FLAMINIAVG-PATR- COL-DD
Toutes ces inscriptions des Holconu sont classées par les épigraphistes parmi les inscriptions augustéennes. C'est à ce titre que M. Ritschl en a gravé une dans son grand volume de fac-similé ^ et que M. Mommsen
^ On remarquera que les Holconii ne sont inscrits dans aucune tribu. Inscr.
neap. aaSi; Wilmans, 1909".
' Noie de M. Zangemeisler sur le n° 1886 de ses Inscriptiones pariciariœj p. lao.
« M. Holconius Rufus cum A. Clodîo « Flacco II vir j. d. qtiartura, quinquen- « nalis fuit, a. u. c. 75a (v. i. N. aaSi, «ai6i), idenique (dicitur autem M.
«Holconius M. F. Uufus) mox II vir
cj. d. quintum, i(erum quinquennalis, a sacerdoâ (sive llamen) Caesaris Augusti « (nondum mortui), v. Àcla3ojun. i853 « — Bail. nap. i854, p. iQ, et /. A^ «223a, 2234* cf. nostra 1918.»
Au n" 1918, M. Zangemeister donne le fragment d'une alFiclie où notre M. Holconius M. F. Rufus recommandait un de ses protégés pour une charge municipale.
Ta insérée dans le premier volume de Ja collection de Berlin. Mais une autre inscription tronquée, relevée dans le volume des Inscriptions napolitaines, ^^33, qualifie notre Holconius de tribanus militam. Il aurait donc été successivement, comme Clodius, tribun militaire comitiatas et tribun militaire Rafalas. La pierre pourrait, il est vrai, avoir été brisée sur Ya populo, et nous n en ferons pas argument; mais cest encore un exemple du cumul d'emplois municipaux et d'emploi d'État romain qui se présente ici. M. Mommsen s'est prononcé sur le cumul attesté par notre inscription, et nous n'ajouterons rien à cette autorité. Nous ferons remarquer seulement que Marini avait déjà, î^ y ^ ^^^^ ans* pressenti ce cumul et, en conséquence, interprété l'inscription.
Enfm voici une troisième inscription en l'bonneur du même Holconius, trouvée également et récemment à Pompéi, sur la base d'une statue. M. Henzen l'a recueillie et lui a donné place dans son volume supplémentaire de la collection d'Orelli, n" 7079 a, d'après lequel M. Wilmans l'a pareillement reproduite, n"" 1910 :
M • HOLCONIO • M • F • RVFO .
TRIB MIL • A • POPVL- iT- VIR- 1 -D • V • QVINQj^ITER.
AVGVSTI CAESARIS-SACERD.
PATRONO • COLONI AE .
Je n'ajoute qu'une observation à toutes celles qui précèdent, c'est que M. Henzen [Ind, p. 1^8), tout comme M. Wilmans [Ind. p. 602), ont, sans hésiter, classé ce trihanas militam a populo parmi les manera militaria et non parmi les manera municipalia.
Après les trois inscriptions de M. Holconius viennent deux inscriptions en l'honneur d'un M. 1*ullius, qualifié aussi trihunus militum a popalo. Si les Holconii semblent avoir appartenu à une race indigène \ les Tullii sont évidemment d'origine romaine. Le prénom de Marcus, qui était héréditaire dans la famille du grand orateur^ et que porte notre personnage, autorise à le rattacher à cette vieille et bonne souche, qui, du municipe modeste d'Arpinum, s'était élevée à une si grande fortune. Divisée en plusieurs branches, une d'elles avait été fort mêlée aux affaires de finance, et, après la proscription de Cicéron, elle s'était heureusement tirée des embarras d'une situation compromise. Postérieurement à l'époque d'Auguste, qui est jugée celle de nos deux inscriptions, il ne reste plus que des traces incertaines du séjour des Tullii à Pompéi. Il est clair qu'ils n'ont été que de passage dans cette ville, où ils ont remph*
' Voy, les Indices de M. Zaïigemeisier. — * Orelli, Inscr. n" 572.
cependant des charges publiques. Au moment de la catastrophe, il n'y a plus (le vestige assuré de leur existence, qui parait avoir été brillante, cinquante ans auparavant.
Les Tallii possédaient une surface de terrain assez considérable, dont le destinataire de nos inscriptions détacha une partie pour y faire construire, à ses frais, un temple à la Fortune, se réservant une autre partie du terrain, à titre de propriété privée, disposition constatée par une inscription particulière (Inscr. neap, 22a i] :
M-TVLLlM-F-AREA PRIVAT A.
Des deux inscriptions tribunitiennes du personnage. Tune se voit encore, à Pompéi, au milieu des débris de ce temple de la Fortune, d*oii elle a été tirée en 182^. M. Mommsen ly a vue et Ty a recueillie. Elle est ainsi conçue (Inscr. neap. 3319) :
M-TVLLIVS-MF-DV-ID-TER-QyiNQ;,AVGVR-TR-MIL.
A-POP'AEDEM'FORTVNAE-AVGVST»-A SOLO ETPEQ:SVA.
Voilà toujours le même cas du cumul de fonctions locales et de fonctions publiques de Tcmpire^.
