LES TEMPS MODERNES
Les remarquables progrès réalisés par nos fondeurs du xvie siècle, et leur supériorité sur leurs devanciers, s'expliquent par la situation toute nouvelle que la protection si libérale de François Ier et de ses successeurs fit aux artistes, que ces rois honorèrent de leur royale bienveillance. Désormais en possession d'une influence, d'une notoriété précédemment inconnues, ils purent intervenir, d'une façon directe et même efficace, dans la confection de leurs œuvres de métal. La riche et puissante Corporation des fondeurs demeura bien en possession de l'exclusif privilège de jeter en bronze les statues, groupes, bustes, figures, etc., que produisaient nos sculpteurs; mais ses membres durent tenir compte des indications qui leur étaient données. Parfois même les artistes sont, dès cette époque, considérés dans des actes officiels comme entrepreneurs et forfaitaires de travaux importants.
C'est ainsi que, dans un contrat passé en août 1587 pardevant Jean Lenormant et François Delafonse, notaires du roi au Châtelet de Paris1, nous voyons Germain Pilon s'engager à exécuter un « gisant » représentant l'abbé de Sainte-Geneviève, Joseph Foulon, « grand comme le naturel, ayant les mains jointes et le visaige représentant le dit Sr Révérend, le mieux que faire se pourra, accompagné de samytre, crosse, etc. », et promettre de « rendre toutes icelles ouvraiges faictes et parfaictes , bien et duement comme est dict, de franc bronze et cuyvre, vacuer à la