‹ Les bronzes d'art et d'ameublement ;Chapitre 53 sur 69 · I. Dictionnaire raisonné des sciences, t. III, p · texte numérisé non relu

I. Dictionnaire raisonné des sciences, t. III, p

fer, 1.20. Au xme siècle, le moine et prêtre Théophile écrivait qu'il faut joindre au cuivre un cinquième d'étain, pour faire de bon métal de cloche. Nous voyons qu'à Rouen ce cinquième était devenu un quart. Au xvne et au xvme siècle, les manuels indiquent, comme proportions heureuses, un mélange de 2/3 de cuivre contre 1/3 d'étain, mais en ajoutant que la quantité de cuivre doit augmenter en raison des dimensions de la cloche. De nos jours, Thénard recommande d'allier 78 parties de cuivre à 22 d'étain, mélangé d'un peu de plomb et de zinc1. Longtemps on a cru qu'une petite proportion d'argent donnait à la sonnerie un timbre plus clair, plus « argentin »; et certaines cloches, notamment à Angers et à Rouen, portent les noms de « cloches d'argent », quoiqu'elles soient manifestement en bronze.

Le chroniqueur Specklin (il écrivait au xvie siècle) raconte que pendant la peste qui ravagea, en 1427, la ville de Strasbourg, la cloche nommée Saint-Esprit fut fêlée, par suite des trop nombreuses sonneries occasionnée par la recrudescence des décès, et qu'il fallut la refondre à nouveau. Il ajoute que les bourgeois de la ville, pendant la fusion du métal, jetèrent des quantités d'or et d'argent dans les fourneaux2. M. Girardin, qui a analysé la cloche d'argent de Rouen, et que cette analyse a rendu sceptique, ne croit pas à la présence de métal fin dans ces grands ouvrages. Il pense que les fondeurs, au lieu de jeter les matières précieuses qu'on leur apportait dans le creuset même, les faisaient lancer par les donateurs dans le foyer. « Il résultait de là que la totalité de l'argent projeté, au lieu d'être introduite dans le bronze liquéfié, allait se rassembler dans le

1. Epigraphie de La Seine-Inférieure, par l'abbé Cocbet, dans le i?«/letin monumental, t. XXI, p. 323. — Diversarum artium schedula, déjà cité, lib. III, c. lxii, p. 220. — Les Cloches, par l'abbé Barrault : Annales archéologiques, t. XIX, p. 307.

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