona formidable, et parut compter ses hommes.
Une bande est-elle donc dans les environs? demandai-je.
— Une bande ! Oui, vous allez voir un beau jeu. Taisez-vous et venez ; silence !
Je commençais à être passablement intrigué ; mais j'avoue que je le fus complètement quand un soldat vint se poser à côté de mc et me dit en mauvais italien que si je faisais un mouvement pour m'échapper, il me planterait un couteau dans les côtes. Joignant le geste à la parole il me fit voir un long couteau dont la trempe devait être excellente ; je me tins dès lors pour averti.
La troupe, dont chaque homme était équipé au grand complet, y compris le schako et les épaulettes, exécuta alors, d'après un ordre de Tofficier, une manœuvre au moins singulière. Tous, moi compris, nous défilâmes à qoatre pattes le long d'un talus, avec les précautions de gens qui ont un grand intérêt à ne pas se laisser apercevoir. Nous arrivâmes ainsi jusqu'à un angle de muraille.
• Debout ! Halte ! Portez armes ! » cna l'officier. Ces trois commandements furent exécutés avec une grande précision. Je regardai autour de moi. Nous venions de contourner la ville basse et nous nous
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trouYions à l'entrée de la chaussée qui coaduisaii à la Tille haute.
Ge point était gardé par un posde de vingt homioes commandés par un sous-lieutenant.
Notre troupe s'arrêta en vue de ce poste, qui se^mit sous les armes. Notre lieutenant s'avança et échangea à voix basse un mot d'ordre avec Tolficier du poste. Il lui remit ensuite un pli décacheté.
Le sous-lieutenant le prit, le consMéra attetitivement, le lut, le relut, et finalement déclara au lieutenant qu'il ne pouvait le laisser passer sans en référer au commandant de ^lace. Il ordonna à un sergent de se rendre à la maison militaire avec deux hommes. Geux-ci partirent, ce qui diminuait de trois le nombre des soldats de garde.
— Quel est cet homme? demanda*t-il.
— Un Français que j'ai rencontré devant les murs, et qui se dit touriste.
— Bon, c'est un espion ; le major en fera son affaire. Quatre hommes, et qu'on le mette au poste en attendant mieux.
Ici une altercation s'éleva entre les deux officiers à mon sujet. Quatre hommes s'approehèrent peur m'emmener. Mon gardien les repoussa, ceci occasionna un tumulte à la faveur duquel notre troupe se mêla à la garde du poste. L'on commençait à crier haut, les injures se croisaient quand je fus violemment poussé par je ne sais qui dans lUntérieur du corps de garde, dont la porte se referma sur moi. Je n'étais pas seul, mon inséparable gardien m'avait suivi; et
j'observai qu^l s'appliquait à suivre rsm oaioiiidreâ mouvements.
— Tout à coup, pif! paf! àe» coups de fusils résoDuent au dehors où tout m'a^unonce^u'une lutte skieuse est engagée*
A tout hazard je voulus m'assurer de ce dont il s'agissait, et je me préparais à ouvrir la porte. Mon gardien se précipita en avant et mit son couteau en arrêt sur la serrure. — Je battis en retraite. — Cependant, comme je voulais voir à, tout prix, j'approchai du mur «n banc^ sur lequel je grimpai. Grâce à ce banc et-à ma haute taille je me trouvai arriver jusqu'à une des fenêtres de cette espèce de prison, et je pus tout voir sans être trop aperçu. Inutile de dire que mon Sosie s'était hissé à mon côté.
La première cho^ que j'entrevis, ce fut le cadavre du sous-lteutenant percé de coups de baïonnettes, puis autouc de lui uu assez bon nombre de ses soldats. Le major commandant de place venait d'arriver à cheval et s'informait auprès du lieutenant de ce qui se passait.
Celui-ci répondait avec le plus grand sang-froid qu'il était vettu du village de (je n'ai pas entendu le nom) à la poursuite d'une bande de brigands, que ceux-ci avaient débouché du chemin creux à l'improviste sur les hommes de garde dont ils venaient de massacier une partie. Le major écoutait de l'air d'un homme qui ne croit pas un mot de ce qu'on lui dit. Aux dernières paroles du lieutenant, il tira un revolver de ses fontes, mais le lieutenant vit le mouvement,
et, d'un coup de pistolet bien ajusté, il renversa le major aux pieds de son cheyal. Toutefois cet officier n'était que blessé, il se releva en criant : Dans les maisons, feu par les fenêtres! Au même instant la ville baute se couronna d'éclairs, et une grêle de balles tomba au milieu de la rue Garibaldi.
Je ne comprenais absolument rien à tout ce qui se passait à travers la fumée et la poussière : je voyais bien qu'on se battait ; mais qui donc étaient les assaillants? Il n'y avait que des soldats sur le terrain. — Je crus à une sédition militaire et je me demandai, non sans inquiétude, ce qu'il adviendrait de moi dans tout ceci. — Je fus tiré de mes réflexions par un bond que fit mon gardien, — bond qui eut pour conséquence de faire chavirer le banc et de m'envoyer asseoir par terre à trois pas de distance.
— Es -tu fou? criai-je à cet homme en frottant la partie de mon individu si brusquement mise en contact avec les cailloux du sol : es-tu fou, dis?
Il ne me répondit pas, du moms je le pensai, car îl se mit à crier : Allegria ! eccolo ! eccolo !
— Le voici, le voici ! Qui donc, animal? lui hurlaijc en m'approchant de son oreille.
A mon cri, qui eût brisé Poreille d'un sourd, il se retourna vivement comme un homme qu'on vient d'éveiller en sursaut ; il me regarda fixement et me dit : — Si vous tenez à vivre, signor , taisez-vous !
— Certes ! que je tiens à vivre ! Mais cela ne doit pas t'empêcher de me dire ce qui arrive?
— Regardez.
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Je regrimpa sur le banc et j'aperçus dans la rue une belle troupe de grenadiers qui s'avançaient à la baïonnette. Devant eux, faisant bonnetontenance cependant, reculait pas à pas, une troupe de soldats débandés.
Bn tête des grenadiers, à côté d*un autre personnage, marchait le lieutenant qui m'avait fuit prisonnier.