MILIT-AB-POPVLO-EX D-D
Je ferai remarquer encore que toutes ces inscriptions de Pompéi sont reconnues être contemporaines lune de Taulrc. Ce n'est pas moi qui Taffirme, cest M. Mommsen. Il y en a deux sur cinq qui sont de la même année, Tune de C/o(2ia5 et Tautre d' £fo2conea5. Il y aurait donc eu, dans le système adverse, cinq ou six tribuns militaires municipaux, à la fois, à Pompéi; car, pour le tribunat militaire électif, nous ne trouvons jamais Yiterum, le ter ou le qaater. C est évidemment un hoTior viager sur les inscriptions de Pompéi, ce qui est conséquent avec les données de rhistoire. Mais à un tel état-major local, il aurait fallu des soldats à favenant. Quelle force militaire il faudrait donc supposer à la disposition de cette municipalité? L'équivalent dune légion romaine au moins, et cela à la porte de Rome, sous un gouvernement cauteleux, méfiant et jaloux, au lendemain des guerres civiles! Et pourquoi cette force réunie, ou ce cadre ridicule d'officiers supérieurs? On en comprendrait l'opportunité dans les municipes du Rhin, du Danube ou de la Numidie. Mais c'est là précisément qu'il n'y en a pas. On voudrait trouver cette force réunie dans la ville des voluptés, qui n'était pas même troublée, paraît-il, par un prœfectas vigilum. Vraiment, qu'on me le pardonne, la supposition n'est pas sérieuse.
Ainsi s'évanouit, à mes yeux, ce fantôme redoutable de vingt etune inscriptions qu'on a pu croire favorables au système de l'attribution municipale des tribani militam a populo, mais qui, examinées une h une, s'expliquent si facilement, si naturellement, qu'elles confirment, au lieu de l'aQaiblir, la théorie historique attestée par les monuments littéraires.
' Mommsen, /. A^. a3i6.