‹ Les cachets de NasiumChapitre 20 sur 25 · T. XXXII, p · texte numérisé non relu

T. XXXII, p

Les textes de Denis demandent quelques explications.

Denis avait donné, en 1814, un cachet trouvé à Naix à M. V..., conseiller de régence en Autriche. Six ans après, en 1820, ne pouvant retrouver l’empreinte sur cire qu’il en avait conservée, il écrit à Vienne pour en demander une nouvelle. Il semble bien que le cachet ait déjà passé des mains de M. de V... au Cabinet de Vienne. A la demande d’empreinte faite par Denis, on répond par l’envoi d’un fac-similé (un moulage sans doute) qui étonne sa mémoire. Denis cependant connaissait bien les cachets de Naix ; il les avait publiés dans son Narrateur et transcrits de nouveau dans ses deux manuscrits sur Nasium ; il en avait envoyé des copies pour solliciter , sur leurs inscriptions, des avis compétents. Et, en 1 820, sur le fac-similé reçu, il voit une tête d’Esculape qui ne Vavait pas frappé! Or, cette tête n’est pas un de ces graffîtes d’une lecture difficile qu’on ne reconnaît bien qu’à l’aide de la loupe. C’est une tête soigneusement et profondément gravée, non sur un des plats, mais en pleine tranche, donnant, sur l’empreinte, un fort relief (voir le dessin). Est-il possible que Denis ait pu prendre, comme il nous le dit, et conserver un certain temps l’empreinte de ce cachet sans avoir remarqué la tête? Et comment, possédant le monument avant 1813, ne l’aurait-il ni publié dans le Narrateur, ni au moins signalé dans son Nasium rédigé en 1818?

Parmi les cachets provenant certainement de Naix, il en est un que Denis a possédé et qui a été certainement transporté en Autriche , car il est aujourd’hui conservé au Musée de Vienne. Le doute n’est pas possible ; Denis, dans le Narrateur et dans Nasium, en a donné le texte bien exact et bien complet. C’est notre n° IV. Or, à mon avis, c’est ce cachet, et non celui dont nous nous occupons en ce moment, que Denis avait donné au conseiller V... Mais, quand il écrivit pour demander à Vienne l’empreinte destinée à remplacer celle qu’il avait égarée, le conservateur du Cabinet de Vienne, qui possédait déjà plusieurs cachets, deux au moins, dont, comme aujourd’hui, la provenance n’était sans doute pas inscrite sur les registres du Musée, se trompa. Et Denis, quoique surpris et ne reconnaissant pas son cachet, finit cependant par donner une patrie à ce monument de provenance inconnue.

Denis cependant, qui ne pouvait avoir oublié le cachet véritablement donné, puisqu’il l’avait publié, en parle ainsi dans le même passage de son Narrateur : « Nous avions une de ces pierres. » Et, puisque l’empreinte qui lui revient de Vienne n’est plus celle de son cachet, lui, d’habitude si précis, se contente de cette phrase vague, indiquant qu’il n’a plus le monument, sans dire ce qu’il est devenu'^.

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