‹ Les bureaux de placement; pièce en un acteChapitre 9 sur 12 · SCENE X Lbs Mêmes, CATHERINE · texte numérisé non relu

SCENE X Lbs Mêmes, CATHERINE

MADEMOISELLE LAFLEURETTE à M"^" DufrisOTl.

Voici Catherine, Madame.

MADAME DUFRISON, au milieu de la scène. Approchez, ma fille. Vous connaissez le service?

CATHERINE

Oui, Madame, voilà six ans que je suis à Paris.

MADAME DUFRISON.

Vous placeriez-vous dans la banlieue?

CATHERINE

Tout de môme, mais ça dépend des conditions.

MADAMP. DUFRISON.

Eh bien, il faudrait venir à Saint-CIoud.

CATHERINE

Tout de même.

MADAME DUFRISON.

Savez-vous soigner un cheval?

CATHERINE

Un cheval? Mais je ne suis pas garçon d'écurie!

MADAME DUFRISON.

Non! mais à la campagne, il faut qu'une servante i^se un peu de tout. Nous avons des poules des pi-

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geons, des canards, des lapins, deux chiens et un cheval; il faut que tout cela mange et soit soigné. Nous avons aussi un potager, mais je m'en occupe ; vous vous en occuperez avec moi, car je mets aussi la main à la pâte quelquefois.

CATHERINE

Il y a de la besogne.

MADAME DUFRISON.

Pas précisément, mais enfin, on ne reste pas à rien faire. Du reste, c'est moi qui fais la cuisme, vous n'aurez qu'à laver la vaisselle.

CATHERINE

Et pour tout cela, quels gages donnez-vous ?

MADAME DUFRISON.

Jusqu'à ce jour, jai donné quinze francs par mois, mais puisque Madame Bonnenville vous recommande, je vous donnerai vingt francs.

CATHERINE, bondissant.

Vingt francs! Nous sommes loin de compte.

MADAME DUFRISON.

Mais qu'espérez-vous donc gagner?

CATHERINE

Je ne me placerai pas à moins do soixante francs par mois.

MADAME DUFRISON, huiiuis^sa ni .

Soixante francs ! Vous êtes folle !

CATHERINE

C'est à prendre ou à laisser !

MADAME LAMERTUME, // drottc à Fronçoisc. Voilà, mon enfant, tout ce que vous aurez à faire.

FRANÇOISE

Et quels sont les gages que donne Madame ?

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MADAME LAMERTUME.

Je donne vingt-cinq francs par mois.

FRANÇOISE, indignée.

Vingt-cinq francs ! Je n'ai jamais gagné moins de )ixante?

MADAME LAMERTUME, se levant.

Soixante francs ! C'est une dérision !

FRANÇOISE

Oli ! vous n'en trouverez pas à moins !

MADAME MERLUCHET, à gauchc à Marie.

Ainsi voilà qui est bien convenu. Vous pouvez venir

d*'c /-A coi p.

MARIE

Mais les gages, vous n'avez pas parlé des gages.

MADAME MERLUCHET.

C'est juste, j'oubliais ! Eh bien mon enfant, quoique ous n'aviez pas encore servi à Paris, je vous donnerai omme je donnais à mes autres servantes, vingt francs.

MARIE

Ah ! mais non ! da !

MADAME MERLUCHET.

Comment î Vous n'acoppt^z pas ! Que voulez-vous donc gagner ?

Pas moins de soixante francs, comme les autres. MADAME MERLUCHET, cj'iant indignée.

Soixante francs! c'est insensé! (S'adressant à Madame Lamertume.) Est-ce qu'on vous demande aussi soixante francs?

MADAME LAMERTUME.

Oui, Madame, c'est exorbitant.

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