Du Breul, Théâtre des antiquités de Paris, p
1295). Le roi Robert, dans un même sentiment pour Saint- Aignan d'Orléans, fit fondre cinq cloches, qu'il offrit à cette église. Nous pourrions multiplier ces exemples. Ce fut seulement au xArie siècle que saint Charles Borromée établit, dans ses statuts diocésains, une progression hiérarchique, qui attribuait aux cathédrales de cinq à sept cloches, trois aux églises collégiales, et deux seulement aux églises paroissiales; mais cette règle, qui n'eut pas d'effet rétroactif, ne fut pas observée d'une façon stricte, et les églises continuèrent de posséder un nombre de cloches proportionné à la générosité de leurs protecteurs.
Nous ne parlons ici , cela s'entend, que des grosses cloches; car il y en avait, dans tous les établissements religieux, une infinité d'autres de moindre importance. « Et devons sçavoir, écrit Jean Goulain, clans sa traduction du Rational de Durand, et devons sçavoir qu'il y a en l'église cinq manières de cloches. C'est assavoir : esquelles, timbres, noies, noletes et cloches. La cloche sonne en l'église, l'esquelle au réfectoire, le timbre au cloistre, le noie au chœur; la nolette en l'horloge. » Mais seules les grosses cloches, à cause de leur poids énorme et de leur prix correspondant, constituaient des titres à la réputation, et c'est de celles-là seulement que les églises tiraient vanité.
On comprend que des colosses comme le bourdon de Notre-Dame de Paris, pesant plus de 34,000 livres; comme les grosses cloches de Sens, Savinienne et Potentïenne, pesant respectivement 27 et 28 milliers; comme la Charlotte,