Encyclopédie méthodique : Beaux-Arts, t. Ier, p
les procédés de fonte à cire perdue, qui, d'un usage général dans l'Antiquité et àl'époque de la Renaissance, étaient peu, à peu tombés dans l'oubli. Or, cette fonte à cire perdue, ainsi que nous aurons occasion de le constater dans un instant, exige la coopération directe de l'artiste. Mais, alors que chez leurs glorieux devanciers, le statuaire conduisait l'opération jusqu'à son achèvement, et demeurait jusqu'au bout « maître de l'œuvre », avec les émules des Gonon et des Bingen, nos artistes s'arrêtent en route. Après avoir amené leur cire à la perfection voulue, ils se désistent de toute direction, de toute participation au reste de l'opération, et la confection de la chape, aussi bien que la fonte proprement dite, sont exécutées en dehors d'eux par d'habiles spécialistes.
Cette manière d'opérer, quoique incomplète, constitue toutefois un grand progrès, et l'on a pu voir, à nos Expositions annuelles, des épreuves de ces fontes à cire perdue, «jetées » d'après les modèles des statuaires éminents, — je citerai notamment la figure du tombeau de Guillaumet de M. E. Barrias et les bustes de Liouville et d'Albert Wolff de M. Dalou, — capables de supporter la comparaison avec les bronzes anciens.
En présence de cette « renaissance » il paraîtra sans doute intéressant de passer tout d'abord en revue les procédés employés au xvie siècle pour exécuter les fontes à cire perdue, — procédés qui, du reste, ne diffèrent pas essentiellement de ceux pratiqués de nos jours. Mais, avant cela, quelques explications générales, relatives au matériel dont on fait usage dans les fonderies , nous paraissent indispensables.
Fig. 9. — Bas-relief en bronze (porte de Saint-Maclou à Rouen).