PAGE. LA FONTE
On compte quatre manières de travailler le bronze : la prise dans la masse, le repoussé, l'étampage, la fonte.
La prise dans la masse n'offre rien de très particulier. On opère comme pour l'argent, le fer1 ou tout autre métal. On choisit un lingot de taille convenable et de forme appropriée, on le dégrossit au ciseau ou au tour ; puis, quand la forme est assez approchée, on le taille et on le sculpte à l'aide d'outils tranchants, tels que l'échoppe, le ciseau, le burin, et on l'achève avec des limes douces, des riflards, le reprenant au ciselet pour lui donner les dernières finesses. Ce procédé n'est, du reste, que très rarement usité. La maind'œuvre en est longue, délicate et coûteuse. Elle ne peut guère s'appliquer qu'à la confection de menues pièces, et dès lors la valeur intrinsèque du métal est si peu importante, relativement à la dépense de temps et d'habileté, que pour l'exécution de ces petits ouvrages on est fatalement amené à donner à l'or ou à l'argent une préférence qu'ils justifient.
Au xve et au xvie siècle, cependant, on a fabriqué, en employant un procédé voisin, c'est-à-dire à l'aide du tour, un grand nombre d'objets et d'ustensiles de ménage, tels que chandeliers, pieds de lampe, pommes de chenets, etc. 0 n commençait par fondre un lingot de forme et de dimensions correspondant à celles de l'objet qu'on voulait