‹ Les Cafés politiques et littéraires de ParisChapitre 28 sur 44 · LE CAPI I K ORT1H · texte numérisé non relu

LE CAPI I K ORT1H

viiller. On l'a envoyé à la Chambre où il a au ^on pain assuré pour quelque temps. Sa famille est tranquille, ses amis sont contents et lui est satisfait.

Quelquefois, pour se distraire de la politique, les habitués radicaux du café Frontin jouent aux certes, mais ils ne perdent pour cela rien de ce qu'ils nomment leur dignité. Quand ils parlent, ils écoutent le son de leur voix; lorsqu'ils paraissent réfléchir, ils froncent le sourcil, et si un inconnu, fùt-il radical, essaye de causer à l'un d'eux, on lui répond avec une froideur calculée. Ces aspirants au pouvoir suprême singent les grandes manières, il faut avouer qu'ils ne réussissent pas.

Un de nos amis qui les connaît presque tous particulièrement, étant allé au café Frontin, fut surpris de leur air compassé. Il dit en parlant d'eux :

« Ces farceurs s'imaginent qu'ils ont été de vrais ministres, on sait comment ça se fabrique ces hommes d'Etat, nous en avons fait.

— Il faut avouer que nous avons rendu à la France un triste service, » répondîmes-nous.

Le café Frontin a été abandonné par son public radical qui s'est transporté dans un établissement voisin, au café du Pont-de-Fer. On n'y voit plus que des commerçants du quartier.

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