V2 LES BRONZES D'ART
elle passe dans l'atelier de montage et d'ajustage, où l'on réunit les divers fragments dont elle se compose.
S'agit-il de bronzes d'ameublement, tels que chandeliers, pendules, coupes, chenets, candélabres, etc., la réunion s'effectue à l'aide de vis, dissimulées autant que possible, ou au moyen d'une tige de fer qui traverse l'ouvrage,
Fig. 31. — Flambeau Fig. 32. — Diverses parties da flambeau,
monté. A, binet. — B, bobèche. — G, collet. —
D, tige. — E, collet du pied. — F, pied. — G-, suageou doucine.
(Figures tirées de Y Orfèvrerie.)
et que maintiennent deux écrous. Presque jamais on ne recourt à la soudure, à moins que la pièce ne doive être dorée, et encore préfère-t-on l'un des deux modes que nous venons d'indiquer.
Pour les œuvres de la Statuaire, qu'on a divisées à l'aide de coupes afin de rendre leur fonte plus facile, on a recours à un emboîtage, que vient consolider un jeu de chevilles ou de rivets traversant l'ouvrage de part en part. Lorsque le
fragment a été monté en sa place, on tranche ces chevilles à fleur du bronze, et un travail de martelage les confond si bien avec la matière environnante, qu'elles disparaissent complètement, et qu'il devient impossible de les distinguer. En outre, dans les parties où doivent s'opérer des raccords, on laisse déborder de chaque coté des espèces de bourrelets, qui, sous l'action du marteau et du riflard, finissent par opérer une jonction si intime, que l'œil le plus exercé ne saurait découvrir la trace de la section.
Une fois que les pièces, fondues et ciselées, ont été montées et ajustées par des ouvriers spéciaux, on les soumet à un décapage qui fait disparaître de leur surface toutes les oxydations, avive le métal, et le prépare à recevoir la patine.
Fig. 33. — Chenet monté à l'aide d'une tige de fer reliant les diverses parties.