‹ Les bronzes d'Osuna: remarques nouvellesChapitre 8 sur 19 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LES TRiBONl MILITUM A POPOLO DE L'ÉPIGRAPHIB (sGITb).

Il est quatre autres inscriptions dont je voudrais, dès à présent, déblayer la controverse, afin de réduire la discussion à ses termes nécessaires. Je veux parler des trois tronçons d'inscriptions espagnoles, où M. Hûbner, après M. Mommsen, a cru pouvoir conjecturer qu'avait existé la mention d'un tribunas militum a popalo. Ces tronçons épars et vraiment informes ont été trouvés dans les ruines de lancien municipe flavien d*Igabram, aujourd'hui la petite ville de Cabra, en Andalousie. On lit sur deux d'entre eux, parmi d'autres fi:'agments de mots tronqués, les syllabes isolées ab po, qui peuvent s'expliquer de diverses manières, et l'on a proposé d'y restituer: Tribanus militum ab popalo.

Enfm, sur un troisième tronçon, on lit trib, puis, après un certain espace, un i, et l'on propose de transformer le tout en tbib. militum a popalo. Ces restitutions sont, à vrai dire, trop conjecturales; aussi n'ontelles pas obtenu l'assentiment universel. Je ne trouverais point invraisemblable le fait qu'un tribun militaire électif eût été mourir en Espagne, à une époque indéterminée, toujours supposée fort ancienne; les noms recueillis à Tgabrum sont d'une origine latine incontestable'. Mais je ne saurais reconnaître, dans une restitution si problématique, un élément

^ Voy. surabondamment deux inscriptions rapportées par M. Mommsen dans ses InscripL confœderat. Helvet. (i854)à Tari. Genève, n!" 83 et 91. Les deslinataires ont été magislrats municipaux, tribuns légionnaires, prœfecti fahritm, flamines, etc.

' Voy. le Corp. inscr. lai, de Berlin,

t. II, p. a 17, n" i6a5 et 1626. — On peut voir dans Millin, Voyage dans les départements da Midi, l. IV, p. 177, Tindication d'un fragment ainscription trouvé près de Gap , où se trouve aussi le mot POPULO; mais on n'en peut tirer non plus aucune conclusion, pour ou contre notre système.

de débat séiieux pour ou contre la thèse dont il s agit. Les accessoires et le fonds échappent donc ici à toute appréciation concluante; et Tépigraphie espagnole n offrant aucun autlre monument de ce genre, je reviens à ritaiie, où ont dû se concentrer naturellement les souvenirs du tribunat militaire électif, et où nous les trouvons, en effet, lous réunis aujourd'hui, à i exception des vestiges douteux d'Igabram.

L*inscription de Gapoue, rapportée par M. Mommsen sous le n* 36^8 de ses Inscriptiones neapoliianœ, p. 191, n'est aussi qu'un tronçon d'inscription , dont le célèbre épigraphiste n a point cherché à pénétrer le sens et la portée; le mot OPVLO s'y rencontre, il est vrai, et M. Mommsen a, transeando, proposé de suppléer : trib, milit, a P.. . Mais Imscription, telle qu'elle est, comporte bien d'autres explications, telle que celle-ci : Au peuple de. . . et à Isias, Fal. Rufus a légué par son testament une somme de . . . pour tel usage. 11 faut donc rayer l'inscription de Gapoue, comme nous avons rayé les inscriptions d'Igabrum, du nombre des monuments épigraphiques dont on peut tirer argument dans la discussion en litige.

ARTICLE PREMIER

LES INSCRIPTIONS D*OLEVANO, DE VELLBTRI, D'AVBLLINO ET DE GORFINIUM.

Mais voici une inscription découverte , en 1 8 A 1 , au bourg d'Olevano , dans les États pontificaux, à dix lieues de Rome environ. Il n'y eut, à cet endroit , aucun établissement municipal dans l'antiquité. L'aristocratie romaine y avait seulement des résidences d'été. Ce fut parmi les ruines de l'une d'elles que Tinscription suivante fut relevée par M. Âbeken, un épigi*aphlste très-considéré , qui en envoya l'estampe à Borghesi, lequel répondit, comme on va voir, à cette communication, le a 6 mai i8/ii>:

« Il y a peu de chose à dire sur Tinscription relevée par vous à Ole- «I vano, laquelle se peut facilement et avec certitude restituer de la ma- « nière suivante :

M • MuN ATV LEI VS -MF. M • M VN AT VLEI VS

ANI • MaRCELLVS C • F • ANI • MONT ANVS

/r. mil A • POP VLO PATER .

