‹ Les bronzes d'art et d'ameublement ;Chapitre 57 sur 69 · Mémoires, livre YII [Œuvres complètes, t. II, p · texte numérisé non relu

Mémoires, livre YII [Œuvres complètes, t. II, p

Emeric David, un des plus grands bienfaits de François Ier envers les beaux-arts1. » Benvenuto, toujours très personnel et se découvrant des ennemis partout, paraît croire que le Primatice sollicita cette mission, pour ruiner par la comparaison le crédit que lui, Cellini, s'était acquis à la Cour2. Toujours est-il que le Primatice fît le voyage, rapporta les moules d'un certain nombre d'œuvres célèbres, notamment Y Apollon du Belvédère, la nymphe endormie dite l'Ariane ou la Cléopâtre, le Laocoon, le Tibre, le Commode en Hercule, etc., et que ces chefs-d'œuvre, moulés en plâtre, couverts de cire et réparés par Laurens Regnaudin, Jean Leroux et Jean Challuau, furent jetés en bronze par quatre maîtres fondeurs français, dont les Comptes des Bastimens du Roy3 nous ont conservé les noms. Ils s'appelaient Benoist le Bouchet, Guillaume Durant, Pierre Beauchesne et Francisque Rybon.

Ces mêmes Comptes nous apprennent que le Primatice ne rapporta pas moins de cent trente-trois caisses, remplies de fragments antiques et d'autres moulages, parmi lesquels se trouvaient sans doute le Ca.racalla, Y Anacréon, la Poppée, Y Hadrien, la Julie, dont on voit des reproductions au Louvre dans la Galerie Denon, où se trouvent précisément le Laocoon, le Tireur d'épines, le Commode, etc., fondus par les soins du Primatice.

Ajoutons que, sans sortir du Louvre, on peut contempler d'autres spécimens du savoir-faire de nos fondeurs français du xvie siècle, qui ne sont ni moins satisfaisants ni moins honorables pour notre art national. L'admirable figure agenouillée du cardinal-chancelier René de Birague, chef-

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