‹ Les burgravesChapitre 32 sur 83 · SCÈNE Vïl · texte numérisé non relu

SCÈNE Vïl

Les Mêmes, UxN MENDIANT.

JOB, debout au milieu de ses enfants, au mendiant immobile sur le seuil.

Qui que vous soyez, avez-vous ouï dire Qu'il est dans le Taunus, entre Cologne et Spire, Sur un roc près duquel les monts sont des coteaux. Un château renommé parmi tous les châteaux. Et, dans ce burg, bâti sur un monceau de laves, Un burgrave fameux parmi tous les burgraves? Vous a-t-on raconté que cet homme sans lois, Tout cliargé d'attentats, tout éclatant d'exploits, Par la diète à Francfort, par le concile à Pise, Mis hors du saint empire et de la sainte église, Isolé, foudroyé, réprouvé, mais resté Debout dans sa montagne et dans sa volonté, Poursuit, provoque et bat, sans relâche et sans trêve, Le comte palatin, l'archevêque de Trêve, Et, depuis soixante an«, repousse d'un pied sûr L'échelle de l'empire appliquée à son mur? Vous a-t-on dit qu'il est l'asile de tout brave, Qu'il fait du riche un pauvre, et du maître un esclave; Et qu'au-dessus des ducs, des roi^, des empereurs, Aux yeux de l'Allemagne en proie à leurs fureurs, Il dresse sur sa tour, comme un défi de haine, Comme un appel funèbre aux peuples qu'on enchaîne, Un grand drapeau du deuil, formidable haillon Que la tempête tord dans son noir tourbillon? Vous a-t-on dit qu'il touche à sa centième année, Et qu'ï^ffrontant Iq ciel, bravaat la destinée,

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