CHAPITRE III
Le récit des événements nous a conduits jusqu’au début d'avril 1413. Un mois plus tard, l’émeute était maîtresse de Paris, entrainait le due de Bourgogne, inquiétait l'Université, terrorisait le duc de Guyenne, mettait en prison ses parents, ses favoris, ses serviteurs. Et cependant l'esprit réformateur continuait obscurément sa tâche; la commission, instituée à la demande des États, travaillait avec énergie et méthode, préparant un véritable code administratif. C'est de ce contraste dont il faut maintenant rendre compte.
Le 27 avril 1413 l’émeute commençait. Quelles en furent les'causes immédiates? La paix avait été accueillie avec une satisfaction générale, bruyamment exprimée; elle n'avait pourtant pas contenté pleinement tout le monde. Il y avait à Paris et autour du duc de Bourgogne une sorte de parti intransigeant, qui aurait voulu d’abord en finir avec les Armagnacs. C'était un petit groupe de violents, impalients de désordre, complant sur le triomphe de Jean sans Peur pour salisfaire leurs ambitions ou leurs haines personnelles, une sorte d’avantgarde du parti bourguignon et réformateur, singulier mélange de chevaliers, de jeunes inaîtres de l'Université, de bouchers et de gens de métier, sans idées et sans but précis, que nous retrouverons en lêle de toutes les émeutes. Monstrelet y fait allusion lorsqu'il parle « d’aucuns bourgeois qui le traité n’avoient pas bien pour agréable » ‘. Le Bourgeois de Paris représente