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Ce 5 J Un peu plus loin les pas déviaient de nouveau, se airigeant vers la cahute du père Robinson.
— Serait-il là? conjectura Mariol.
— Attention! fit Polydore, attention, Apprêtons nos tomahawks !
Les deux hommes s’étaient pourvus de bâtons ramassés en chemin; le gamin, dans son mouchoir, venait de loger un gros caillou.
Is Savancèrent en silence avec précaution, comme des chasseurs Supposant le gibier tout près d'eux.
La porte de la cabane était ouverte.
A # On n’entendait aucun bruit dans l’inté — Cependant, murmura Barnabi porté chez lui son chien blessé,
#ner à notre approche,
Mariol, contournant Ia hutte, alla la vitre ench£ dans la muraille.
Puis, revenant vers ses compagnons :
— Vendredi n’est plus Jà, dit-il :
On entra, on chercha.
Le chien, décidément, avait disparu.
Sur sa couche de feuilles sècl de drap blanchâtre,
Barnabin le ramassa, l'evamina de plus près, et bientôt se souvenant, murmura :
— L'homme au carrick!
— Îl est entré ici! s’écria Polydore. Voilà la trace de ses semelles boueuses. Elles rétrogradent tout à coup vers le seuil. Vertuchoux! quelle enjambée! Ensuite plus rien... Si fait, là-bas. à plus de deux mètres, voici les deux ignobles savates estampillées dans l'argile... ‘ne profonde empreinte ; il a dû sauter. Quel saut ! ;
Barnabin était resté songeur. Tout à coup, se frap- ù pant le front, il s’écria :
— Je comprends, je comprends tout! l’assas ce pas, C’est Martin-le-Borgne ?... Nous savons encore que, poursuivi par le chien, il s’en est débarrassé d’un Coup de coutean, puis quelle raneune Ini gardait Ven-
mes Mohicans.
rieur, n, Jacques avait rap- Vendredi devrait gro-
regarder à travers
ni lui, ni personne,
es, il Y avait un lambeau
dredi, rongeant ce morceau de carrick ; rions l’homme aux trois fusées. Je Martin-le-Borgne, et je le prouve.
—— Parle, fit Mariol, — Tu me rappelles OEil-de-Faucon, dit Fâfà.
Déduisant son système de probabilités, Barnabin poursuivit :
Mais nous ignodis que c’est encore Ecoutez-moi.
— L'espion de là-bas voulait espionner évalement e
ici. Ne voyant pas de Jumicre, n'entendant rien, il est entré. Vendredi la reconnu. s’est élancé sur lui.
De là Penjamée rétrograde et Je saut constaté de Polydore. Gagcons que les pattes du chien se retrouvent maintenant à côté de celles de l’homme,
L'hypothèse aussitôt se vérifia.
— Quel grand chef! dit chef!
Barnabin ne songeait
Polydore, ah! quel grand
pas à plaisanter, lui; il venait de repartir au pas de course.
Bientôt, en travers du chemin marécageux, blanchàtre, quelque chose de noir apparut au lointain.
— Serait-ce un ours gris? hasarda Polydore.
— Eh non! décida Barnabin. c’est Vendredi.
Cette fois encore, il avait deviné juste.
Vendredi reconnut ses gmis les remercia même d’un re quand on voulut le sortir
se laissa flatter par eux.
gard reconnaissant : mais.
Ge l’ornière dans laquelle il était tombé, ne pouvant sans doute aller plus loin, le terrible bardache montra les dents.
— Qu'at-il donc? fit Mario. On dirait qu’il cache sous lui quelque chose,
Toit beau, tout beau. mon chien !... Laisse-nous Voir...
‘— Je voils, s'écria Barnabin: c'est un soulier.., le soulier de Martin-le-Borgne,
— Son mocassin! dit Polydore en l’enlevant au bout de son bâton. Quelle vi F2
1 13 Horgne, ignobie,
féroce; la boue lui fait un carrick :
Pouah!
Polydore allait rejeter l’horrible chatissure, mais il la retint au bout de son bâton, voyant que Vendredi, moins € ‘licot. s’élançait pour la ressa
— Ah! tu la veux. mou chien ?
nous, guide-nous.
Durant quelques minutes, ant de colère.
Evidemment sa blessure était déjà lorce lui manquait encore.
Il ne tarda pas à so ralentir.
il retomba.
On se trouvait alors dev la base, creusée par que de niche,
Polydore y transporta Vendredi. sur et de feuilles apportées par Mariol.
Non loin de ]à ruisselait pourrait y aller boire.
On lui rendit le soulic
Le bardache s'en ment de menaces, :
— Bien, fit la basse-taille : n'oublie pas: ravive ta colère ; reprends des forces. Quand tu Je pourr
che à ton tour, ct venge-toi,
Vendredi hurla comme # promettait d’obéir,
Mais déjà Barnabin Simpatientait de ce retard. 1] ne songeait qu’à son but.
nants,
— Voilà! voilà dit Fâfa:
là gucrre,
On arriva bien
il lui ressemble !
sir au vol, Suis-4... viens avec
le bardache mareha. aboy-
refermée, mais la Quelques pas plus loin,
ant une falaise de
#ypse, dont Ique hasard présent
ait une sorte Uh tas d'herbes
ne source: le pauvre chien
e lambeau de arrie
aussitôt ave 1m gronde-
as, chervenge-nous !
il avait COMPrI=, comme si]
Il rappela see deux lieute-
rentrons dans Je sentier de
a GT
rande carrière de Romainville, Mariol se reconnut,
— C'est là, dit-il, oui, là, que j'ai retrouvé Mme Humbert.
— Pauvre mère! fit Barnabin, ne dirait-on pas que est Dieu qui nous conduit!
Et Polydore :
— Fâ-fàl... ça se corse! Avec Faide du grand Manitou, nous serons triomphants.
Bien que les hautes herbes et les broussailles de lescarpement rendissent la piste moins apparente, on put la suivre encore, jusqu'au plateau, jusqu’à la muraille de la villa, jusqu'à la brèche,
Au-delà, dans l'allée du jardin. elle se retrouvait, elle se prolongeait, nette et dinstincte.
Devait-on s’y hasarder ?
Tout à coup, Mariol, dont l'esprit semblait en travail, jeta un cri:
— Je me souviens! dit-il. Oui, c’est bien cela. La veille du meurtre, vers la tombée de la nuit, il y avait sur ce banc un vieux grincheux, un bossu. Ah! je ne me trompe pas. C’est lui, c’est bien lui que j'ai revu plus tard, mais sous un tout autre aspect, à côté du vicomte Gontran; c’est son ex-précepteur Jacobus.
— L'homme du cabriolet! s'écria Barnabin. Plus de ‘loute, entrons-là,
Mais Polydore l'arrêta du geste:
-Minute, jeune Sagamore, j'ai la prudence du grand serpent. Renseignons-nous d'abord,
- Chez qui ?
- Chez une tante à moi, laquelle perche dans ces parages, Par la même occasion, nous lui demanderons à déjeuner, ce qui ne gâte jamais rien. Fâfà!
- Comment s'appelle-t-elle, ta tante?
Madame veuve Picard, où plus familièrement ln Picarde