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LE REVOIR ET MOURIR

On ne saurait nier les pressentiments.

Jamais le comte d'Alvimare n'avait été si an- XieUX, aussi enfiévré par le souvenir, Malgré l'heure avancée de la nuit, il ne songeait pas encore au Sommeil. Il allait et venait dans sa Chamber À coucher.

Pour bien Comprendre ce qui va suivre, il faut connaître cette chambre.

D'un côté de l’alcove, fermée par des rideaux, de l’autre, une vicille armoire de chêne, richement sculptée.

On y remarque comme Support, entre les panneaux, nn fantastique criffon dont les veux sont en émail vert.

Une lourde table à pieds tournés occupe le centre de la piéce: cette table est encombrée de cartons, de papiers, de journaux, de livres.

Les murailles sont tapissées en enir de (Cordone, d'une teinte sombre: une Vierge, d'après Murillo, + est Suspndune, Visà-vis qu lit, un Christ d'ivoire, Entre les deux fenêtres, masauées en ce mome

nne femme Surtont par le char- ‘ ? RSORERE 2- '

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me de la bonté. (C'est celle qui est morte assas- Sinée, c'est la comtesse d’Alvimare.

La pendule, une superbe Niobé de bronze, Sonne minuit et demi.

Le vieillard à relevé la tête; ses Yeux rencontrent le portrait que la lueur des bougies sem, ble faire revivre.

— Pauvre chère femme! dit-il, il y aura bientôt seize ans!.…. Seize ans... Quand donc nous réunirons-nous, mon Dieu ?

Il regarda l’image du Christ.

Après un silence qui fut une prière:

— Vivre, reprit-il, à quoi bon vivre quand on à perdu tout ce qu'on aimait ? Est-ce que je vis d’ailleurs ? Ma pensée, mon âme est avec eux!" il ne reste de moi qu'un fantôme... une Statue... Je suis comme cette Niobé de bronze qui pleure éternellement ses bien-aimés,

Il fit quelques Pas s'arrêtant devant la toile où la Vierge mère souriait à l’enfant Jésus.

Un enfant! murmura-t-il, c'est la joie, le bonheur, la vie! Quoi de plus adorable ? quoi de plus divin? Grandeet bénie est la religion qui nous agenouille devant un enfant!

Un léger bruit monta du dehors.

— Hein ! fit le comte, qu'est-ce que cela ? Il m'a semblé qu’on refermait la petite porte... Moi seul en ai la clef... Impossible!

Puis il retomba dans sa rêverie, mais non dans Sa tristesse, Au contraire, il souriait maintenant. Bientôt ïl muürnuüura :

— Encore cette espérance! Que de fois ne m'y suis-je pas laissé reprendre! Que de fois ne me

suis-je pas figuré que mon fils m'était enfin ren-

uu, que JE LE pUuilais EU... 1lUSiUuS, LULE !

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7 V6 UE Li Elus UUUC Das U'ULUDE, Lil, Mais QUI peur Veuil pal là à parelilé ueure :

Li ecurlu Les rideaux, ouvrir la 1euetre.

Sur 1e I0uU iumuineux du Ciel, 1es Luttes Chau- IuvuL, Vues de pro, décuupaieut leurs sombres OUUUIAUONS LiEUULTES.

Devaul 14 peure porte, sur le chemin qui ion- SEAL 16 Lac ue li IMAUSOU, L'UIS persuunes e- LUELL allelees QUI aLLELULIELL.

— L'Est ui, Cest Jacques, dit l’une d'elles.

11 faut que Je te parie à l'instant. Viens ouvrir.

— Je desceuds, reprit le come, qui prit la lampe et gagna 1 escalier, laissant derriere lui la porte ouverte,

fresque aussitôt, dans l’entrebâillement de cette porte, Martin-le-borgne se fautiia, lestement et Saus bruit.

— J’allais me perdre dans le couloir, murmura til. Où me cacher ?.. Hh! comme il y a seize ans, derrière les rideaux de l’alcove.

11 s’en rapprochait, glissant à pas de loup sur le tapis, lorsque soudainement, il se rencontra face à face avec le portrait de la comtesse, vivement éclairé par les bougies.

À cette vue, frappé de terreur, le misérable recula.

Mais prompt à se remettre:

— Que c’est bête! fit:il, une image. Les morts ne reviennent pas. Mais on monte! alerte!

1] se précipita vers l'alcôve ; il ÿ disparut. Le cumte reuira, suivi de Jacques, de repita, de Noel,

3 s 5 ? : mes melti ns Ues deux deruiers instinctivement émus, tout

W'oubies d'anieurs à l'aspecL d'un iuxe nouv’ au pour eux, restèrent à l'entrée, se rapprochant 1un de l'autre.

Jacques, au Coutraire s'était avaucé, très agité, tres pale. 11 prit les Mains du comte et les Sera CUnvulsivemenut dans les Sienues; 11 voulut parler, Sa bouche crispee resta muette.

Jacques. tit d’Alvimare de plus en plus étouné, mais qu'as-tu donc ? C- 4 10i... Parle...

— André! s'écria-t-il eufin, mon bon Audré!… mOn vieil André, prépare toi à une grande $se- Cuusse... SO1t fort...

— S'agirait-11 d'un nouveau malheur és

— Mais regarde-moi donc! Si je pleure, c’est de joie! Ah! Je le sgvais bien que ton uis n'était pas mort!

D’Alvimare chancela, le visage blémissant, la main sur le cœur,

— Assieds-toi, lui dit Jacques. Domine-toi..

Soit prudents. Ecoute, nous sommes seuls, n'est-ce pas ?

— Oui! oui! répondit André tout frémissant d’impatience; mais qu’amènes-tu ?

