TRIO DE SCELERA TS
por
Jacobus arrivait du café des Trois-Communes, Alerte et gaillard, il alluma Sa chandelle, Puis avec l'accent d’une Superbe indienation :
— Sans cœur! se âit.i. je chante et ie ris, tout glorieux d'avoir regagné treize sons au domino. Milles tonnerres! ce rôle d'épicier en retraite commence À m'abrutir. Treize sous! c’est un Million qu'il me fant !.. Te le dévorerais à belle dents.
Ce n'était plus le grotesque vieillard qne tont le monde connaissait, on Au moins pensait connaître.
Se croyant senl, à l'abri de tont regard, il avait jeté son masane. TT sn redressait, se déti. rait, so enmbrait dans «n véritable allure. C4 tait celle d'nn loun affamé, enravé par nn trop lance joñine, On on aurait en penr an coin d'un hais,
— Agsez de pationnat nonrenivit.il. TT] ost de rotonr Ïl van vonir 11 rÀdara. jo ]n vonx!
Tallait ot vonait fronnont An nied enr Joe
Aalloe sonorpe, foiennt anti re mnenlne Aa
bras, æœnationlant nnmmn nan nvivor ga rolàre.
Lorscn'ella arrivait on Daravisme, cet homme devait être terrible,
— Brrr.…., j'ai froid! dit-il au bout d'un tant. Il me faut du feu. Un grand feu.
Brüûlons ja baraque et brûlons LOS Vaisseaux !
Il se dirigea vers le laboratoire ; il vint y prendre une grande brassée de Lois mort.
Mme Humbert avait fr moelle des os.
Ce n'était Pas cependant, ait, C'était la crainte de ne ver son œuvre,
ins-
issonné jusque dans Ja
le péril qui l’etfra y- Pouvoir encore ache-
Jacobus passa, lr'épassa près d'elle cevoir,
Il alla jeter son bois dans la cheminée ; puis, S'asseyant en face, dans un fauteuil, il tortilla des journaux en guises de torches, afin d'allumer le feu,
Quand ce feu pétilla, pour l'activer encore, il cassa des chaises; il en entassa les débris dans l’âtre, où bientot tombèrent les PAperasses,
Enfin, tout flamba. La vieille cheminée ronflait comme un tuyau d'orgue,
— À Ja bonne heure, dit alors Jacobus en se prélassant devant le brasier, Ah! quand je serai riche, m'en donnerai-je!.. C'est qu'il est grand temps, je me fais Vieux, Si J'allais mourir làbas, dans cot estaminet borene, après une partie de dominos, le doubie six en mains. Grêle et tempête! j'en ai froiq dans ma bosse, rien d'y penser! Autant eût valu rester honnôte homme... Mais qu'il vienne donc ce vicomte, et
qu'il me livre enfin Ma part! Je: jouir dès demain. Oui, dès demain, l'avènement de Jacobus, successseur de Balthazar et de Sardanapale!
sans l’aper-
que
Jacobus pacha ! Jacobus sultan! Partout des odalisques et partout des truffes. Ah! ah! vicomte, nous allons rire! Assez longtemps tu m’as tenu le Pied sur la gorge. À mon tour!
Un coup de sifflet retentit au dehors.
Aussitôt Jacobus se tut, rentra ses griffes, éteignit son regard triomphateur, et, déjà tout penaud, tout tremblant :
— C’est lui! murmura-t-il, c’est le maître! Allons ouvrir.
Quelques instants plus tard, l’échine courbée, la mine obséquieuse, il introduisait Gontran d’- Alvimare,
Le comte arrivait de fort mauvaise humeur:
— Comment! dit-il, le Borgne n’est pas enco- ‘ re ici! Ah! vous êtes d'effrontés dirôles! Je reçois de vous lettres sur lettres! et des lettres menaçantes, cornebœuf! “Aussitôt de retour, rendez-vous ici” J'ai la condescendance de m'y rendre... et j'attends!
L’ex-précepteur avait reprit quelque assurance:
—Que Votre Seigneurie, dit-il, se calme et m’écoute. Je sais ce que Martin voulait lui dire, et comme sa manière de voir est aussi la mienne, je parlerai pour nous deux, s’il vous plait ?
