FIN DU DEUXIEME CVHIBK
r H O I s J E M K CAHIER.
J'avais résolu de discoiilinuer ces souveuirs. Mai» l'importance des sujets qui s'offrent à ma plume m'engage à décharger ici ma mémoire. Je vais raconter un événement qui, très fréquent chez nos voisins, est nouveau pour le lycée Naj>oléou.
Reprenons les faits dès leur origine. — 5 mai i8i5, vendredi. — Le helliqueu\ tamhour succède depuis avant-hier à la cloche funèbre, cl les élèves, avides de nouveautés, s'empressent de se former en bataillons et de marcher au pas. D'ailleurs, l'esprit guerrier qui règne parmi nous aime ce son, qui nous accoutume au bruit des batailles. Enfin c'est une fureur que de marcher au pas. Il ne nous manque plus ])our t'tre soldats que de» fusils ri de» drapeaux. On espère que le gouvernement rendra les fusils. Quant au drapeau, les élèves le font eux-mêmes ; un aigle de bois, et une ten-iette barbouillée aux trois couleurs, attachés à une grande perche, sont portés en lriom|>he à lu descente <le la terrasse. Quelques bonapartiste» erieiit niêuie : Vive l'F.m-
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pereui! M. Dumas met tout le lycée à l'étude jjour la récréation prochaine. Aussitôt l'indignation s'empare de tous les élèves. Les uns prétendent qu'on devait fermer les yeux sur un badinage d'enfants, fait pendant la récréation, et n'en pas faire une affaire d'importance. D'autres s'écrient que la punition ne doit pas être générale pour un petit délit auquel dix élèves avaient eu part. « Moi, dit l'impétueux, je n'étais pas là, et je me ferai plutôt chasser du lycée que de me laisser punir! » Tous s'accordent à penser que M. Dumas ne doit pas punir des opinions contraires aux siennes, et que la pruden(;e lui ordonne de ne pas faire d'éclat dans ce moment. Ou veut que nous n'ayons pas d'opinion politique, et cependant, étrange contradiction ! on veut nous en imposer une. Quand un orateur vomit les plus virulentes injures contre un parti et fait l'éloge de l'autre, ue cherche-t-il pas à inspirer les mêmes pensées que les siennes à son auditoire?
Bref, on écrit une lettre honnête de réclamation à M. Dumas. Montalivet la porte. Il reçoit un refus assez dm-.
A l'iieure de la récréation, nous nous élançons dans la cour; uous forçons la porte de Thuileau, et nous nous portons en assez grand nombre sur la terrasse. Thuileau a cafardé, et (lit à M. .leamrs : « ('/est Biancliard qui est sorti
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le premier. » « Et moi le troisième I » s'écrie Hoffmann jeune. Au bout d'un quart d'heure, M. de Wailly, armé d'une longue canne, arrire près de nous, tombe sur ceux qui étaient séparés de la troupe, les frappe et les accable d'injures grossières. On le hue. Bientôt, il s'avance çii courant vers les autres, qui s'étaient rassemblés en groupe, et croit les dissiper comme de vils troupeaux. Mais nous nous replions lentement sur une autre allée, et descendons dans la petite cour. Là, on se rassemble encore, et l'on délibère, quand M. de VVaillj, allernativement pâle et rouge de colère, écumaut de rage, semblable à une bête féroce qui fond sur une foule de chasseurs, tombe sur nous à coups de bâton, comme sur des chiens, et bégaye des paroles entrecoupées :
« Polissons! où allez-vous? Sauvez- vous! Rentrez dans vos quartiers! »
« Non, Messieurs! u'y rentrons pas, et désarmons ce b...-là! », s'écrie M. Beaupré, eu voyant M. de Wailly venir de son côté. Il est chassé du lycée, victime, diront les uns, de sou courage héroïque; de sa mauvaise tète, diront les autres.
