I. En écriture citrsive aHeinande
Que le souvesir agit sur l*bomme puissamment!... Les fantômes de ce qui n'est plus m'assiègent pendant ma composition. J'ai été heureux deux ans, quatre ans même ; mais, hélas ! sans en avoir conscience.... Je ne le serai plus !...
Felices nlmtain pueros saa si bona norint!
Je reçois une lettre de C... ; il m'annonce sou reloiir à Paris. Quelle brièveté ! quelle sécheresse dans ce qu'il écrit! — Pas une pensée.
Aussi je lui ferai une réponse peu agréable* , . -
Hier au soir, à l'étude, jésini me qualifia d<e .l'épithète non méritée de.... Indigné de cette sanglante injure, je lui écris un petit biUety.et .hii demande satisfaction. . ..:;>...:..
a Je suis à ton service. — Boo^.- — A 14 fin de l'étude. » -<- Nos deux voisins, >I>ei7onne ret Paulmier, instruits malgré nous de l'affaire, -se proposent d'être nos témoins, afin que le duel soit dans les rèjg[les. Je passai fort tranquillement une heure et demie à achever mon discours français. Enfin l'heure va sonner. Je boutonne mou habita Je ris avec mon voisin et je médite déjà le plan d'attaque. Jfentonds huit heures, jésini s'est déjà «élancé dan» la «our. La nuit propice prêtait son voile funèbre à ces horribles préparatifs. Avec mes deuic< témoini, je suis de près mon adversaire. Je l'atteins. Voilà les deux: antagonistes en présence. . •
Il était comique (et j'en avais moi-même fort envie de rire, car je n'étais pas du tout en fureur pour ce combat) de nous voir tous deux, partagés entre la crainte et Tespërance, nous toisant l*un Fautre, serrant les poings, et n'attendant que le signal. — a Âh çà ! me dit mon rival, nous ne nous battrons pas à bras-le-corps, parce que.... » Tout à coup, les témoins, que je croyais attirés à ce duel par le désir de repaître -leurs'yeQx des coups de poing et des soufflets, s'avancent au milieu de nous : a Messieurs, avant de se battre, il faut s'entendre : Pourquoi vous battez-vous ?» — « Tu m'as insulté cruellement, dis*îè à At..v d'un mot lâché légèrement, ta as déchiré ma réputation, n — J'explique mes griefs. '•— Il me répond qu'il a eu tel motif. Je lui prouve la fausseté de ce qu'il dit. Il avoue qu'il a pu très fort se- tromper, qu'une autre fois if^s'en rapportera moins aux apparences. Enfin on rapproche nos mains l'une de l'autre ; elles se touchent, se serrent ; nous nous quittons bons amis, en riant, grâce aux deux conciliateurs, Deljronne et Paulmier. Si l'on s'expliquait toujours ainsi avant d'aller aux voies de fait, que de coups d'épée seraient épargnés !
. 5 avril, mercredi. — Beau temps. M. Naudet, le matin, me donne quelques éloges pour ma version latine : ic Du désespoir de l'avare
yoïé ». U oublie de nous dicter un discours latin. Maître N., honteux et confus, jurera, mais trop tard, qu'il ne l'oubliera plus.
Le Nain jaune s'aplatit. Je le vois avec peine tomber sur M. Duvicquet, mon ex-professeur de seconde, qu'il nomme un littérateur ; mais aussi pourquoi M. Duvicquet va-t-il se faire journaliste « ?
M. Laja me donne, pour mon discours de Julien, des éloges, mélës de quelques restrictions.
M. Jeanne me confisque le Nain Jaune, a son profit. Il me le rend.
6 arril. — Superbe temps. — Bordeaux' et plusieurs villes du Midi sont soumises. On ne sait pas si l'on aura la guerre ou la paix.
Mon père vient me voir avant la promenade.
Ma grand'tante est toujours très malade.
Nous allons nous promener au bois de Boulogne. Je cause avec Labinski, Brëville et Laugier*.
