‹ Les bronzes d'art et d'ameublement ;Chapitre 61 sur 69 · Archives de l'art français, t. V, p · texte numérisé non relu

Archives de l'art français, t. V, p

2. M. J. Guiffrey a longuement raconté ce débat émouvant avec preuves ù l'appui. Voir Nouvelles Arcli. de l'art français, année 1872, p. 179, et 1873, p. 172.

dinal de Richelieu, offert par la duchesse d'Aiguillon à la Sorbonne. « Maître de la monnaie, » titre qu'il devait exclusivement à son admirable talent de sculpteur et de graveur1, Warin savait trop bien se mesurer avec le métal, pour que sa participation à ces ouvrages — auxquels ses contemporains prétendaient qu'on « ne saurait donner trop de louanges2 » — ne soit pas très probable.

Dans un ordre moins relevé, on peut citer un élégant vase de bronze, qui servit longtemps de baptistère dans l'église de R.ochefort, et qui, daté de 1659, porte la signature de Léonard Hervé, sculpteur et fondeur3. On sait encore que le statuaire Martin Desjardins jeta lui-même en bronze le Louis XIV qui, à Paris, décora jusqu'à la Révolution la place des Conquêtes, devenue depuis place des Victoires. Le fait fut même consigné dans les fastes de l'Académie 4. Mais pour les autres grands ouvrages de ce temps, ils furent exécutés, pour la plupart, par les fondeurs de la maison du roi, notamment par Jean Breton, Etienne Henri, Pierre Chauvin, Pierre Ladoireau. On sait en outre que les quatre

1. Ses mœurs en effet, au dire de ses contemporains, n'étaient pas très recommandables. Les aventures de Warin ne firent guère moins de bruit que son talent, et lui valurent, de son vivant même, plus de célébrité. Il fut à la veille d'être pendu par Laffemas pour crime de fausse monnaie. Accusé en outre d'avoir empoisonné le premier mari de sa femme, et causé le suicide de sa belle-fille, qu'il avait obligée d'épouser un homme débauché et contrefait, ses faits et gestes fournirent des aliments nombreux à la chronique scandaleuse du temps. (Voir Loret, Muse hist., lettre du 3 décembre 1651 ; — Lettres choisies de Guy Patin, la Haye, 1715, t. Ier, p. 190; — Tallement des Réaux, Historiettes, t. IX, p. 217.) Le désir que le roi et son ministre avaient de posséder de la belle monnaie et d'admirables médailles, non seulement l'aida à se tirer d'affaire, mais le fit combler de biens.

2. Voir l'article nécrologique publié dans le Mercure de 1673, t. IV, p. 38. Quoique ayant vu le jour à Liège, Jean Warin était d'origine française. Son père était né à Reims et s'était expatrié pour cause de religion, ainsi qu'il résulte de l'acte de naturalisation qui lui fut accordé en 1650.

3. R. P. Lesson, Fastes hist. et archéol. de la Charente-Inférieure.

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