‹ Les Buttes-Chaumont [microforme]Chapitre 6 sur 44 · ONS OUS · texte numérisé non relu

ONS OUS

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— Vraiment! se récria Mariol, celle avec des volets verts et un petit jardin”?

— Un jardin, c'est ça qui détache du cabaret. En entrant, une grande cuisine: on y mangerait. Au fond, deux chambrettes : celle des enfants, la nôtre, J'y mets tout ce qu'il faut: pas de luxe, ma bonne fée, mais du linge. Les mioches gentiment vêtus, et leur mère aussi. Tout ce qu'il y avait dans l'armoire quand nous nous sommes mariés: Son ancien trousseau de noce, Bien vite elle reviendrait pimpante, faraude làdessous, Je la vois d'ici. ses fraîches couleurs lui sont revenues. Elle est alerte et gaie, ella sourit, ses yeux brillent; ce n'est. plus la Mariole, c'est Catherine, Bonjour, Catherine! Ah!

que je t'aime! Je ne te laisserai plus tomber dans le dénûment, va! Maintenant, je me plaiai chez moi, dans ma maison... La maison, la famille, voilà le bonheur!

Effectivement, Mamiol s'enivrait ‘le son idéal. IT s'était redressé, résolu, vaillant et fier, Tous les bons sentiments, toutes les généreuses aspiations d'épanouissaient sur son visage, Ce qu'il venait de décrire, il le voyait mettait de faire, il le ferait.

Par malheur, Jean-Baptiste n'ét fée, Mariol n'était qu'un ivrogne,

S'interrompant tout tre ton:

; ce qu'il pro ait pas uno À Coup, sur un tout au-

— Voilà le bouchon! S'écria-t-il, ai-je aussi révé que vous m'aviez promis une bouteille?

— Éntrons! dit Jean-Baptiste.

Ils prirent place sous une tonnelle, où Max

riol continua de divaguer tout en buvant. C'était Jean-Baptiste qui versait.

Dans le premier verr il avait versé je narcotique. Mariol ne s'était aperçu de rien.

Bientôt, cependant, il se Plaignait d’une cer taine lourdeur de tête. I avait besoin d'air, on sortit.

Ses paroles devenaient confuses, ses paupiè.

res se fermaien! malgré lui, ses jambes fléchissaient. Il voulut S’asseoir au bord d'un fossé, Quelques instants plus tard, il se renversait, contre le talus, profondément endormi.

Personne, aucun bruit.

Jean-Baptiste Chargea Mariol sur Son épaule et, Coupant à travers champs, l'emporta,

Grande fut la Surprise de Mariol lorsqu'il se réveilla le lendemaïn matin,

Il était couché dans un bon lit: couvertures neuves et draps tout blancs,

Blancs étaient aussi les rideaux de Ja fenétre par laquelle arrivait, à travers Les vitres claires, un rayon de soleil, L'armoire et la toilette en noyer verni; le miroir, les chaises fraichement rempaillées, le Papier à fleurs, le plafond, le plancher même, tout était immaculé:: tout réjouissait le regard,

Mariol se pinça; peut-être rêvait-il encore.

Mais non! non! tout cela était bien réel,

Il se leva, chercha les guenilles assez malhenreuses qu'il portait la veille.

A leur place, un bon vêtement de travail qui semblait sortir des mains du tailleur.

— Ah Ça! mais je me suis donc trompé de

Porte, murmurait-il. Je ne reconnais plus mes lares. Tout ça n'est pas à moi. Gageons que rien ne me va. û

Il aurait perdu; tout était à sa taille et lui allait comme un gant.

— Sac à papier! s'écria-t-il, j'ai donc la beriue? Ohé! la Mariole!

Personne ne répondit, personne ne vint,

— Catherine!

La porte s'ouvrit, Catherine entra.

Oui, c'était bien Catherine, De Ja Mariole, elle ne conservait qu'un reste de pâleur. Sa fine taille lui était revenue dans une robe d'indienne toute nouvelle, Ses beaux cheveux, coquettement lissés étaient enfermés dans un joli bonnet d'une éclatante blancheur. Elle était vive, alerte, jeune: ses Yeux brillaient et ses dents aussi. C'était Catherine, Catherine la rieuse.

— Saperlotte! s'écria son mari, mais c'est done notre misère qui était un cauchemar? Il n'y a donc pas quatre ans que nous sommes mariés? C'était hier...

— Fou! répondit Catherine, est-ce que tu ne vois pas nos enfants”?

IIS arrivaient, le grand garçon de trois ans, la petite fille qui marchait à peine, proprets et: gentiment attiffés tous les deux, chacun un jouet à la main.

— Cà, ma progéniture, fit naivement Mariol, Mais j'avais laissé des petits sauvages et je retrouve des bébés de prince,

—- Vas-tu pas les renier°? dit Catherine en les lui campant sur les bras.

À qui mieux mieux, ils embrassèrent, câlinerent Mariol.

— Ah! je les reconnais à leurs bécots; maisi sont-ils mignons! Je les Croyais pas si bien réussis, parole d'honneur! balbutia l'heureux père, riant et pleurant à la fois.

— Allons, allons, reprit la mère, je t'ai laissé dormir jusqu'à neuf he ures, parce que tu me semblais un peu fatigué hier soir. Te voilà regaillardi, maintenant; il faut aller à Ja fabrique. Mais d'abord, déjeunons.

Elle poussait son mari vers Ja salle à manger.

Cette pièce servait aussi de cuisine, Tout y respirait l’ordre, le Soin, la recherche même d'une ménagère accomplie,

— Où sommes-nous? demanda Mariol de plus en plus ébaudi; mais quel est donc ce logis?

— Quoi! répondit Catherine, tu ne te souviens donc plus de cette maisonnette que tu reluquais avec tant d'envie?

— Si fait, pardieu.…. mais, hélas!

— Réjouis-toi; nous Y sommes d'hier soir,

— Bah!

Mariol courut Jusqu'au seuil et regarda au dehors,

emménagés

C'était bien sa maisonnette idéale, entourée d’un petit jardin elos d’une haie, mais encore en friche,

—Un jardin? mon jardin! s'écria Mariol.

Ah! c'estmoi qui vais en faire pousser là-dedans, des choux et des roses! Mais, digmoi, Ca rine, es-tu bien certaine que nous Soyons ici chez nous?

inè-

ais éusère,

iSsé me r'ebri-

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