I. En écriture cursive allemande
6!i CAHIERS
Autres bons mots :
Le prince de Bienaurent a vendu tous ceux qui Tont acheté.
Le maréchal Augereau yient de faire une proclama tion qui est la réfutation la plus victorieuse d'une autre, faite Tannée dernière, par Mgr le duc de Castiglione. Sfgr d'Artois est un Achille... aux pieds légers.
Daiis TAlmanach royal de i8i5, les prêtres et les étrangers passent avant les militaires ; on ne voit que des abbés et des évéques pour minis« très. Voici ce qu'on lit dans un journal anglais : « Hier, après la messe, Mgr Tévèque d'Autun a présenté sa femme au petit-fils de saint Louis. »
Les palais et les grandes maisons ne sont plus peuplés des mêmes personnes, mais on voit toujours les mêmes dans les antichambres.
On cite un modèle du style et de l'orthographe du duc de Bourbon, et du duc d'Havre et de Croy.
L'Empereur a dit : « Je ne crains pas de donner la liberté de la presse; en un an on a tout dit sur moi. »
3i mars. — Jour néfaste. — Prise de Paris. — Printemps superbe. Pluie le soir.
Discours broché. M. Naudet me le lit. Il y trouve quelques bonnes choses; mais le discours en général, manqué.
lo heures et demie. — Je pioche mes rers pour la première fois depuis six semaines. Mais je suis puni de ma paresse par une place encore plus mauvaise que je ne le craignais.
Voici les places : i Dufaud, i Saurier, 3 Rohin, 4 Montalivet, 5 Defauconpret, 6 Lefehvre, 7 Châtelain, SGibon, 9 Canier, loDestaplandes, II Bary, la Rahou, i3 Lahinski, 14 Dubloo, i5 Duperron, iGTaunay, etc.
Les mathématiciens n'ont pas plus voulu écrire la messe qu'ils n'étaient disposés à l'entendre. Ils sont à l'étude jusqu'à ce qu'ils cèdent. Mais, ne se révoltant qu'à demi, ils boudent contre eux* mêmes. M. de Wailly est venu aujourd'hui dans leurs quartiers, a donné à Chauveau un coup de poing, qui l'a fait se trouver mal, et a déclaré à ces messieurs qu'il les chasserait tous du lycée impitoyablement s'ils persistaient à ne pas faire leur pensum. Ils sont résolus à ne pas le faire. Nous verrons à quoi aboutira cette petite révolte.
Les insurgés, irrités contre nous, nous accU' sent de lâcheté. Le fait est que nous n'avons été instruits -de leur résolution séditieuse qu'après avoir achevé nos pensums. Nous ne pouvons donc pas les imiter.
L'Empereur abolit la traite des nègres'.
I. Le Congrès de Vienne, ennemi de ?(apo1éon, venait de prendre la mcuie mesure.
Je lis, dans le Journal général^ des citations d'une infâme brochure contre le Roi. Le journalisie n*ose pas hasarder de réflexions; il les laisse, dit-il, au lecteur. Le feuilleton rend compte de quelques vers sur la pluie et le beau temps, dans lesquels on lit, arec plaisir, deux petits épisodes sur le malheur de deux jeunes illles, qui doivent leur chute, l'une au beau temps, l'autre à la pluie. Tout chemin mène à Rome.
Penrenere parem metam dirersa secatae.
i** avril, samedi. — Temps céleste. A cinq heures, séduit par la douce fraîcheur du matin, je me lève et je vais dans la grande cour, avec Jallon, faire une délicieuse promenade d'une demi-heure. Oh ! que je voudrais être à la campa* gne, pour jouir du printemps ! J'irais gagner de l'appétit pour le déjeuner par une longue marche, errer dans les champs avec un livre, ou cueillir des fruits dans le jardin, ou fatiguer une bourrique en trottant au village voisin, monté sur sa dure échine ! Fata obstant,
M. le proviseur se tire du pas dangereux où il s'était engagé, en nous exemptant le jeudi de la messe, à condition que les mathématiciens la copieront. Nous recueillons avec eux les fruits d'une entreprise dout nous n'avons pas partagé les périls.
M. Naudet me lit une mauvaise version grecque .
Notre Université est changée; elle est réorganisée sur son ancien pied. M. de Lacépède est nommé Grand Maître ; M. Yillaret, grand chancelier; M. Delambre, trésorier.
Je passe la récréation d'une heure à manger des pnmeaux.
M. Laya lit uu vieux discours de Julien. Il y trouve de bonnes choses, mais de la faiblesse^
1 avril, dimanche. — Temps chaud. A cinq heures du matin, nous voulons recommencer la promenade d'hier; mais Godin, cerbère du dortoir, a fermé la grille. M. Bourdon (notre surveillant général), vigilant Argus, nous avait aperçus ! Je commence à lire dans mon lit.
a heures. — J'achève mes vers. Le» remontrances de M. Delaplace m'ont tiré de ma paresse.
Mon père vient me voir après les vêpres. Il me donne de pénibles nouvelles sur la santé de maman et sur celle de ma tante. Il a des craintes. Il va désormais s'occuper tout entier du latin et du droit ; il veut acheter avec mon argent une grammaire latine de Port-Royal, ce qui dérange uu peu mes projets d'abonnement à l'école de natation.
La guerre semble inévitable à mon père. Il m'accompagne un moment à la promenade'.