I . M. Duvicquet, ancien membre des Cinq-Cei^U, puis professeur à Henri lY, avait recueilli en 18 14 la succession du critique Geoffroy au journal des Débats.
a. La duchesse d'Angouléme avait essayé de maintenir Bordeaux dans Tobéissance à Louis XVIII.
3. Stanislas Laugier, né en 1798, mort en 187a, est devenu ce chirurgien si estimé et si apprécié qui a donné son nom à plusieurs méthodes chirurgicales. Il était membre de l'Académie des sciences, section de médecine et chirurgie.
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Je proûte du doux repos dan» lequel nous laisse rinadTertance de M. Naudet, pour m'occuper de mes propres idées. Mon âme est toujours dans le même état.
Quelle lâcheté, quelle mauvaise foi montrent dans leur conduite nos supérieurs ! Malgré leurs promesses, ils ne suppriment pas la messe du jeudi !
Je Tais jeter ici les idées que je médite depuis longtemps, pour une soixantaine de vers français. Je rimerai plus tard cette prose.
Je ne sais quel nom on doit donner au genre de poésie que j*ai choisi.
Un jeune homme, renfermé dans les murs du Ijcée, écrit à son amie :
« O toi, dont le nom fait palpiter mon cœur, chef-d*œuTre du ciel, qui fis naître en moi les premiers feux, entends la voix plaintive de ton E...'. Enfermé dans ma docte prison, exilé loin de toi, je gémis en silence. Franchissant la téné* breuse horreur de ces murs, mon âme s'élance vers toi et ton image présente à mes yeux me donne quelquefois un vain fantôme de bonheur. Bientôt, désabusé de cette erreur trop aimable, je n'aperçois autour de moi que de sombres visages, de farouches tyrans, la menace à la bouche, la férule à la main, et des troupes bruyantes
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d'enfants, dont l'âme n'est pas encore ouverte ù l'amour! Pour moi, nourrissant ma douleur, je promène dans la solitude silencieuse mes rêveries attendries.
« Ah ! si, du moins, je pouvais épancher dans le sein de l'amitié mes secrets et mes ennuis ! je ne serais qu'à demi malheureux ; ne pouvant te voir, je parierais de toi ; — mais les insensibles riraient de mes tourments. Ils n'ont pas encore aimé! Pourraient -ils plaindre un amoureux?
Sait-on compatir aux maux que l'on ignore ?
« L'étude ne m'offre plus d'attraits. Les Grecs, les Romains, leur histoire, leur langue, me chargeraient en vain la mémoire ; je ne vois que toi seule, dans le vaste univers.
« Tant de sciences et d'arts me sont inutiles. Ils ne m'apprennent pas à toucher ton cœur.
Qu'un pédant me force de faire des vers dans la langue de Virgile, sur un aride sujet, ma veine abattue s'épuise en vains efforts. Mais, s'il faut te célébrer, adorable A*..., un transport poétique embrase tous mes sens. Amour est donc le dieu des vers ?
« Oh ! Si tu pouvais sourire à des vers que tu as
I. Angélique X..., un peu plus Agée qu'Emile Dary, avait été sa petite camarade de jeu à Saint-Pol. Après une absence de quelques années, le lycéen, revenu à Saint-Pol chex des amis pour y passer les vacances, y avait retrouvé Angélique, devenue une jeune fille.
inspirés et mouiller d'une larme le papier confident de mes ardeurs ! Heureux ton ami, si, au milieu d'une jeunesse idolâtre, dans le tumulte des villes, auprès du monde séducteur, tu n'oublies pas celui qui a passé avec toi son enfance..., etc. »
Je travaille quelquefois à ces vers ; mais je cesse trop souvent d'y travailler. Il faut chaque fois se mettre en situation.
Je joue à la balle pour la première fois de Tannée. Mon adresse et un trou que j'ai à ma culotte font de grands progrès.
Le soir, lecture du divin Paruj. La Journée champêtre est un fort joli petit poème. Il offre des détails charmants et des tableaux riants et voluptueux.
7 avril, vendredi. — Jour nul, si ce n'est qu'il nous rapproche des vacances. Beau temps.