«Elle est cependant de quelque importance, parce qu'elle nous révèle, ' Œuvres de Borghesi, t. VII , p. 346 et suiv.

upour la première fois, rcxistence de la gens Munataleia, laquelle, à ma u connaissance [per qaanto so), avail été jusquà ce jour complëlement «ignorée, mais qui devait être d'antique origine, ainsi que le démontre ((la vieille terminaison VLEIVS, qui lui était commune avec les Génies nArticuleia, Aarunculeia, Canuleia, Egnataleia, Procaleia, Venuleia et (( autres.

(diC supplément restitué tribanus militam est nécessité par les mots «subséquents a popafo, et cet office démontre encore ici que Pinscription , ((si elle nest du temps de la république, est au moins cJu temps des «premiers Césars [qaesf ufficio ci dinwstra que anche la pietra, se non e (• republicana, e per lo meno deiprimi Cesari). » Et Borgliesi continue : <( Ces (( tribuns élus par le peuple étaient après tombés en désuétude , suflisam- ((ment connus, du reste, par ce que nous en ont appris Tite-Live et «Festus, chez les anciens, et par ce qu'en rapportent Marini etOrelli, « chez les modernes. » [Essendo in appresso andati in disaso questi tribani eletti dal popolo, abbastanza notiper cib che ne scrissero Livio e Feslo, fra gli antichi, etc.)

Apros un pareil témoignage et d'un tel homme, je pourrais paraître impertinent, si j'ajoutais le moindre mot de commentaire. Voilà donc encore une inscription qui vient à l'appui de mon sentiment sur les tribuni militam a popalo. Cette qualité n'a pas l'ombre de caractère municipal; elle n'oÔre ici aucune complication d'honor de municipe ou de localité. La fonction est évidemment romaine et d'Etat, le fonctionnaire est d'origine romaine; il appartient au patriciat antique, et le lieu de sa résidence est la campagne de Rome. Enfm la date, au jugement d'un des plus habiles connaisseurs de notre temps, est d'une époque où l'institution des tribuns militaires électifs était commune et courante, ou de pratique encore récente.

Je passe à l'inscription dite de Velletri, ou bien de Cora, donnée par Orelli, n* 3883 , et je fais remarquer qu'elle fait double emploi avec le n"" 3^39 de la même collection épigraphique, l'une étant l'exacte reproduction de l'autre, avec la seule diversité de l'indication de la provenance. C'est une inattention d'Orelli, chez lequel de pareils lapsus sont rares. Avant d'en reproduire et d'en discuter le texte, quelques observations préliminaires sont indispensables.

Cette inscription, où il est fait mention d'un personnage qui aurait été successivement duumvir, prœfectas fabrum et tribanus militam a popalo, a été publiée pour la première fois par Muratori, sous le n° !\Si , a , et ce savant la rapporte comme ayant clé trouvée à Rome. Marini

coutesta cette provenance' et y releva quelques inexactitudes, sans toutefois discuter Tinscription elle-même. Il affirma que la pierre se pouvait voir joignant féglise de Saint-Jean, àGaliano, près d'Aquila. Puis est venu Morcelli, qui, reproduisant linscriplion avec plus d*exactitude , en 1818, en attribue Torigine aux ruines de Cora, vieille cité des Volsques , près du moderne Velletri , cité qui eut de grands débats avec Rome , ainsi que rapporte Tite-Live en plus d*un iieu^. En 1828, Orelli, sous le n^ 3/i39, a rendu Tinscription à la provenance romaine, sans autre autorité, il est vrai, que celle de Muratori. Mais voici que, en i85a, M. Mommsen, publiant son grand et célèbre recueil des Inscriptiones regni neapoUtani, restitue Tinscription au bourg de Galiano, près d'A* quila, pays des anciens Péeti^ni, où il est bien avéré qifelle gît aujourd'hui. Toutefois, M. Mommsen la déclare suspecte. Il Texclut de son inventaire géographique des inscriptions sincères, et il la classe parmi les spurÙB, avec la note suivante, sous le n' 83 A des falsœ vel suspectée.

Galîani adhuc exlare ait Lupoli (Inscr, Corfin, p. 45o), errore puto vel fraude; ineliorum enîm auctonim nuUus novit, neque ibi prœterea daamviri inveniuntur, sed

un vm\

L*état civil de cette inscription est donc très-indécis. Elle n appartient pas, au dire d*un maître très-expert, au pays des Pœligni, pays de quatuorvirat et non de duumvirat. Son origine romaine est très-problématique; sa provenance volsque est tout aussi douteuse, si toutefois elle n*cst supposée. Il parait assuré pourtant qu'elle provient de la banlieue de Rome. Je pourrais me dispenser de discuter ce monument, en l'état de Tincertitude qui plane sur sa sincérité. Mais je veux ladmettre pour vrai, afin d* éviter Le reproche de fuir une difficulté. En voici le texte :

T • POMPVLLI VS • L ■ F • L APP A n VIRQVINQj^TRIBMIL-APOPVLO.

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