‹ Les bronzes d'art et d'ameublement ;Chapitre 62 sur 69 · Mém. inédits des académiciens, t. Ier, p · texte numérisé non relu

Mém. inédits des académiciens, t. Ier, p

figures de bronze du mausolée du prince de Gondé modelé par Sarrazin en 1648, et qui représentaient la Religion, la Piété, la Justice et la Force, furent fondues et achevées par le fondeur Perlan, le « fameux Perlan », dont Sauvai et

Fig. 67. — Figure du tombeau de Mazarin, par Coyzevox.

Mariette parlent avec grand éloge; et cet artiste passe

également pour avoir fondu et ciselé les admirables figures

du tombeau de Mazarin, modelées par Antoine Coyzevox.

Ce furent les fondeurs Picard, Prévost, Sauterai1 et

1. Un des descendants de Sauterai occupait, en 1741, le poste de commissaire général des fontes de l'artillerie de France.

Vanier qui furent chargés de l'exécution des bases, chapiteaux et ornements des colonnes du Val-de-Grâce. Leur confrère Duval jeta en bronze, pour l'église des jésuites de la rue Saint-Antoine (aujourd'hui Saint-Louis-Saint- Paul), un grand crucifix, avec saint Ignace à genoux et deux anges occupant le fronton, et tenant le nom de Jésus dans un soleil. Parmi les fondeurs du xvne siècle, il convient encore de citer Claude Butavand, qui fondit, à Lyon, la croix dont était ornée la place des Terreaux; Marcellin Chaumont, qui exécuta aussi à Lyon de nombreux travaux, notamment les armoiries du roi, celles de la Ville, du maréchal de Villeroy, de l'abbé d'Ainay, et le grand bassin qui recevait l'eau de la fontaine des Feuillants; et parmi les artisans parisiens, Collot, Hemonnet, Edme la Grande, etc., qui travaillèrent pour les palais et châteaux royaux.

Les noms de tous ces vaillants artisans méritent d'autant plus d'être arrachés à l'oubli, que leur réputation se trouve éclipsée par celle d'un bronzier illustre entre tous, Jean- Balthazar Keller. C'est, en effet, le seul professionnel de ce genre auquel P.-J. Mariette, dans son Abecedario (consacré à la mémoire des artistes qui ont cultivé les différentes branches du dessin), ait daigné accorder une mention biographique un peu détaillée.

« Il a été, écrit-il fort justement, le plus habile fondeur de son temps, et il a exercé son talent sur une infinité de figures de bronze, dont le plus grand nombre décorent les jardins de Versailles et de Marly. Il a, entre autres choses, fondu d'un seul jet, sur le modèle de Girardon, la statue équestre de Louis le Grand, qui se voit à Paris1. » Balthazar Keller, du reste, mérite ces éloges. Originaire de la Suisse et né, en 1638, d'une excellente famille, il avait été appelé à Paris par son frère, employé à l'Arsenal à la

1. Abecedario de P.-J. Mariette, publié par Ph. de Chenneyières et A. de Montaig-lon, t. III, p. 19.

fonte des pièces d'artillerie. En 1070, Louis XIV, ayant résolu, pour éviter des transports coûteux, d'établir ses fonderies de canons sur les frontières du royaume, Douai,

Fig. 68. — Groupe en bronze, fondu par B. Kellc

Page 1