Je me cache d'abord dans les commodités; mais, trouvant ensuite cette retraite trop ignoble, je sors à la vue de M. de Wailly. Il me voit, et me dit d'aller au quartier. Sans l'écouler, je nie
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sauve vers les miens. Il me poursuit. Je cours de toutes mes forces. On m'a dit ensuite qu'il n'y avait qu'un pouce de distance entre sa canne et mon dos. Enfin nous nous rendons à l'étude. M. Dumas nous y suit à pas lents. Il formait avec le proviseur un étonnant contraste. Blême et tremblant, il semblait craindre lui-même la canne ; il a dit à Robin : « Robin, je vous en supplie! Rentrez! »
Bientôt M. de Wailly, après avoir poursuivi les traînards, mugit en ces termes :
« Messieurs, vous avez violé toutes les lois de la discipline ! Si vous continuez à mener une conduite aussi indigne, je prendrai les mesures les plus sévères. Je donnerai ma démission, plutôt que de souffrir une si indécente insubordination. » — M. Jeames ajoute que notre quartier sest distingué en allant le premier sur la terrasse. Après le départ du proviseur, il nous dit, comme nous l'avions bien prévu : « Eh bien, messieurs, voilà le résultat de toutes vos infractions à la discipline ! si vous vous étiez soumis, vous auriez eu trois quarts d'heure d'étude, au lieu d'être en retenue longtemps, et de copier tous les jours cent vers. »
Cependant la plus grande fermentation agite toutes les têtes. Je ne sais pas ce qu'on fera demain.
Au souper, M. Jeames est hué par nous tous
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et par 1rs mathématiciens. Les sifflets et les cris assaillent MM. Jeames el Dumas. M. Bourdon se tait. En montant au dortoir, l'infortuné Jeames est accablé d'une multitude de morceaurc de pain, dirigés contre son grand nez. Les mathématiciens font une déchaîne de traversins s^ir son vieux carrick. et le menacent d'une bascule pour la nuit.
Les dortoirs rctcnlisseul de : « Xiw la liberté! A bas les cuistres et les tyrans! A demain!... m
6 mai i8i5, samedi. — Jour mémorable dans les fastes scolaires !
J'apprends à sept heures qu'on a formé le projet de se renfermer dans le quartier de mathématiques, et d'y rester jusqu'à ce qu'on nous accorde une amnistie générale.
L'orage va éclater.
L'heure sonnait, et tous les élèves se rendaient en foule daus le premier quartier, l«»rsque je prenais mes précautions aux comnieidilés. Je demandai ensuite à entrer; on m'ouvrit, ainsi qu'à une dizaine de brares. Aussitôt on se barricade de tous côtés. L'enthousiasme d'indépendance qui anime les insurgés leur d^oune une force nouvelle. On dérange et Ton met en pièces toutes ces tables immenses, où l'on se courbait naguère pour piocher. On se barricade. A forer de br■^^. on trniiir tic)i> lable». qu'on applique à.
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grand bi'uit contre la porte. Les fenêtres sont condamnées et bouchées par de vastes pièces de l)ois. Ou brise tous les carreaux, afin d'avoir de l'air. Toutes les baraques' sont abîmées. Le poêle, abattu, fournit des armes aux assiégés, qui y trouvent force pierres. Les livres sont foulés aux pieds, et le géuie de la destruction lève sa tête triomphante sur ces doctes débris et ces trophées poudreux.
Exultiit Bellona furens, doctasque ruinas Conteniplatiir ovans et pulvérulents tropaen.
Tous les insurgés s'arment d'une longue perche, ou d'un bâton, et s'apprêtent à soutenir un siège.
Tous les anciens amis se revoyaient avec plaisir dans cette enceinte, se serraient la main et se réjouissaient à la vue des meilleurs élèves, dont la présence et le nombre les rassuraient. On se disait : « Nous partagerons et l'amusement et le danger! »
Bientôt tous poussent des cris de joie en aper» cevant Dufaud entrer dans la place par le soupirail de la cave, qui donne eu même temps sur la cour et sur le quartier.
