IV PRÉFACE
c'est-à-dire la société assise tant bien que mal sur ses antiques bases ; Anselme veut incendier le temple de Baal, c'est-à-dire cet ensemble de puissances funestes, de séductions meurtrières, d'entraînements dangereux auxquels la société cède en se jouant jusqu'à ce qu'elle se trouve sur le rocher à pic, au bord du gouffre. Julien a une heui*e de succès : c'est l'heure des emportements et des vertiges révolutionnaires ; Anselme a quelques mois de vogue ; c'est le temps de réaction, de repentir, de colère contre autrui et contre soi-même, le temps d'angoisse et d'épouvante, où la société, sous l'influence immédiate de ses frayeurs impitoyables, donne à ses défenseurs carte blanche contre tous ceux qui l'ont charmée, trompée, amusée et, finalement, conduite à l'abîme. Mais le péril s'éloigne : la société se remet de son effroi. Ses dangers et ses terreurs ne lui semblent plus qu'un mauvais rêve : il faut se divertir, s'enrichh', s'étourdir, jouir, chasser les trouble-fêtes, réparer le temps perdu. Haro sur le premier Erostrate, qui a mis le feu au temple d'Éphèse I Haro sur le second, qui a tenté de brûler le temple de Baal ! L'un a horriblement dérangé celte brave société qui ne veut pas périr; l'autre ennuie horriblement cette société conséquente, clairvoyante et reconnaissante, qui ne veut pas faire pénitence. Voilà Tidée réduite à sa plus stricte sécheresse. Sur ce