LE CAFE DE FUY
pas que l'hirondelle primitive avait été enlevée et remplacée désavantageusement par une autre, œuvre d'un barbouilleur quelconque. Mais on admirait de confiance.
Un jour, ou plutôt un soir après minuit, au moment où les habitués de l'établissement se retiraient, les peintres en bâtiments entrèrent munis de leurs échelles et se mirent en devoir de laver le plafond, de donner un éclat nouveau aux dorures, de rajeunir les peintures. Le jeune Horace grimpa sur une échelle, muni d'un pot de couleur et d'un pinceau, et en peu de temps une demi-douzaine d'hirondelles ornaient le plafond. L'un de ces oiseaux fut conservé, grâce à M. Lenoir, alors patron du café, son jeune client portant un nom déjà célèbre et qu'il devait illustrer encore. Quand M. Lenoir vendit son fonds, il fit détacher le morceau de plafond sur lequel était peint l'oiseau et le plaça dans sa collection artistique. Son successeur fit remplacer l'hirondelle et aujourd'hui on voit encore cette copie que beaucoup prennent pour l'Original.
Carie Vernet, fort âgé, avait l'habitude de s'asseoir toujours à la même table. Quand, par hasard, sa place était prise par un client de passage, on lui mettait à côté de sa table un guéridon et il attendait tranquillement que l'intrus déguerpît. Paul Delaroche accompagnait son ami Vernet.
Dans les premières années du règne de Louis- Philippe, beaucoup d'Anglais fréquentaient le café 1 y. L'amiral Sidney-Smith, celui qui, en