A huit heures et demie, on apprend l'arrivée
I. Petites armoires mobiles eu bois dans lesquelles les internes mettaient leurs livres et leurs petites provisions.
du proviseur. « Aux armes! Aux armes! » Et en même temps les six postes des fenêtres sont remplis. M. de Wailly. après de vains efforts pour enfoncer la porte, monte sur une table et des chaises, passe la tête à un carreau, et dit : « Messieurs, il faut avoir bien peu le sentiment
des convenances pour »
Des huées, des pierres et des morceaux de bois, lancés par quelques gamins, interrompent son discours. Le sang coule de sa main, blessée par le verre. Il cherche à se faire entendre dans le tumulte, et dit aux défenseurs de la fenêtre : « C'est une lâcheté de vous cacher la tête avec des mouchoirs. » Chacun se découvre et s'avance plus près de lui. « Pourquoi vous barricader ? Otez-moi ces tables! — Non! Ce n'est pas ù TOUS qu'on en veut, c'est à M. Dumas. Vive M. de Wailly! A bas M. Dumas! » (Je ne cric ni l'un ni l'autre.) n Eh bien, que voulez-vous à M. Dumas? Est-ce sa tête? — Non. — Sa destitution? — Oui! — Oui, parce qu'il est royaliste! » s'écrie im infâme mathématicien, que je ne Yeux pas nommer. — « Me reconnaissezvous pour votre proviseur? dit M. de Waillv. Pour votre maître? — Oui! — Eh bien, obéissez-moi! laissez-moi entrer! — N<»n ! Pardonneznous à tous. — Je ne veux pas traiter avec des rebelles. — Amnistie générale! » — Enfin le bruit, qui érlntnit dr toute part, empêrhant ab-
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solument d'entendre et de parler, des conférences s'ouvrent entre M. de Wailly et Huard et Dufaud, M. de Wailly propose d'abord de ne chasser que quatre élèves, ensuite douze; annonce que la punition sera proportionnée au temps que nous resterons enfermés, et menace de forcer notre porte, ayant pour seconds une vingtaine de fusiliers. Rien n'effraye les assiégés, et leurs clameurs séditieuses mettent fin à tous les pourparlers. 31. de Wailly s'en retourne triste et abattu, pour aller chez M. de Montalivet et chez le ministre de l'intérieur.
Pendant ce temps, un garçon détache le treillage d'une de nos fenêtres. On le repousse à coups de piques.
M. Dinet, en robe, parait à la fenêtre. On ne l'écoute pas. M. IS'audet se promène autour de la place. — « Venez-vous en ami, ou eu ennemi;' lui dit Bastard. — Ah ! messieurs, vous devez bieu penser que je viens en ami. — Eh bien, eutrea par le soupirail ; tous nos amis entrent par là. — Oh ! le passage est trop étroit ! »
Il retourna à sa classe, où il n'eut que ueul élèves, dont cinq ne faisaient j)as de grec, et tout le samedi matin est consacré au grec.
Cependant les libéraux, persuadés que le siège traînerait eu longueur, clierchent à se procurer le plus de commodités possible. — La nécessité éveille l'influstrie. Déjà on ne boit plus à la fou-
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taiue. Ou y p.--; mais la nature a des besoins plus forts et plus difliciles à satisfaire aussi. — On descend dans la cave, soutenu par des cordes que les camarades lâchent peu à peu. On y dépose son fardeau, et l'on en remonte plus léger. Les externes veulent se joindre à nous. M. de Wailly les repousse, et, de là, se rend chez les autorités.
lo heures et demie. — Le plénipotentiaire Huard monte à la tribune, c'est-à-dire sur une grande table, et annonce que M. Jeames proteste. On rit aux éclats. « Attendez donc ! Ecoutez ses protestations: il proteste que, depuis un mois, il n'a pas fait un seul rapport à M, Dumas ! » On se moque de la platitude de M. Jeames.
