Mérimée, Études sur les arts au Moyen Age, p
singes immondes, ces lions sauvages,... ces soldats combattants, ces chasseurs jouant de la trompe?... Une si grande, une si étonnante variété de formes apparaît, qu'il est plus agréable de lire les sculptures que les livres1. » Pourquoi les anciens statuaril ne sont-ils pas appelés à concourir à cette débordante décoration?
Peut-être à cause du prix relativement élevé du bronze, qui, s'il n'était pas jugé digne de figurer dans les trésors des églises et des rois , paraissait beaucoup trop coûteux pour être immobilisé en de très grand s ouvrages, devenant par destination de véritables immeubles.
Peut-être pour d'autres raisons qui nous échappent. En tout cas, il est à remarquer que les deux matières « statuaires »
par excellence, le
marbre et le bronze, ont presque toujours été négligées par le Moyen Age; soit qu'elles lui fissent défaut; soit parce qu'elles se prêtaient mal à une passion du temps : nous voulons parler de la polychromie.
Toute cette longue période qui s'étend du xe siècle au xvie, en effet, fut éprise de polychromie, non pas réservée,
Encensoir eo brouze doré
(xve siècle).