LE CAFE DE FO Y
1799, avait a>dé Djezzar-pacha à défendre Saint- Jean d'Acre contre Bonaparte, se faisait remarquer par la quantité de punchs qu'il absorbait. Il arrivait souvent qu'il roulait sous la table ; alors un de ses compatriotes, taillé en Hercule, le colonel Thomas Swel, le chargeait sur ses épaules et le remportait avec une gravité toute britannique.
L'habitué le plus étrange de ce café fut longtemps Chodruc-Duclos, qui dans un costume invraisemblable parlait aux clients les plus distingués, leur serrait la main, et, après avoir emprunté deux francs — jamais plus — à l'un ou à l'autre, s'asseyait à une table et les dépensait. Chodruc-Duclos était la terreur du patron, auquel il faisait souvent le même emprunt, il demandait ensuite une consommation de dix sous ou de quinze sous, payait avec la pièce qu'il venait de recevoir et laissait le reste au garçon.
Un digne pendant de Chodruc-Duclos comme malpropreté était un Grec, Nicolopoulo, qui passait pour un savant; son pantalon passé à l'état de charpie ne se soutenait que grâce à une corde formant ceinture. Le reste du costume était à l'avenant. Nicolopoulo entrait au café toujours chargé de vieux bouquins qu'il compulsait gravement sans s'occuper, pas plus que Chodruc, des signes de dégoût manifestes par ses voisins.
Les excentriques que nous venons de citer faisaient un contraste violent avec les autres habitués, distingués de costumes et de manières et dont beaucoup ont acquis la célébrité ou au moins une