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cères, leurs amis du moment se montrèrent habiles II s'était passé après le 4. septembre des faits si extravagants, que MM. Picard et C"' furent enchantés d'avoir affaire à un adversaire qui ne pouvait alors se défendre, en mettant à sou actif leurs inepties personnelles.
M. Thiers s'associait à ces haines contre les Bonaparte et s'arrangeait pour profiter des fautes de tout le monde. Tant que dura le principat de l'ex-ministre de Louis-Philippe, les partisans de l'Empire furent pourchassés partout, la haine contre eux était devenue une espèce de rage chronique.
Après la Commune, le président les fit surveiller pendant que s'échappaient les principaux chefs des assassins et des incendiaires que le maréchal de Mac-Mahon venait d'écraser.
Cependant on ne pouvait faire disparaître tous ceux qui avaient servi l'Empire. On vit quelques bonapartistes sur les boulevards, MM. Bolïinton, de Saint-Paul, comte de Palikao , E. Dréolle et beaucoup d'autres se montrèrent.
Les impérialistes se réunirent au café d^ la Paix, sur le boulevard des Capucines, qui reçut alors le surnom de boulevard de l'île d'Elbe.
On ne pouvait choisir un plus bel emplacement, comme lieu de réunion, que le café de la Paix. Situé au coin de la place du nouvel Opéra, dans un des splcndides immeubles construits sous le rè-ne de Napoléon III, cet établissement est décoré avec un grand luxe. Plafonds peints, moulures, colonnes élégantes, lustres superbes, glaces
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immenses dissimulant les murs, c'est un palais merveilleux où tout le monde peut entrer. A côté s'élève la masse immense de l'Opéra ; en face, de l'autre côté du boulevart s'ouvrent l'avenue Napoléon, qui s'arrête à la rue Louis-le-Grand, et la rue de la Paix, bâtie par le chef de la dynastie impériale. A l'extrémité de cette voie, la place Vendôme, où l'on aperçoit la colonne d'Austerlitz, dont la reconstruction est à peine terminée. Tout, dans ce quartier, rappelle le souvenir des deux Empires, instinctivement autant que par goût, les amis et les défenseurs de Napoléon vont s'y promener, causer des grandeurs passées ou de leurs espérances.
M. Piétri va assez régulièrement au café de la Paix.
Préfet de police sous l'Empire, il avait excité la haine de Raoul Rigault qui, au 4 septembre, se précipita sur la préfecture de police avec l'intention de prendre la place de M. Piétri ; mais il dut se retirer devant M. de Kératry et se contenta d'une position bien au-dessous de celle qu'il ambitionnait.
M. Jolibois, ancien conseiller d'Etat, y charme ses auditeurs par sa parole facile et élégante. Nous nous souvenons qu'en 1872, à propos du fameux procès Jules Favre contre son ancien ami, qui l'avait accusé d'avoir falsifié les registres de l'état civil, M. Jolibois était un des défenseurs dj l'adversaire de l'avocat républicain C'était au Palais de justice, il était six heures du soir lorsqu'il commença a parler. Des lampes éclairaient
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la salle toute remplie d"avocats, de journalistes, des amis et des ennemis des plaideurs. Après avoir résumé en quelques mots sa vie sous l'Empire, M. Jolibois pénétra dans le vif de la question et entra dans les détails les plus intimes de l'existence de M. Jules Favre ; il terminait par cet acte qui amenait l'ancien membre du gouvernement de la défense nationale sur les bancs de la cour d'assises. M. Favre baissait la tête et ne répondait point à ces reproches sanglants qui tombaient sur lui sans qu'il pût trouver un mot d'excuse.
M. Abbatucci, fils de l'ancien garde des sceaux, MM. Boyer et Lefebvre, préfets sous l'Empire, font partie de la réunion du café de la Paix, de même que M. Mouton, qui a été chef du cabinet de M. Piétri, aujourd'hui rédacteur de l'Ordre, MM. Falcon de Cimier, Gimet, anciens préfets; MM. Besson, Genteur, Goupil, anciens conseillers d'Etat; M. Alfred Darimon; M. Adelon, secrétaire général du ministère de la justice, dans le cabinet du 2 janvier 1770; le général Ferri-Pisani- Jourdan, comte de Saint-Anastase ; le général de Beauforl d'Hautpoul; M. Galloni -d'Istria ; M. Ganivet; M. Levert, ancien préfet du Pas-de- Calais; M. Hervet, de i' Ordre ; M. Casanova; M. dj Valon ; M. Dussaussoy ; M. de Saincthorent ; M. Henri de Fontbrune, rédacteur du Pays; M. Charles Gaumont , rédacteur de VOrdre; M.C. Romanet, ancien rédacteur de la France, qui a passé ensuite au Constitutionnel ; M. E.-J. Lardin. rédacteur du Soir et de la Liberté, où il a