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LA MISSION DE PEPITA

Jean-Baptiste, étonné, ému de ce qu'il venait d’enterdre, raconta ce dont il avait été témoin.

— C’est étrange! fit le prince, et je cherche vainement à m'expliquer. Peut-être ce pauvre homme a-t-il perdu une fille qui te ressemblait. I] la recherche, il croit la retrouver en toi.

— Oui! s’écria Valentine, oui... je comprendrais alors son émotion, sa muette prière, ses larmes et son cri de joie, lorsque, tout-à-l’heure, je lui ai donné ma main.

— Ah! fit le prince avec un instinct joyeux, ah !'tu lui as permis...

— Et mieux encore qu'avec la Mariol, dit

Jean-Baptiste, c'était de vraie charité.

— Mais, reprit Valentine, vous semblez le connaître ?

— Je le connais quant à présent, mademoiselle, et c’est un bon vieillard que j'aime. Mais j'ignore son passé. Taciturne à cet égard, il ne se laisse deviner par personne.

— Interrogez-le, cependant, je voudrais savoir...

Jean-Baptiste le promit.

Une catastrophe allait l’empêcher de tenir sa promesse,

11 est temps de retourner à nos deux jeunes bitferari,

Déja Pépita semble remise de sa blessure; il

ue lui en reste qu'une cicatriceau front. Ses Stands yeux noirs sont Plus brillants Que ja- Mais. Le sourire a reileuri sur ses lèvres.

Noel, comme d'habitude, est rêveur. Ils sont assis tous deux devant la cabane de Jacques, qui d’un air paternel, les interroge et les Couseille,

C’est Le soir, c’est la nuit, une belle nuit d'été. Dans le ciel, d’un bleu sombre, toutes les constellations scintillent. Ca et là, dans les buttes, où plane le silence, un four à plâtre flambloie.

— Enfants, dit le vieux bohémien, je voudrais VOus guérir de la viei nomade et vous retenir ici. Un bon métier, promptement appris, vous permettrait d'y vivre heureux... Mais, n0ù, non, Don, vous êtes des oiseaux Voyageurs, et déjà, Sous la tentation du départ, vous avez des impatiences dans les ailes.

Noel fit un signe affirmatif, et, posant une main sur l'épaule dé Pépita, de l’autre il] semblait lui indiquer la route.

— Je te comprends, lui répondit-elle, il ferait bon cheminer à cette heure et par une pereille nuit. Ne dirait-on P?S que les étoiles nous regardent ? Û

Robinson haussa les épaules et murmura :

— Où irez-vous ?

Le muet, du bout de son pied, souleva quelques feuilles mortes que le vent emporta,

Où vont-elles ? qit Pépita traduisant la pensée de son compagnon.

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