‹ Les Buttes-Chaumont [microforme]Chapitre 28 sur 44 · LE TESTAMENT · texte numérisé non relu

LE TESTAMENT

Le square que l’on admire anjourd’hni n’existait pas alors. Sur ce même emplacement. il y avait de vieilles et sales ruelles, hordées de sales et vieilles échoppes, la plupart servant de tanières À des revendeurs de guenilles.

T’ex-précenteur entra chez l’un de ces fripiors.

Au bont dun quart d'heure, il reparnt complètement métamorphosé, méconnaisenhle.

C'était maintenant nn vienx Jouenr d’orome, À 1n physionomie éteinte et naïve. T1 ne portait plus de Innettes, tenait sea paupières aux trois quarts fermées. Son” dos ne conservait aucune eenèce de protubérance. Tont était fanx dan ce bosan, même la hoce,

TT gaona In barrière dn Combat. nrit le chemin qui conduisait À ln maisonnette de Mariol.

Divers gronnes, en parhe romnnsés de commères du quartier, atationnnient anx aborde.

Le vieux joueur d’orene, nnrès avoir dienosé son inetrument. commencen de tonrner In manivelle,

Tont anesitôt. chneun fit de grande gestes, afin de Ini imnoser silence.

T'en demandn ln ennce: Je vnieinos ne demandaient qu'À parler: c’est ce que voulait Tacobne.

Mais, laiseone-le ge mler aux groupes et npénétrons dans la maisonnette,

Deux médecins, un vieillard, un jeune homme, sont Lai dl

penchés vers le lit où repose Ja blessée; il achèvent le Premier pansement.

À terre, dans une cuvette teinte d balle qui vient d’être extraite.

Catherine, attentive aux ordres des mé Passe en silence la charpie et les bandes,

Dans un angle de la Chambre, contre ]n muraille, presse entre ses bras isage et se contient pour

e Sang, on voit la

Ce pauvre Barnabin, quand ln triste nonvelle est vo.

ue le surprendre, il était encore endorm fantenil de sn mère. T1 lattendnit.

Quel réveil ! quel désespoir! T] s’est aceusé d’4

être la Cause de ce malheur. et Maintenant encore, par inter. “alle. il répète:

— Ah! mon Dion. mon Dion! «ji ]n distribution «6. tait bien passée, ei J'avais 6t6 1h, mn mère ne serait pas sortie, ou bien elle m’anrait Cmmené:; j'aurais pu la dé.

fendre... c’est mn faute. Oh! mais Tous n’est-co pas. frère ?. .

ï dans Je grand

la sanverons.

- @t none Ja vengorons

— Oui! oui! maie, tais-toi, répond tont base Tonn- Bantiete, qui, pensif et morne, s’ohetino à chercher, à doviner les causes de ca crime, qu'il ne plus.

— Cest fini! dit tont À conp le vioux docteur, none AvOns paneé Ja blessure : que Dion, maintenant, ln guérisce,

Cependant Mme Fuimbert, immobile ot ln lan mort eur lo

Comprend pas non

Pilour de visage, n'avait pne encore repris

connais.

sance,

Elle rouvrit tont À coup lee veux: ella Murmura cos mots :

— Mes enfants!

Te allaient s° Ancer vers elle: ile ’arrêtérent sur un

on

me

TR | arr mme

geste du docteur, tandis que son jeune confrère disait à la blessée :

— Madame, ne bougez pas!... Remuez à peine les lèvres, ou plutôt répondez-moi seulement des yeux. M’entendez-vous? M’avez-vons compris?

Les paupières de Madeleine s’abaissèrent affirmativement.

— Vous vivrez, reprit à son tour le vieux médecin, mais votre salut dépend surtont de vous-même. Pendant au moins une semaine, peut-être plus, il faut ne point bouger, ne point parler, n’avoir aucune émotion. Que ce soit bien convenu, madame. Vos deux fils sont À... aucun danger ne les menace... Ils savent que vous leur serez rendue. Nous leur permettons de s’approcher de vous et de vous embrasser, mais que ce soit tout, jusqu’à nouvel ordre. Votre âme est absente; elle reviendra dans hit jours. Allons, jeunes gens, le baiser d’adien.

Jean-Baptiste était devant le lit, Barnabin dane la ruelle. Tous les deux se penchèrent au-dessus de leur mère, effleurant son front de leurs lèvres.

Puis, tout 1e monde se retira, À l'exception de Catherine, qui voillerait auprès de ln hlesste.

— Mais, avait-elle demandé, ne fandra-t-il rien lui faire boire ?

— Vous hnmecterez ses lèvres avec un pen d’eau frafche. Tni fnt-il répondu, voilà tout.

Dans le jardin, Mariol attendait Jean-Baptiste: on le demandait À lusine,

— Py vais, répondit-il. Toi, resto ici, Que personne n'entre... éloigne tont ce monde... Empêche tout bruit.

Et. comme lea médecine #éloignaiont. Jean-Baptiste cournt vers eux pour les interroger encore.

— Courage, conelurent-ils, et bonne espérance !

D'autre part, Bessabin s'était vu accaparer par quel-

ques femmes, qui, non moins émues de curiosité que de compassion, lui demandaient des nouvelles.

— Viens avec moi, frère, dit Jean-Baptiste en l’entratnant; ce sont les magistrats qui me demandent. Peutêtre, toi, qui vivais constamment auprès de notre mère, peut-être donu: us tu quelques indices,

L’ardent esprit de Barnabin s’enflamma tout aussitôt.

—— Oui! s'écria-t-il en frappant tour à tour sur son front et sur son cœur, oui! je me suis juré, là et là, que je ferais découvrir l'assassin... 1] le faut... je le veux... Viens!

Par un hasard providentiel, son reard venait de se croiser avec celui de Jacobus. Le courageux enfant ne remarqua même pas le joueur d'orgue, mais celui-ci l’avait entendu. Un imperceptible scurire plissa sa lèvre dédaigneuse, et cependant il avait tressailli.

Quelques instants plus tard, il s’éloignait en murmurant :

— Je suis certain qu’elle s'appelle Mme Humbert. et c’est déjà beaucoup... Quant au reste. je reviendrai.

Jean-Baptiste, de son côté, arrivait à l'usine, Les magistrats instructeurs Y passèrent la journée, interrogeant tous ceux qui pouvaient fournir quelques renseignements sur cette ténébreuse affaire,

Lorsque le vieux bohémien comparut à son tour, lorsqu’on lui demanda de se nommer, — Jacques, répondit-il, — Votre nom de famille ?

On m'appelle parfois le père Robinson, — Mais, votre nom véritable ?

— Je ü6 le dis pus, Et le vieillard s’était obstiné dans son refus, Ce mystère parut suspect,

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