‹ Les bronzes d'art et d'ameublement ;Chapitre 38 sur 69 · Migne, Patrologie, t. CLXXXII, col. 194 et suiv · texte numérisé non relu

Migne, Patrologie, t. CLXXXII, col. 194 et suiv

discrète, comme celle pratiquée dans l'Antiquité, mais éclatante et un peu sauvage. Le besoin de tout embellir de couleurs voyantes s'étendit jusqu'aux murs extérieurs de nos cathédrales; et l'usage de peindre les statues fut alors si général, que l'on distingua pendant longtemps les tableaux sous le nom de plate-peinture, pour qu'ils ne fussent pas confondus avec les images peintes et dorées.

Ce n'est ni le lieu ni le temps de discuter, avec Emeric David, pour décider si ce procédé « de colorer la sculpture pour lui communiquer une apparence plus trompeuse du vrai », est une « vicieuse pratique qui manque totalement son but, et ne manifeste que son ignorance1 ». Nous nous bornerons à remarquer que le bronze, s'il se prête à quelques adjonctions savantes, n'accepte pas volontiers ce badigeonnage de couleurs. Aussi accordait-on la préférence à la pierre et au bois, pour représenter « non seulement les rois, mais encore Dieu et les Saints, en des vêtements magnifiques où sont prodiguées les broderies et les perles »

Ce qui donnerait même une certaine force à cette dernière hypothèse, c'est que, dès cette époque, le bronze commença à être employé clans les églises, pour la confection de tombes plates, gravées d'un trait noir, et dont certaines furent émaillées2.

Néanmoins, et comme il n'est pas de règle absolue, en compulsant avec soin les écrits des historiens et des chroniqueurs, on constate, à partir du xme siècle, l'existence, dans certaines églises, d'un petit nombre de tombes surmontées de statues en bronze. En 1208, on consacra, dans Notre- Dame de Paris, un tombeau à l'évêque Eudes de Sully, où celui-ci, au dire de Dubreul3, était représenté « en cuivre et en bosse ». En 1220, on exécuta à Amiens, en l'honneur

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