J'ai oublié de parler ici de la blessure du brave Chevalon : en voulant se jeter dans la place, il se laissa tomber maladroitement dans la cave, à douze pieds de profondeur, et se foula le pied. On retire le pauvre blessé et on lui prodigue tous les soins les plus attentifs.
Cependant les provisions nous manquent. Pas d'eau, pas de pain. Un nuage de poussière obscurcit notre forteresse : nous crachons et nous mouchons de la poussière. Mais Thuileau nous vend son secours. On lui passe de l'argent, et il nous passe des pommes rafraîchissantes. Les élèves oublient la résolution qu'ils ont prise hier de no plus rien acheter à cet espion. Bîenlôl nous
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recevons de toute part de l'eau, du pain et des gâteaux. Les petits se sont cotise's pour nous fournir des provisions. Us ont tous donné leur peu d'argent dans une quête générale. Ils ne se donnent pas de repos jusqu'à ce qu'ils aient apporté de quoi remplir une grande fontaine. A diner ils n'ont presque rien mangé, et nous ont gardé leur pain. Pour nous couper les vivres, on les a fait monter sur la terrasse, par la grille de Foliquet. Mais leurs présents n'ont été que différés, et leur ingénieuse complaisance est pai-venue à nous secourir un peu plus tard, lors de leur retour à l'étude. Enfin on s'est imposé les plus dures privations, et l'on peut dire que jamais, dans les républiques de la Grèce, le patriotisme n'a éclaté avec autant de force. M. Valcrais lui-même voulait nous apporter sa bouteille de vin ; mais il n'a pu tromper la cruelle vigilance de M. Bourdon. I heure. — Plusieurs parents ordonnent ù leurs enfants de sortir du quartier. On ne leur obéit que quand ils l'ordonnent par leur autorité paternelle. Les deux frères L... se retirent; malheureusement, non pas pour cette cause. On force plusieurs petits à s'en aller, parce qu'on ne les suppose pas capables de supporter les fatigues de la nuit.
Montalivet nous quitte, parce qu'il déplore le malheur de M. de Wailly, peu riche et père de famille, qui sera exposé à perdre sa place. Mon-
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taiivet, sans penser à ses camarades dont sa présence peut faire la sûreté, et qu'il peut aider de ses conseils, n'écoute que le sentiment de la reconnaissance. Beaucoup d'autres élèves, entre autres Bréville, tout en s'afâigeant pour M. de Waiilv, croient devoir suivre la destinée commune. Sur cent vingt-cinq hommes, la garnisou n'en a plus que cent neuf; savoir : tous les mathématiciens, hors un qui est malade; tous les rhétoriciens, hors quatre; tous les secondes, hors dix ; les troisièmes, hors huit; et deux quatrièmes.
A deux heures, on fait une distribution générale des vivres, serrés dans trois baraques. On procède avec un ordre étonnant ; mais, pour tout mets, nous n'avons qu'un petit morceau de pain et la moitié d'une pomme, et quelques gouttes d'eau. Le -tout ayant passé par beaucoup de mains, et d'une propreté équivoque.
Nous restons en repos toute la journée.
Cette uniformité de situation, et le malaise que la poussière et un air concentré nous font sentir, nous ennuient un peu. On se repose d'un air rêveur et abattu ; mais à la moindre alarme on se réveille; on s'arme, on crie, et l'on ne faitrieo!.. Mais l'ardeur se ranime.
Enfin, M. Diuet paraît à la fenêtre et veut entrer en franchissant une grosse pièce de bois qui lui ferme le passage. Mais, avec des perches, ou la pousse sur lui rt on lui lance des morceaux
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fie bois. Il faut avouer que tous les bons élèves clcsapprouraieut ces polissonueries, et qu'ils ont trouvé très mauvais qu'on appelât « vieille » et qu'on rimât en tin Madame Ventenat, qui se promenait sous nos remparts et traitait les assiégés (le vauriens et de brigands.