— Il me plait, répliqua Gontran qui s’assit Mais soit bref, vil coquin, affreux possu !
Jacobus s'efforçcant d'être gracieux, commen- Ça en ces termes:
— Monseigneur me permettra-t-il de lui rappeler une fable ?
— C’est ton droit, Esope, quelle fable ?
— Celle où il est question de la part du lion.
— À: ! je comprends. Donne moi du feu que j'allume mon cigare... Continue, ‘écoute.
— Vous agissez Par trop en lion, Gontran.
— Jamais trop vis-à-vis de maroufles de votre espèce. Pourvu que de temps en temps je vous laisse un os À ronger, vons devez être satisfaits. Toi Surtout, Caliban.
— Eh bien! non! je ne le suis point. ni Je Borgne non plus.
— Tu m’étonnes, Quasimodo. Mais VOyOns,
parle: je suis hon Prince, que dema ndez-vous tous les deux ?
Jacobus S’'enhardissait : il répondit :
— Nous désirons, none voulons, Mariin le Borone ef moi, régler enfin notre compte avec vous. Nous vons avons fait ca que vous êtes, C’est trop longtemns l’'onblier. Sonvenez-vous!
— De quoi fant-il ane ie me sonvienne, Triboulet ?
— Faut-il commencer par Je °mmencement ?
— Va, Maveux! va Polichinelle!
— A ffublez-moi du nom de tous les bosus célèbres, mais écontez-moi, il le faut.
Gontran parnt se résioner, il s’'étendit sur le fautenil, il Campa ses deux talons sur le marbre de la cheminée, à ]n mode américaine
Anrâs s'être un instant recneilli, Jacobuns débnta ninai:
— (était, 11 va sgoî7n ans, sur las bords An
Rhin Ta honda 44 1Tinatre Sehinderhannes.
mut#ilfe. fienorgéo, frannéo de tontesg parts, ne se composait plns ane de denx hommes et d'un ado
Ce mg
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lescent. Les deux hommes qui s'appelaient alorg autrement, se nomment aujourd'hui Martin Je Borgne et Jacobus. Quant à l'apprenti brigand Oh! oh! celui-là porte un titre ronflant, fréquente le beau monde et méprise de très haut ses deux anciens COMpagnons. Que n’ont-ils pas fait cependant pour cet ingrat ?
Le vicomte ne riait plus.
Son front, qui venait de pâlir, se chargeait de nuages. Un sinistre et douloureux souvenir se réveillait en lui.
L'ex-précepteur, Satisfait de ce premier résultat, poursuivit :
—Certain soir, au coin d'un bois de sapins, nos trois chasseurs étaient à l'affût. Deux voya- SCUTS passèrent. On leur demanca la bourse où la vie, et, comme ils ge défendire:!, on les tua. Piètre affaire, mais, à défaut d'argent, on trouva de précieux Papiers. Ces papiers prouvaient que l’un d'eux, le plus jeune, était le fils d’un émigré français depuis longtemps établi en Allemagne et qui venait d'y mourir. L'orphelin se rendait à Paris, chez un oncle inconnu, le comte André d'Alvimare, Oh! oh! celui-là était riche, fort riche, il laffirmait lui-même dans une des lettres tombées en notre Pouvoir. Je regardai notre jeune camarade: il était du même âge et de la même taille que le neven trépassé: il Ini ressemblait. D'ailleurs, l'oncle ne l’avait jamais VU. Une inspiration me traversa l'esprit, Si de Karl Sehmncek, c'était le nom dun lonvetean.si de Karl Schmneck none faisions Gontran d’AIL vimare ? Ki dun même Coup j'entrais dans la dé
froque et dans le rôle du Précepteur qui l’accom- Pagnait ? Pourquoi Pas ? J'avais fait mes humanités Bref, les deux cadavres mis en terre, le travestissement S'Opéra, Martin le Borgne inprovisa quelque chose COMME un livrée bavaroise Avec nos trois accoutrements de détrous- Seurs. Le reste fut brûlé. Au vent les cendres ! ‘U vent le souvenir de ce que nous n'étions plus! Gontran d'Alvimare, escorté de son Pédagogue et de son valet, S'achemina £äüiment vers la Fran- Ce. Ni je me suis trompé d'un iota, que M, Je vicomte me reprenne,
Après un silence eU comme se partant à lui-méme, Gontran d'Alvinmare MUrMOrA d'une voix sourde :
— Oui, c'est bien cola;
je n'avais alors que quinze ans.