D'une main qui tremblait, d’un regard plein d'angoisse, il désignait Noel et Pépita.

— Oh! ceux-là ne sont pas de trop, répondit en souriant le vieux bohémien, Il faut qu’ils écoutent et qu’ils regardent...

Noel et Pépita regardaient, surtout celle

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ci avec une curiosité naive, avec un peu d’appréhension peut-être ; Celui-lu, en proie à uue emv- LOU qui s'evelllaut et grandissair en Aui, luäuis Va- Bue encore comme un souvenir lointain,

— André, commença Jacques, la nuit où la comtesse fut assassinée, la nuit où brula ta maison, un homme, un ravisseur, S'enfuyait par les buttes, en cachant un enfant Sous son manteau Un petit garçon de quatre ou cinq ans Cet enfant que l’épouvante avait rendu muet comme ce jeune homme que tu vois là... devant toi..., cet enfant fut remis à de pauvres sens, à condition qu’il passerait pour le leur et qu’on l’emporterait immédiatement, bien loin, en Italie, pour ne jamais revenir... C’étaient des Italiens. Comprends-tu ?

-— Non... non...

— Eh bien! lis. Il lui tendit la lettre donnée Par Pépita. nr:

Tout-à-coup, à l’autre extrémité de la chambre, Noel jta un grand cri.

li venait d'apercevoir le portrait de la comtesse; et Comme attiré, comme charmé par cette image, il s'était rapproché viveinent.

Après l'avoir longtemps contemplé, il se mit à tourner autour de la pièce, regardant tout avec avidité. A peine eut-il aperçu la vieille a noire de chêne et le griffon aux yeux verts, qu’il y courut, et, sans hésiter, il appuya sur les yeux du monstre, Deux tiroirs, par l’effet d’un ressort secret, s’ouvrirent aussitôt.

Dans cette cachette se trouvaient les jouets de l’enfant que le comte avait perdu. Noel les

prit, les agita, les baïsa, tout en continuant de rire aux éclats et de pleurer à chaudes larmes.

Plus de doute Pour le père qui, Cependant, n’avait fait que jeter les Yeux sur l’écrit qu’il tenait entre ses mains.

Il s'était redressé, il s’avançait vers Noel en lui tendant les bras, en lui criant :

— Georges! Georges! mon enfant! mon fils!

À ce nom, Noel avait été frappé comme au cœur. FA

Les yeux démésurément ouverts, il regardait,

celui qui l’appelait ainsi. Û

Jacques reprit le candélabre et, comme tout.

à-l’heure, pour le portrait de la comtesse, main. tenant il éclairait Je visage du comte.

Noel tremblait, frissonnait comme un arbre secoué par le vent.

Ses mains Convulsives se portaient à ses Jàvres, À Sa gorge comme Pour en arracher nn dernier obstacle. +

Enfin, bondissant dans les bras du comte d’A]vimare,.

— Père! criatil, Ah! père, mon père!

Puis après une étreinte passionnée, se retournant vers le portrait :

— Ma mère! dit-il avec un accent de triomphe et d'amour. La. Ja. c’est ma mère!

Et s’arrêtant fout-à-coup Stüpéfait d’enten! dre sa voix:

— Ah! j'ai parlé!

Quels mots pourraient peindre la joie délirante du comte ’Aïvimare, de son fils, de Pepifa, de Jacques,

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— André, disait celui-ci, calme-toi…. prends garde... la joie pourrait te tuer.

En effet, le vieillard avait chancelé, il retombaït assis, mais avant toujours entre ses bras, sur son Cœur, le fils qu’il retronvait enfin; son cher et beau Georges, Georges d’Alvimare, qui, maintenant, agenouillé devant lui, recevait et lui rendait ses caresses,

— Ah! balbutiait l’heurenx père, ah! re moment rachète seize années de douleurs! Dien bon m’a rendu mon enfant, et, par nn second miracle. il Ini permet de m’anpeler son nère! Oni. oni, Georves, annelle-moi ton nère.. Encore !. tonjonrs!. Ah! Tacanes, comment m’ac:

quitter envers toi! Ne disais-tn nas tont-À-l’henre ane ÿen nonvais monrir.. mourir! Oh! mon Dien! qne se passe-t-il on moi! mes veux se voi: lent! mon cœnr sarrûte.. j’étonffe!. Ah!

Te vieillard était €vanoni.

Les soine emnressés de JTacanes et de Pepita le rannelèrent à Ja vie.

TT ronvrit log vonx. chercha, retronva son file

— Ah! cetta fais. in n'ai Anne nas râvé, dit-il 8 Tan mont m'avait enmmrie Tai domandé ai son. vent À Dien de to rovnir. de embrasser. ot pris monrir anrâc! il allait m'ovancer nvnnt ane Paie nn to faire raronnattro et f’asgenror mon h4 ritage.. Oh! je me rannelle .… ce testament... Tnvais fait un testament... TI est chez le notaire... Tacones.. Tacanes, vn réveiller Jenn-Bantiste…. la chambre an-desens de colle.ci…. Tu sais?..Te fan ennnlia. Va!

Jacques obéit À rette prière et disparut.

Noel, ou plutôt Georges était allé chercher Pepita ; il l’amenait vers son père, il lui dit:

— C’est ma sœur.

— Oui, répondit le comte, elle sera ma fille... Je me souviendrai. Vous êtes tous deux mes enfants... mes enfants!

Le vieillard leur tendait les bras,

Ils allaient s’y précipiter, lorsque soudainement, tous les deux, ils se reculèrent avec effroi.

Derrière le fauteuil du comte, ils venaient apercevoir l’horible Martin le Borgne, qui se redressait armé d’un couteau,

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