8 avril, samedi. — Beau temps. Les mêmes idées me tourmentent....
Terrible version grecque, pour laquelle M. Naudet ne me donne pas d'éloges. Il s'est bien vengé de nous.
Je lis le décret suivant, donné par l'Empereur : a Tous ceux qui ont fait partie de la maison civile, ou de la maison militaire du Roi, sont tenus de s'éloigner de trente lieues de la
bonne yllle de Paris, après avoir prêté le serment Youlu par les lois, sous peine d'être surveillés par la haute police, etc. » — Voilà qui m'inquiète. Pour dissiper mes craintes, je cause avec de R.... Toutes les fois que sa conversation aura eu pour moi de l'agrément, j'ajouterai une étoile au jour dont je me rendrai compte.
MALilDIC DE M\ TAHTB.
Un mal lent et cruel va peut-être la conduire au tombeau. Une indigestion et un vomissement ont commencé la crise. Depuis un mois, elle souffre et languit. Elle a contre elle une liydropisie momentanée, qui enfle tous ses membres, et soixante -dix-neuf ans. Elle est soutenue par les soins maternels de sa nièce, et par une forte constitution.
Elle désirait me voir, et parlait souvent de moi. Cependant, ma vue ne lui a causé qu'un plaisir médiocre.
En entrant dans sa chambre, je l'ai aperçue, enveloppée de tristes vêtements, étendue sur son lit, pâle, immobile et -me jetant des regards presque éteints.
Croj^ant voir un fantôme, je frissonnai. Malgré mon chagrin, je tâchai de porter près de sa couche de douleur uu certain esprit d'observation-, et je voulus saisir les traits de la mort. Ma tante pensait peu à cet instant fatal. Elle ne
le doit pas craindre; car sa Ycrtu, sa bonti!, sa piëtë (quoique poussée à Texcès et très superstitieuse), lui ont préparé les voies du ciel. Si, cependant, elle pensait à la mort, elle la craindrait; mais elle s'abuse, et ses idées ne s'étendent pas plus loin que ce qui Tentoure : la pluie, la boue, la lune et le printemps sont toujours ses préoccupations. Elle n*a pas du tout perdu la tête. J'ai remarqué que la vieillesse se rapproche beaucoup de Tenfance : ma tante veut toujours qu'on soit auprès d'elle; elle ne peut rien faire sans le secours et les avis des autres. Elle ne saurait pas se borner pour sa nourriture. Elle croit sa maladie et le danger qu'elle court proportionnés à la douleur qu'elle éprouve, et le moment où elle s'est crue le plus mal a été celui où des vcsicatoircs , prenant assez bien, la piquaient comme de vifs aiguillons. Dernièrement, elle a pris la main du docteur et lui a dit avec attendrissement : « Mon cher ami, sauvez-moi, je vous en conjure ! Tirezmoi de là ! » Le médecin, quoique habitué à ces déchirants spectacles, a été ému. Maman a pleuré. Si ma tante succombe, elle mourra moins que ma pauvre mère I Maman, qui s'abîme à lui rendre les soins qu'elle nous a donnés à tous deux, passe de la joie au désespoir, selon les hauts et les bas de ma tante. Quelle douleur si nous perdions cette brave parente! Elle est
menacée, si elle vit, de grandes infirmités! Il vaut mieux mourir.
9 ayril, dimanche. Temps assez beau.
Je paje ma sortie avec cent vers au lieu de trois cents.
Je lis dans le Journal de Paris une correspondance interceptée du duc et de la duchesse d*Angouléme, de MM. de Vitrolles, et de Guiches, et des lettres au roi d'Espagne. — Le duc appelle sa femme : « Ma chère Gioia ». Il lui dit, entre autres nouvelles intéressantes, qu'il a le postérieur endommagé.
M. L... me rassure un peu, en me disant que les employés de la maison du Roi ne doivent pns être compris dans Texii, et que lui-même attendra un ordre exprès pour s'éloigner. C'est une circonstance critique pour deux mille familles. Peut-on se réfugier dans un pays inconnu, ou chez des amis, qu'on risque de compromettre?