L'autre inscription a été artificiellement reconstruite par l'assemblage de débris épars dans le musée de Naples, où M. Mommsen les a trouvés et les a réunis par des soudures conjecturales. Descripsi, dit-il, et conjunxi ex conjectura. Je n ai aucun intérêt à contoster cette intelligente conjonction, quoiqu'il ne soit pas impossible qu'un événement imprévu en disjoigne un jour les éléments; car les deux ou trois tronçons dont
* C*est le pendant du Mercurius Aa- César et d'Auguste Tavait faite, je cite-
gusUu, qui nous est connu. rai ici le monument qui suit, trouvé à
' Pour offrir un dernier exemple de Pompéi même, 011 M. Mommsen Ta
la fréquence de ces cas de cumul, dans relevé sur place (n° aai 1 des InscripL
ta société romaine, telle que le siècle de neap,).
FAB • PROCVLVS- GELLIAN VS PRAIF • FABR • ff j PR AIF • CVRATORVM • ALVEI . TIBERIS • PRAIF • PRO • PR • I • D • IN • VRBE • L AVINIO . | PATER • PATRATVS • POPVLI • LAVRENTIS • FOEDERIS . EX • LIBRIS • SIB VLLINIS • PERCVTIENDI • CVM • P • R . SACRORVM • PRINCIPIORVM • P • R • QVIRIT • NOMINIS . QV E • L ATINI • QV AE • APVD • LAVRENTIS • COLVNTVR . ( FLAMEN-DIALIS | FLAMEN* MARTIAL, j SALIVS-PRAISVL. AVGVR'PONT. I PRAIF -COHORT-GAITVL. | TRMILLEG' X- |
LOC • D • D • D . Pompeianorum.
rinscriptîon est formée nont aucun lien qui en garantisse la cohésion. Les fragments ont même été recueillis on des lieux différents/ et une découverte postérieure peut en détruire la réunion, laquelle ne repose que sur une relation probable et hypothétique. Quoi qui! en soit, la voici reficta, telle que M. Mommsen la donne sans garantie (i6. atiso) :
m,lalU
çuT
V? S-M-F?jD?V-I-D- m.
NQj AVGJTRIBMIL.
^? POPVLOJ
Quant à l'explication, nous ne pourrions que répéter ce que nous avons dit ailleurs sur les cumuls d'honorés municipaux avec des charges publiques ou des titres de fonctions d'Etat.
Et nous passons à trois inscriptions à peu près identiques dans Texpression et consacrées à la mémoire d'un autre personnage important, revêtu de fonctions municipales, en même temps quil pbiiait le titre de tribanus miliiuni a populo. Ces inscriptions ont été recueillies par MM. Mommsen^, Henzen et Wilmans^, qui ont classé Tindividu parmi les officiers militaires, en même temps que parmi les officiers municipaux, en raison de ses offices divers. Elles ont été trouvées à Pompéi, en des places distinguées, sur des bases de statue et dans le forum. La personne qui en est Tobjet appartenait probablement à la famille romaine des Lucretii^ et parait avoir joué à Pompéi un rôle considérable; car un assez grand nombre de monuments épigraphiques lui ont été élevés ^. Ce nom de Lucretius était fort répandu dans la contrée. On le rencontre encore dans les inscriptions pariétaires du jour de la catastrophe. Voici ces trois inscriptions, qui sont de la même année :
M • LVCRETIO • DECIDIAN . MLVCRETIOjDECIDIAN. M LVCRETIVS^^DECID. RVFO-ÏÏ"-VIR-m • QVINQ^ RVFO'D- V-III-QyiNQ^ RVFVSilVIRÏÏÎ-QyiNQ^ PONTIF • I TRIB • MIL- A POP. PONTIF «ITRIB-MILIT VM PONTIF • TRIB • MIL . PRAEFFAB- |EXDD. A POPVLO-PRAEFFABR.| A POPVLO.PRAEF.FABR.|
POST-MORTEM- M PILONIVSRVFVS* M-DECIDIVS- PILONIVS.
RVFVS'REPOSVIT.
Rien de particulier ou de nouveau ne se présente à lesprit en lisant ces trois inscriptions. Leur interprétation ne saurait donc plus nous arrêter.
^ Mommsen, /. AT. aiga, aigS, * Voy. Morelli, loccitf. a 5a.
3399. * ^^y* «^^omms. /. N. 2193, 3J93,
^ Henzen, 7o45; Wiimans, 1920, aaio, aa48t 2299, a3oo, a3oi. 1921 cl 1931*.
Il ne reste des inscriptions de Pompéi qu une seule à réunir aux précédentes, avec les mêmes observations préliminaires et les mêmes conclusions finales. Elle était gravée sur un tombeau, qui est un monument remarquable de Tart ^ actuellement déposé au musée de Naples, où on la fait copier pour en restituer au moins la figure au Pompéi d aujourd'hui. Le personnage auquel il était dédié devait avoir été un bienfaiteur de Pompéi, puisque les décurîons du municipe en avaient décrété la construction.
A-VEIO-M-F-ÏÏ VIR-I-D.
ITER-QVINQ;. | TRIB.