CHAPITRE IV
Tel est le contenu de l'Ordonnance cabochienne; — tels sont ses rapports avec le passé. Il n’y est question que d'administration, et même dans les dispositions générales de cetle administration, presque rien n’est changé; c’est un ensemble de corrections et de réformes de détail. A plus forte raison, les formes politiques elles-mêmes ne sont point atteintes: la royauté reste et demeure telle qu’elle était. La plupart des historiens on! fait celte remarque avec une certaine tristesse : ils ont regretté que l'esprit réformateur ne se fût pas montré plus général, plus audacieux, qu'il se soit égaré dans les menus détails. Ils expliquent ainsi la disparition, on peut dire la chute rapide de l'Ordonnance. Les réformes politiques eussent élé, à leur avis, les seules et vraies garanties des réformes administratives : « En 1413, dit M. Picot, il s’est rencontré des hommes qui ont eru qu’on pouvait supprimer les abus et établir des réformes dans l’administration sans entrer dans le domaine politique el sans organiser un contrôle ou tout au moins un conseil permanent du pouvoir monarchique {. »
Cependant les réformateurs ont nettement compris qu'il fallait entourer ces innombrables prescriptions, dont dépendait le bon gouvernement du royaume, de garanties sérieuses et efficaces. Mais ils n’ont pas pensé que ces garanties pouvaient résulter d'une transformation politique complète, d’un bouleversement de la constitution traditionnelle de la royauté. Comment, en effet, serait-il venu à l’idée des hommes du