Bonaparte, aussi, signifie aux notaires, nommés par le Roi, de cesser leurs fonctions; comme si une charge achetée, et qui ne regarde que les individus, dépendait du gouvernement! Les séquestres continuent.
Pourquoi le Nain jaune ^ qui paraît n'avoir dû sa hardiesse qu'à la faiblesse d'un gouvernement dont il relevait tous les ridicules, n'ose-t-il pas aujourd'hui lancer les traits de la satire
contre ceux qui mènent une conduite opposée nuY principes qu'ils affichent; qui semblent rappeler le terrorisme, et ne donnent la liberté de la presse qu'à condition qu'on n'en jouira pas? Au milieu du plat fatras de flagorneries, que les journalistes, qui sont toujours les mêmes, prodiguent à l'Empereur, on remarque à peine quelques phrases équivoques, et quelques reproches des guerres passées, qui, même, ne servent qu'à leur fournir des contrastes avec la manière dont Napoléon agit depuis son retour. Lt Nain jaune n'attaque que les puissants de la veille.
L'Empereur passe en revue des troupes, qui montrent le plus vif enthousiasme pour la défense de la patrie.
Nous nous promenons aux Tuileries. On n'y voit presque aucune jolie femme. Les mises les plus recherchées, et quelquefois les plus comiques, des prétentions outrées, des raffinements de coquetterie, des attitudes étudiées, un enjouement et un sérieux proportionnés à la beauté des dents et aux traits du visage, beaucoup de médisances sur le compte des passants et de jalousie ou de mépris pour les voisines ; voilà le caractère que j'ai remarqué à ce sexe, aujourd'hui plus paré que beau, qui orne les Tuileries; et c'est pourtant la société choisie de Paris ! Et l'on s'étonne que les Français n*aient pas de longues passions pour les femmes ! Elles
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n'ont que de la vanitë, et les hommes n'ont que de Tëgoïsme. (Voilà ma transition trouYee pour parler politique.) Aussi les Parisiens, et presque tous les Français, sont malheureux dans le choix et dans la conservation de leurs maîtresses et de leurs souverains. Ils n'aiment les femmes que pour leur propre plaisir. Celles-ci le leur rendent bien, et quant à leurs princes, ils ne voient en eux que leur intérêt paiticulier, et non celui de la France.
Ainsi, par un juste calcul, en connaissant la position de quelqu'un, on sait ses opinions.
Pour le Bai.
Les émigrés et les nobles.
Les prêtres.
Les mères et les enfants qui craignent la conscription.
Filles et dames à qui la guerre moissonne frères, amants, etc.
Les employés du Roi.
Les généraux las de combattre.
Les marchands.
Pour PEmpereur.
Les acquéreurs de biens nationaux.
Soldats et officiers.
Les jeunes gens qui se destinent à l'état militaire.
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Les anciens Jacobins.
Les ouvriers.
Les employés de l'Empereur.
Les médecins, à qui la guerre donne des emplois et des blessés à soigner.
Est-il possible que tant d*hommes aussi égoïstes et aussi dirisés par tant de circonstances différentes et d'intérêts personnels, forment jarmais une nation heureuse et forte de son patriotisme ?
Nous rencontrons ce monsieur à qui j'ai toujours vu le même habit vert depuis quatre ans que je le connais. Puis M. P..., qui, l'an dernier, relevait avec force toutes les bévues des Bourbons et se plaignait avec amertume de leurs moindres piqûres. Pourquoi? Parce qu'elles l'égratignaient. Aujourd'hui, il se contente de désapprouver tacitement les mesures tyranniques de l'Empereur, et il le laisse, sans se plaindre, frapper des coups sanglants. Pourquoi? Parce qu'ils ne l'atteignent pas. Voilà les hommes!...