Un louvetean, Soit; vous autres, vous étiez des loups.
— Et je m'en vante, reprit impudemment Jacobus. Cependant, si Jai bonne mémoire, ce fut le louvetean lui-méme Qui tua celui dont il POTTe aujourd'hui Je Don...
nie défendit-il!
Schmueck en S'elfore Qui pesait sur Jui,
S'écria Karl ant de Soconer le remords
Ce sentiment était inconnu de
Tacobus. I] avait reconvré toute Son at
lice, il poursuivit :
Permettez UTC RONA TP comte d'A].
Vinare ne UT à bras OUverts son neveu; mais il avait un BIS, c'extdire Un héritier. Nous voulions Mérite, lie fut aimé par ppa la comtes.
nfant; j'allais le
Unin
HOS Mains; Martin Je Borene fr SC, Moi je m'étais emparé de l'e Jeter dans leg flammes...
— Ah! mais je n'ai pas voulu, moi!
Gontran; c'est moi qui n'ai pas voulu!
— D'accord, reconnut Jacobus. Ah! vous aviez déjà de Ja volonté. Fasse le diable que NOUS N'AVONS pas à nous repentir d'avoir éaprgné cet enfant! I] n'a que les morts qui ne reviennent pas. Ceux qui peuvent être à craindre un jour, quand on les tient en son pouvoir, on les tue!
s’écria
Gontran se releya brusquement, saisit les pistolets, les dirigea vers Jacobus, et d'une Voix Stridente :
— Misérable S'écria-t-il; ah! si je te au mot, Si je te tuais!
Jacobus éclata de rire et répliqua :
— Halte là Karl Schmuck, le cas est prévu.
Tiens, regarde,
IT venait d'ouvrir un des tiroirs An bureau; il fit jouer un ressort secret, et montrant un pli cacheté:
prenais
— Tout ce que je viens de te rappeler est écrit là-dedans, poursuivit-il. L'adresse est À M. le Procureur du roi. Mais ceci n’est qu'un double, tu comprends. La minute est en mains sûre, ot si je restais pendant huit jours sans doner de mes nouvelles, la dénonciation serait remise À qui de droit. Donnez-vous donc la peine de vous rasseoir, monsieur Je vicomte, et restons bons amis, croyez-moi. Votre exX-précepteur est encore votre maître,
Gontran avait rejeté leg pistolets sur le bn- 'ean. Désarmé, mais non vaineu, il se promenait à grands pas.
Craignant d’avoir été trop loin, Jacobus reprit d’un ton Plus doucereux :
— EÉcoutez-moi jusqu'au bout. Voyons, n'a.
Vez-VOus pas jusque-là Part trop belle ? Tandis qu’adopté par votre oncle, vous jouiez au vicomte, que devenions-nous, Martin le Borgne et moi? Trop heureux d’avoir échapyé à la guillotine en accusant Pierre Humbert, nous Végétious, nous trimions en attendant votre majorité, c'est-àdire l'héritage, 11 avait été convenu qu'alors on se débarrasserait du vieux, Ah! vous l'aviez Promis, nous y comptions,. Et, cependant les années semblent longues dans Ja luisère, On prenait patience en se disant : “L'heure viendra.” Quand elle vint, M. le vicomte se it en travers et nous dit: “Je ne veux pas!”
