I. II sr pr»'scnt;iil ù l'Koole ])olyterlin!q(io
J'ai élé obligé, à son regret, de passer, sans qu'il y assistât, mes examens de français, de latin, de dessin et de mathématiques. Tu sais que je ne suis pas fort en dessin-, ainsi de ce côté je serai noté comme médiocre, mais comme en sachant cependant assez pour entrera l'École; quant au latin, au français et aux mathématiques, M. Dinet a dit à mort ])ère qu'il était très content. Mon examen de mathématiques a duré deux heures; au nombre des personnes qui y assistaient, était M. le Recteur de l'académie de Dijon; il m'a donné plusieurs signes d'approbation. J'ai répondu à toutes les questions qui m'ont été faites et j'ai résolu un problème de géométrie analytique. D'après ce que M. Diuet a dit à mon père, les paroles flatteuses dont il s'est ser^î pour exprimer sa surprise de l'ordre qui paraissait dans mes idées, quoique j'eusse appris tout le cours en un an, me donnent la ferme assurance que je serai reçu a l'Ecole. Je ne mérite pas sans doute tous les éloges que me donne M. Dinet ; mais, dans celte affaire, son opinion est décisive. Je vais donc être enfermé pendant deux ans dans le sanctuaire des sciences, ne sortant peut-ôtre que In-s rarement, et toujours obligé de rentrer de bonne heure. Ainsi, plus de ces charmantes soirées chez Poirson ; tes colères et tes amitiés ne rempliront plus nos soirées, apn'-s le travail du jour; Poirson ne
chercliera plus à nous calmer par son flegme d'un vieillard de vingt ans; je ne verrai plus Alfred* éteindre sa chandelle, et je ne jouirai plus de la noblesse de ton ànie en voyant le plaisir si désintéressé que te donne mon amitié pour un autre; non, sans doute, je ne serai pas le seul à les regretter, ces charmantes soirées ! J'en suis sûr, lu oublies tous leS instants d'ennui «[ue t'a causés la dissemblance de nos caractères. 'l"u ne veuv te souvenir que des jours où tu me reconduisais jusque dans mon dortoir. Et comment n'en serais-je pas sûr? Ne vas-lu pas dans ta lettre jusqu'à me dire que tu regrettes d'avoir négligé tant d'occasions de me voir au lycée ? Ingrat que je suis! c'est après une telle lettre que j'ai gardé un si long silence ! ïn me dis que lu le sens le besoin de m'entretenir, et je me lais! Mais lu m'accordes mon pardon; ne revenons plus sur le passé ; parlons plutôt de l'avenir, et disons-nous bien que nous ne négligerons aucune occasion de nous réunir.
Je viens de quitter un instant la plume pour lire une lettre que Poirson m'écrit. Je crains bien que vous ue me voyiez l'un et l'autre, tantôt meilleur, tantôt pire que je ne suis, et jamais tel que je suis réellement.
J'achèverai de répoudre à ta lettre eu te di-