J'aurais peut-être dû passer sous silence cette anecdote scandaleuse ; mais je ne veux pas être plus discret que Ventenat, qui nous l'a lui-même racontée.
Le soir, M. Walkeuaer traite avec nous pour M. de Wailiy, et demande à entrer chez nous, comme parlementaire. Mais ou ne veut pas le recevoir, parce que cela n'aurait pas été juste après avoir laissé M. Dinet débiter à la fenêtre tous ses beaux discours sur la morale, sur la vertu, sur la différence de l'éducatiau d'autrefois et de celle d'aujourd'hui, et sur la supériorité des hommes actuels de quarante ans sur les jeunes gens. M. Dinet n'avait pas donné de conclusion précise. On l'a rejeté. M. Walkenaer nous donnait des conditions fort honorables, et jurait, sur sa parole dhonueur, qu'il croyait que, si nous consentions à nous rendre, M. de VVailly ne renverrait personne de nous, et assurait que M. de Wailly ne voulait pas traiter avec nous, parce qu'il eiît compromis sou autorité et dérogé aux bienséances; mais (|uc M. de Wailly promettrait de nous laisser reprendre notre situa-
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lion actuelle, si nous n'elious pas contents de la punition générale qui nous serait infligée. Ou Youlait absolument une punition générale. Mais auparavant, il fallait des garanties, et la parole de M. Walkenaer, qu'on était censé ne pas connaître, ne paraissait pas un gage assez certain à beaucoup d'élèves. D'ailleurs, la plupart désiraient passer la nuit au quartier et craignaient surtout qu'on attribuât à la crainte de la fatigue le désir qu'ils auraient pu témoigner de se rendre. On alla aux voix. On cria horriblement. Ceux qui votaient pour qu'on restât devaient passer d'un côté, les autres de l'autre. La moitié de la garnison ne vota pas, parce qu'elle dormait et était étendue sur des baraques et des pupitres. Parmi ceux qui voulurent bien préférer ù leur ^>ropre repus le soin du bien public, les votants pour qu'on restai l'emportèrent par le nombre (peut-être ne l'emporlèrent-ils pas pour le bon esprit). Knfin leur avis prévaut, et l'on s'apprête à passer la nuit dans la forteresse. Je dois remarquer, à la louange de Dufaud, qu'il s'est fort bien conduit, nous a toujours donné les meilleurs conseils, en nous donnant l'exemple du courage et surtout de l'honnêteté que l'on doit avoir avec de sages ennemis. Il soumet toujours ses lumières à celles de ses camarades, écoule leurs avis, et les préK-rc t<Mijuurs aii\ »i<'n<.. Knfiu il *'est dimné beaucoup (!«•
mouvement pour les divers travaux du sièget bien différent de ceux qui, prodigues de leur voix, avares de leur industrie, ne servaient l'État que par leurs clameurs et par leurs grossières et plates injures. Enfin, pour faire en peu de mots l'éloge de Dufaud, il a réuni les suffrages de ses camarades avec ceux de ses maîtres, et, le lendemain, M. Walkenaer est venu tout exprès pour le voir au lycée.
A dix heures du soir, après un repas moins léger que le dîner, nous faisons une sortie et nous nous élançons dans la cour. Ah! je respire enfin l'air des cieux ! Je me promène quelque temps sous les arbres de la cour. J'aperçois un bataillon d'élèves accroupis, rangés à la file contre le pied du mur, ayant leur lance près d'eux, et qui se dédommagent le soir de la contrainte de toute la journée....
En m'approchant du quartier, avec mon compagnon F'..., j'entends le bruit des matelas qui tombent du haut du dortoir. « Il paraît, me dis-je, que les élèves nous envoient des lits mobiles. » Aussitôt nous allons ramasser avec soin les traversins, les couvertures, les matelas, dont le nombre suffit pour nous tous mais peu curent des couvertures, et le froid assez vif du raatiu vengea nos maîtres en donnant de gros rhumes à heau-