Gontran, redevenu plus fier et plus énergique encore, S'AVança vers Jacobus, qui Ccommen- Sait à trembler sous son regard, et lui répondit :
— Non, je ne veux pas! Econte à ton tour, et tu vas me connaître enfin. Quand vous m'avez amené de là-bas, après le premier meurtr 3, Sa. je ce que je faisais, moi * Lu l'as dit, j'é tais une bête fauve. Je vous ai laissé égorger la mère mais déjà quelque chose se révoltait en moi, Puisque j'ai sauvé l'enfant, Lorsque le pauvre père m'’ouvrit ses bras, la honte et le remords entrèrent dans mon Cœur. Plus tard, avec l’éducation, le sens moral me fut donné. Ah! si
j'avais su! Maintenant, il est trop tard. Cent fois, je fus au moment de tout avouer, Le courage me manqua. D'ailleurs, ce n'eût été qu'un Chagrin de plus pour ce vieillard, accable déjà
EN Gi mue No oge
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de douleur, et qui mettait eu moi sa dernière espérauce. 11 W'appelait sou tils.. oi, son tils!
Ce nom seul creusait un abime eulre nous Eperdu, Lorturé, tout plein d'épouvante, je fuyais ses embrassements et je te retrouvais alors, toi, ou âme damnée, mon mauvais genie... toi qu! me couseillais Le plaisir et la débauche. Je ay jetai à corps peruu, croyant oublier. Le cl'une Le S'OubLIE Jumais!. Son Souvenir est palttout, meme entre 14 coupe eL les ièvres. au!
VOUS Vous imaginez que j étuis heureux. Ab! vous i'enviez, iuiserubies ! Aus, sachez-le donc, de- Puis SelZe as je L'ui pas eu un jour de bouheur, une nuit de repos! Le fantôme de la comtesse est toujours là qui me poursuit, jqui me glace... Ne parlais-tu pus de me dénoncer: L'échafaud u'est rien, l'enfer n'est rien. Le châtiment, c'est le remords! It tu voudrais que je fusse Le complice d'un nouveau crime! Ji tu veux que je tue ce vieillard? Non, je ne veux pas! je ne veux pas!
C'était toute une confession que venait de faire Goutran. Dire ce qu'il y avait mis d’amertume, de regrets, de colère, de désespoir, ce serait lu possible,
Jacobus lui-même n'osa Pas répondre,
Ce fut uu autre qui répoudit, ce fut Martinle-Borgne,
Déja depuis un instant, il avait paru sur le veuil.
Il arrivait, haletant, débraillé, livide; il s'écria :
fils... Il allait le reconnaître devant tous. Nous étions ruinés, perdus, si je ne frappais pas. J’ai frappé d'urgence!
Puis comme Jacobus laissait échapper un cri de joie féroce, comme Gontran stupéfié, incrédule encore, s'étreignait le front dans les deux Mains : ee
— Si j'ai pu fuir, reprit le meurtrier qui montra ses Vêtements en lambeaux, ce n'est pas Sans avarics. Ils avaient lâché sur moi leur chien. Je crois que je l’ai tué aussi. Quand au vieux, il est tombé du Coup, sans un mot.
Gontran ne doutait plus. Avec un r'ugissement de lion, il s’élança vers l'assassin.
— Ah! mais! dis donc, balbutia celui-ci, s’efforçant d'éviter le choc, dis donc Karl... pas de bêtises! J'ai mon Couteau... Prends garde! il a soif encore!
Sourd à cette menace, Gontron le saisit à la gorge, l’enleva de terre et, sans doute frappé par lui, l’envoya rouler jusqu’à l'autre ext:émité de la salle,
Le misérable tomba contre ce lambeau de tapisserie qui masquait l'entrée du latoratoire,
Dans les plis qui s’agitèrent, il y eut une résistance inattendue,
Un cri s’en échappa.
On entendit un bruit de pas, un bruit de fuite.
D'une voix étranglée, \Cu'tin-le-Borgne sé.
cria :
— Quelqu'un! il y a quelqu'un qui a tout entendu! C’est une femme!
anne me à
“ MM QUOI MARIOL RAPPORTE TOUT AUTRE CHOSE QUE CE QU'IL ALLAIT CHERCHER.
Martin-le-Borgne s'était relevé, s'était retourné, arrachant le rideau.
Dans l'encadrement de la fenêtre ouverte, il avait aperçu une femme qui s’enfuyait épouvantée.
Cette femme, c'était madame Humbert.
Déjà, franchissant le balcon, elle disparaissait,
— Elle a tout entendu, vous dis-je! Elle peut nous perdre, répéta le Borgne en s’élançant sur ses traces,
Jacobus le rejoignit, lui donna les deux pistolets :
— T'ue-la !
