G. Brice, loco cit., t. Ier, p
manqué — de la statue de Louis XV, destinée à la ville de Bordeaux. Le Moyne, à qui l'on devait le modèle, et le fondeur Varin furent du coup rangés au premier rang des artistes de leur époque. Le même journal, à la date du 19 août 1752, entre dans de longs détails sur l'exécution du groupe rappelant le Retour du roi à la santé, destiné à la ville de Rennes. Le modèle de cette œuvre considérable, dont nous reparlerons dans un instant, était également de Le Moyne, mais cette fois la fonte était de Gor. Ce fut également Gor qui jeta en bronze la célèbre statue de Boucharclon, celle qui donna pendant vingt-cinq ans son nom à la place Louis XV (actuellement place de la Concorde), et à laquelle un Parisien malicieux suspendit le distique suivant :
Ah ! la belle statue ! ah ! le beau piédestal ! Les vertus sont à pied, le vice est à cheval.
Les opérations finales de cette fonte célèbre furent suivies, par le Tout-Paris de l'époque, avec une émotion extraordinaire; et le souvenir de l'événement final, qui dura sept minutes, fut également consacré par les journaux et les Mémoires du temps, et aussi par la publication d'un in-folio superbe1. Ajoutons que la province n'était pas moins sensible que la capitale, à ce genre d'émotions. En 1755, lorsque la statue de Louis XV fut fondue à Lunéville par Guibal et Cyfflé, toute la ville anxieuse voulut connaître l'issue de cette entreprise, et la foule, dispersée dans la plaine, quand elle apprit que la fonte avait réussi, jeta des cris d'allégresse2. De ces grands et magnifiques ouvrages, toutefois, aucun ne devait survivre à la tourmente révolutionnaire3. Mais ils portèrent jusqu'aux confins de
1. Yoir Descr . des travaux qui ont précédé, accompagné et suivila fonte de la statue équestre de Louis XV, de Bo ur char do n; Paris, etc., in-folio.