Je relis avec plaisir René, Pourquoi faut-il que l'auteur de ces ouvrages si attachants, où il montre tant de sensibilité et de grandeur d'âme, soit un homme vénal et vil, sans mœurs et sans religion?... A qui croira- t-on désormais? Aujourd'hui Chateaubriand, errant et fugitif dans la terre de l'exil, repose sa tête sur les lis fié-
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tri8^. Mais peut-être qu'une nouTelie révolution le ramènera bientôt dans la terre natale, et qu'il -viendra se réchauffer encore au soleil de la patrie. Heureuse la France si ce voyage aux terres lointaines, tout en la purgeant d'un mauvais citoyen, lui procure un bel ouvrage et des tableaux d'autres climats, animés par le coloris local!...
Je parcours le Méfiant^ comédie en cinq actes, de M. Lebo; c'est froid. J'y ai remarqué quelques jolis vers ; entre autres ceux-ci :
Hélns ! qa« de ehagrins ma tendresse vous donne ! Pourquoi voas ai-je aimée ?— Ah ! je vous le pardonne !
lo avril. — Une chaleur active et vitale se répand dans toute la nature.
lo heures. — Rentrée de M. Fercocq, professeur de philosophie, successeur et prédécesseur de M. Genty. Il est accueilli par ses élèves avec les plus vifs applaudissements.
Oh ! l'homme aimable ! et spirituel I Quel sourire gracieux! Il fait aimer la philosophie et la revêt des couleurs les plus riantes. Une heureuse et vaste mémoire, une profonde érudition, une physionomie agréable, éloignée du pédantisme scolastique, un esprit rare, mais gai et modeste, tels sont les avantages qui font de
I . Chateaubriand s^était retiré à Gand, où Louis XYIll Tavait nommé ministre in partiùus*
M. Fercocq, non pas un professeur de philosophie, mais un ami ëcUirë pour ses élèTes. Il est impossible de voir seulement une fois cet homme divin sans Taimer.
Il sait adroitement amener dans son sujet des citations charmantes, dont la variëtë tempère la gravite sérieuse de la science qu'il professe.
M. Fercocq a une très bonne manière d'enseigner. Il met de Tordre, de la dartë et de la précision dans sa méthode, et, quand même il lie montrerait pas aussi bien, on profiterait plus avec lui qu'avec tout autre ; et pourquoi? parce qu'il a le grand art de se faire écouter, même par les plus paresseux et les plus indifférents.
En une leçon, il nous a fait un tableau de la philosophie, et donné de bonnes définitions de cette science.
Les journaux annoncent la prise de Bordeaux et celle de Toulouse sur les royalistes, le licenciement des régiments suisses, la diminution de quelques impôts, etc.
Jour du Aa'tn jaune. II donne l'abrégé d'un almanach de l'ordre de TEteignoir. Il en donne un brevet à un ministre qu'il ne nomme pas, et à quatre conseillers d'Etat.
Il rend compte d'une distribution de prix à l'Institut. M. Soumet et Mme Dufrenoy en pai^ tagent un, et l'autre est à M. Soumet. Delàviguc, ancien clcvc de notre Jycér, obtient
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Taccessil'. J'ai remarque de lui une fort jolie idée : c'est un amant qui cherche en Tain sa inaitresse, dans une femme défigurée t par ce mal (comme dit Legouvé) qui, prolongeant sa rage, grave au front des humains un étemel outrage, »
....Cherche en rain sa maîtresse, Et ne la recoDnait qu*à sa seule tendresse.
M. Soumet a fait ces jolis vers sur la mort de Bayard :
Trois femmes exaltaient son noble caractère : L*ane lui dut son fils, et Pautre son vieux i)ère ; La plus jeune disait, en cachant sa rougeur : « O Bayai d, sois béni ! tu sauvas la pudeur. »
Ce trait si naturel et si délicat : en cachant sa rougeur^ me rappelle un vers charmant de mademoiselle Deshordes. Une femme attendant son amant au rendez-vous, s'écrie :
Je n*avais rieu promis, et pourtant m'y voilà !
Ces distributions de prix académiques me donnent de l'émulation. L'Institut propose pour 1817 ce sujet : « Avantages que donne l'étude des lettres dans toutes les situations de la vie. » (Avis aux amateurs.)
II avril, mardi. — Beau temps. — M. Naudet donne les places de la version latine.