Martin saisit les armes et bondit vers la fenêtre,
Tout d’abord, dans le salon, Gontran était resté immobile, comme frappé de stupeur, Si tout se découvrait, qu'allait-il devenir, lui, le comte d’Alvimare ?
Cependant l'arrêt de mort qui venait d’être prononcé le réveilla tout à coup précipitant aa course vera ia brèche.
Une double détonation retentit.
Puis, au milieu du silence, il y eut un cri de douleur.
Jacobus et Martin, penchés sur la balustrade, regardaient, écoutaient.
Gontran s'était laissé tomber sur un siège, le visage enfoui dans ses deux mains.
Encore un meurtre dont il était le complice!
La fugitive avait disparu.
Sur le terrain, sur les pierres que blanchissait la ‘lune, on eñt distingué son vêtement noir.
Rien... Et cependant elle avait chancelé, crié: qu'était-elle devenue ?
Les deux assassins se précipitèrent à sa poursuite,
De l’autre côté, Gontran s’éloignait.
Cet espoir venait de se présenter à son esprit que peut-être le comte d’Alvimare n'était que blessé, qu’il ponrrait le sauver encore,
Il courut à la grille, enfourcha son cheval, et partit au galop.
En ce même moment, Jacobus et Martin arri.
vaient À la brèche.
Sur les pierres, il Y avait du sang.
— J'étais bien sûr d’avoir mis dans la cible, dit l’homme au carrick,
— Elle doit être tombée de l’autre côté, dit Tacobus en franchissant le Passage, Ah! voilà Son manteau; nous sommes sur la piste,
Déjà le Borgne se ruait en avant.
Son complice le retint Dar le vollat:
— Malhenrenx! Et Ja carrière! T’abîmel!
Martin se rejeta vivement en arrière. Puis, Avançant la tête, il regardn en bas.
Le précipice était à deux pas, large et profond, rempli d'une ‘apeur bleuâtre, On eût dit la rive escarpée d'un lac.
— Elle n'aura pas vu ce gouffre, murmura Jacobus; elle Y sera tombée,
— Comment descendre ? demanda son compagnon.
— Je vais chercher une lanterne, Attends.
Nous l'avons dit, l’ancienne carrière ne présentait une falaise à pie que vers le milieu, audessus de l'ouverture Souterraine, Des deux côtés, la colline S'abaissait par une pente rapide mais praticable, Une herbe épaisse Y croissait accidentée çà et là de quelques arbrisseaux.
Les deux bandits avaient l'habitude des explorations nocturnes, Bientôt, éclairés par la lanterne, ils descendirent,
Vers le milieu de Ja hauteur, le terrain, tourmenté, disloqué, S'aplanissait tout à coup, for- Mmant une sorte de corniche, qui se prolongeait même jusqu'à l'arche de la carrière.
C'était, selon tonte probabilité, le résultat d’un éboulement.
Le bord de la falaise s'était déchiré, affaissé, sur lui-même; mais, Par un hasard d'équilibre, il restait Suspendu dans sa chute,
— Si cette femme était tombée par ici ? mur.
mura Jacobns. Voyons, avant de descendre plus bas, à 4
Le misérable devinait juste,
C'était de ce côté que la fugitive avait la terre manquer sons ses pas.
Sä chute, considé ‘ablement diminuée, s'était en outre amortie dans les buissons et les herbes.
senti
Une profonde crevasse existait en cet endroit.
La blessée y avait disparu à travers d’épaisses broussailles et des végétations sau rages qui s'étaient renfermées sur elle,
Elle avait perdu Connaissance, elle avait cru mourir,
La douleur même de sa blessure la rappela à la vie,
D'ailleurs, un bruit de pas et de voix frappait son oreille,
Elle rouvrit les yenx,
Au-dessus du feuillage et des liunes QUI iä te- Couvraient, une Inmière brilla tont à coup, allant et venant comme Pour explorer le sol.
Un visage, éclairé d'en bas par cette lueur, se pencha, s'approcha.
Madeleine reconnut Martin le Borgne,
Emmobile, retenant Son souffle, elle pria Duen de la rendre invisib”.
