De la Morlière, Antiquités d'Amiens, p
i>0 LES BRONZES D'ART
également en grandeur naturelle, mais en bas-relief seulement *.
Aux dernières années du xive siècle, ces sépultures où le bronze jouait un rôle important deviennent d'un usage plus général, puisque, réservées jusque-là aux princes et aux grands du monde, on les voit désormais recouvrir la dépouille de simples particuliers. C'est ainsi qu'en 1394, Simon de Dammartin, valet de chambre du roi, se fit élever un monument de ce genre dans l'église Saint-Jacques la Boucherie. Enfin signalons encore, au xve siècle, d'importants ouvrages exécutés à Notre-Dame de Paris, et qui semblent marquer un réveil de la Statuaire en bronze. Il s'agit, en effet, de colonnes dorées portant des chérubins de même métal, d'un lutrin dont le pied, en forme de candélabre, était enrichi de figures en ronde bosse et en bas-relief, et d'un tableau également en bas-relief, représentant la cruciiixion, avec la Vierge et saint Jean-Baptiste. Ce bas-relief était placé à l'entrée de la chapelle des Ardents.
On voit, par ces quelques exemples, que si les statues et les ouvrages en bronze furent, jusqu'à la fin du xve siècle , d'une relative rareté , le secret de leur fabrication ne fut jamais complètement perdu, et qu'à défaut de professionnels exercés, il restait encore quelques artistes ou quelques artisans capables d'exécuter, au besoin, des œuvres importantes. Malheureusement, comme tous ces morceaux ont disparu — ou à peu près — et comme la critique de ceux auxquels nous empruntons leur description est souvent en défaut, il est assez malaisé de découvrir si nous avons affaire, pour les plus remarquables d'entre eux, à des statues moulées et fondues, ou à des images obtenues par le repoussé et la rétreinte.
Les orfèvres, en effet, durant tout le Moyen Age, exécutèrent en argent et en or, par ce dernier procédé, des pièces