‹ Les Cabochiens et L'Ordonnance de 1413Chapitre 20 sur 93 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Étienne Pasquier, dans ses remarquables chapitres des /echerches de la France sur l'Université de Paris, résumant un texte du commencement du xv° siècle, disait : « Maistre Jean Gerson, duquel j’honore infiniment la mémoire, preschant en Avignon devant Benoit, qui se disoit treizième pape de ce nom, comparoit l’Université de Paris à nostre paradis terrestre, auquel estoit l’arbre de science du bien et du mal, et dedans ce saint lieu un grand fleuve, dont sourdoient quatre autres grandes rivières, par lesquels l'univers esloit diversement abreuvé : aussi dedans Paris y avoit une Université, source et fontaine des sciences desquelles despendoient les quatre facultés dont la plus grande partie du monde estoit abreuvée ‘. »

Cette comparaison exprime d’une manière mystique la grandeur et l'importance de l’Université au début du xv° siècle. Il y avait là une vaste association dont le but unique élait l’enseignement, mais dont la vie exubérante débordait de toutes parts. C'était tout un monde occupé aux spéculations de la pensée religieuse et scientifique. La grande république fédérative qui portait ce nom général d'Université se divisait ellemême en un grand nombre d'associations moindres, en nations, provinces et diocèses, en facultés, collèges, couvents et pédagogies. Les collèges par exemple étaient, en 1413, au nombre d'environ 45; installés pour la plupart sur la rive gauche de la Seine, aux flancs de la montagne

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