= Phlibten!" 56e moment la voix de Jaco.
bus, que regard ru done ? Est-ce une trace ?
Il y eut un siwnce.
La blessée frissonnait.
Si les deux égorgeurs venaient à l’'apercevoir, elle était perdue,
Martin le RBorgne “épondit enfin :
— [me semblait que ces brounssailles étaient froissées.. mais non... rien... je me trompais.
— Voyons en bas, conclut Jacobus.
Et la lanterne s'éloigna,
Mme Humbert Suceombant à l'excès de l'émo
on it de nouveau.
Les deux bandits descendirent dans la carriè.
re, et marchèrent droit à l'entrée de la voûte,
TG + po
Amir
ATEN | Emme
tp
Là, dans la terre humide, parmi des flaques boueuses et des ornières, des pas d'hommes et de de chevaux, des roues de voitures et de brouettes, toutes sortes de traces s’entrecroisaient, se confondaient., Impossible d'en tirer ‘aucune conjecture.
— Tonnerre! maugréa le Borgne. Il fant ce- Pendant que nons la retrouvions, cette femme... ou c’est pour nous Ja guillotine!
— Silence! malheureux... Allons du côté de la route.
Ils cherchèrent vainement, Puis, comme aucun indice ne les encCourageait dans cette voie, ils revinrent vers la voûte, et s’engagèrent dans les souterrains, explorèrent toutes les galeries, convaincus que la fugitive ne pouvait être cachée que là.
Cependant, la nuit touchait à son terme.
L'air plus frais et plus vif annonçait le matin.
Mme Humbert sortit de son engourdissement.
Que s’était-il done passé ? où était-elle? où setrouvait-elle ?
Sa tête était alourdie, ses idées confuses,
Comme elle cherchait encore À se souvenir, une voix qui se rapprochait rapidement fit entendre ce joyeux refrain
{ était un petit homme, Tout habillé de cris, Dans Paris
C'était Mariol, qui, fidèle à sa promesse, s’6-
tait levé avant le jour pour revenir chercher de
la terre de bruyère.
Elle voulut appeler, se montrer.
Aucun son ne sortit de ses lèvres,
Après un douloureux effort, elle retomba.
Stanislas, Cependant, bêchait avec ardeur, et remplissait sa hotte.
I] allait s'éloigner. Si personne ne revenait !
Personne, hormis les assasssins !
Et sa tâche, son espérance, son œuvre tout périrait avec elle,
Cet effroi, ce souvenir galvanisa la mourante. Elle retrouva la force de jeter un cri. Elle parvint, en s'accrochant aux lianes, aux buissons, elle parvint à se Soulever jusqu’au bord de la crevasse,
Mariol avait entendu, i] accourait.
— Madame Humbert ! S'écria-t-il en la reconnaissant, La mère de Jean-Baptiste! Ah!
mais c’est donc le bon Dieu qui permet que je m’acquitte envers lui! :
Et le digne garçon la saisissait, l’enlevait dans ses bras.
Elle, égarée, palpitante, folle de terreur :
— Fuyons!.… disait-elle, emmenez-moi,.….
Fuyons!
Mais ce fut en vain qu’elle s'efforça de se tenir debout, de marcher. Elle chancela, retomba, brisée, inanimée, comme morte.
Seulement, alors, Mariol remarqua que sa robe était ensanglantée, que le Sang coulait encore de sa poitrine,
Une blessure! et qui paraissait être grave.
Il fallait des Secours, un médecin. Déià peutêtre était-il trop tard!
Mariol avait reprit Mme Humbert dans ses bras. ]1 l’emportait vers la route,
A me ru
Jacobus et Martin-le-Borgne Sortaient en ce moment de la voûte.
IS virent, ils reconnurent la victime qui leur échappait, qui peut-être avait déjà parlé.
Celui qui l'emportait était seul, embarrassé de son fardeua.
IS allaient s'élancer vers lui.
Tout à Coup, sur le chemin, quelques hommes Parurent,
C'étaient les carriers qui arrivaicnt à l’ouvrage,
Martin le Borgne et Jacobus se rejetèrent dans l’ombre.