Metrop. Remensis Historia, t. Ier, p
2. D'Achery et Mabillon, Actes des bénédictins, t. III, p. 541. — Suger, de Administratione sua, ch. xxvn.
3. Baugier, Mém. hist. de la province de Champagne, t. Ier, p. 153. — E. David, Tabl. hist. de la sculpture française, p. 17.
à fait exceptionnelle. Elle avait été exécutée, sans doute, par quelque grand artiste venu d'Italie ou de Byzance, car, par deux livres singulièrement précieux à consulter, nous
Fig. 47. — L'empereur Charlemagne, statuette en bronze du xme siècle. (MUSÉE CARNAVALET .J
savons à quels menus ouvrages, les travaux des fusarii ou des fusores étaient limités, aussi bien dans les cités où les artisans laïques étaient groupés par métiers, qu'à l'intérieur des cloîtres.
Le premier de ces deux livres est V Essai sur divers arts
du moine et prêtre Théophile1. C'est une espèce de manuel où sont recueillis, avec un soin tout particulier.et une précision rare, les recettes et les procédés employés dans l'exercice des différentes professions pratiquées dans les monastères. Grâce à ces recueils qui permettaient de transmettre, de génération en génération, une habileté technique dont la Communauté tirait à la fois profit et honneur, les traditions pouvaient se maintenir à peu près intactes . Dans quel couvent le moine et prêtre Théophile put-il réu nir les éléments de sa précieuse Scliedula? A quelle époque exacte écrivait-il? Ces deux points, fort controversés, sont demeurés, en dépit de savantes discussions, enveloppés d'une ombre épaisse. Présumant les opinions émises, nous avons établi autre part2 que, très vraisemblablement, notre bon religieux vivait à la fin du xne ou au commencement du xine siècle, et que, non moins vraisemblablement, il ne s'était pas contenté de codifier les formules usitées dans un seul monastère, mais qu'il avait fait de larges emprunts au dehors, allant voir travailler les ouvriers de divers pays, enregistrant les résultats de ses observations, avec une netteté et une abondance de détails telles, qu'on a pu prétendre parfois qu'il avait dû lui-même mettre la main à l'œuvre.
Eh bien, dans ce précieux recueil, où trente et quelques chapitres sont consacrés à la mise en œuvre de l'or et de l'argent, et à la fabrication des pièces d'orfèvrerie, il n'en est que cinq concernant la fonte des objets en bronze; et sur ces cinq chapitres, quatre sont absorbés par le traitement des minerais de cuivre, la construction du fourneau, la fabrication des cornues, la constitution des alliages. Un seul nous enseigne comment il faut s'y prendre pour fondre un encensoir! Ajoutons que dans ce chapitre, techni-
1. Theophili presbyterii et monachi libri HT, seu diversarum artium schedula, traduit et publié par M. Ch. de L'Escalopier ; Paris, 1843.
2. Histoire de l'orfèvrerie française; Paris, Quantin, 1896; p. 132.
quement fort complet1, où l'auteur décrit la façon de former le noyau; de le revêtir d'une couche de cire, dans laquelle on modèle la décoration; d'envelopper le tout d'une chape; de consolider cette chape après avoir fait écouler la cire par les évents ; de verser ensuite le métal, de le laisser refroidir, de le décaper et de réparer au besoin les défectuosités que peut présenter la fonte ; il n'est même pas dit qu'on puisse employer des procédés identiques pour exécuter d'autres objets mobiliers. En sorte que, de l'interprétation plutôt étroite de ce texte, il pourrait résulter cette conviction, que le talent des fusarii se bornait, dans les établissements religieux, à confectionner des encensoirs2.
Avec notre second livre, ce domaine s'étend quelque peu. Ce nouveau texte, c'est le Livre des métiers d'Etienne Boileau3. Il contient, on le sait, les Statuts de toutes les Communautés d'arts et métiers de Paris, tels qu'ils furent enregistrés — sous le règne de saint Louis et sur l'ordre de ce prince — ■ par le prévôt des marchands. Ce recueil, d'un prix inestimable, consacre un certain nombre de « titres » aux artisans qui, au xnie siècle, travaillaient le bronze et avaient le droit exclusif de le mettre en œuvre. Le premier (litre XLI) concerne les fondeurs et mouleurs, et s'empresse d'ajouter que cette Communauté comprend tous ceux qui « font boucles, mordans, fermaux et aneaux » en archal et en cuivre. D'autres ouvrages, il n'en est pas question d'une façon spéciale, si ce n'est des sceaux; mais, d'une manière générale, il est ajouté que les Maîtres peuvent s'occuper de quelques petits travaux (« autre menue œvre ») exécutés pareillement en cuivre ou en archal. Le chapitre sui-