RL RE RE A
liberté naturelle, aux droits de l’homme: «Il ne faut pas que des ressources communes à tous soient réservées à un seul (1) ; » il doit «être libre à chaque individu de faire valoir le talent qu’il a reçu de la nature ou qu'il a acquis et qu’il s’est procuré par une sage industrie » (2). Il y a même quelque impiété à: lui retirer ce droit «inviolable », car «il est même comptable de l'usage qu’il en fait envers la société entière, il lui en doit le tribut et l'hommage, mais il voudrait en vain s'acquitter de ce devoir sacré, si aux dons du génie il ne joint ceux de la fortune; il n’a pas la liberté de choisir la profession qui lui convient, il ne sera jamais à sa place; l'ignorance privilégiée a acheté le droit d’étouffer le talent. » (3).
Le commerce, dont l'intérêt exige, disaient les partisans des corporations, règlements et monopoles, étouffe, au contraire, : affirment les abolitionnistes, sous leur poids. « Le commerce ne se soutient que par l'émulation, et c’est frapper l'industrie et les talents d’un coup meurtrier que de leur donner de telles entraves (4); loin de fortifier l’activité industrielle, elles «énervent l’émulation (5) et « font que le plus capable est souvent exclu d’une profession ou métier dans lequel ses talents naturels lPauraient fait exceller » (6). Plusieurs Cahiers signalent, dans leur région, des exemples typiques des mauvais effets des corporations. A Châtellerault, «la fabrique de la coutellerie qui entretenait 300 maîtres et 700 compagnons est découragée et anéantie par le nouveau régime des maîtrises» (7). A Briey, en Lorraine, «les maîtrises de corps et métiers sont venues
() T. Digne, A. P. III, 349. Cf. Angoulème, BoISSONNADE, p. 64. T. Colmar, Chaumont
(2) Cf. Clermont-Ferrand, A. P. II, 763.
(3) Domfront, HipPpEAU, VII, 62-3.
(4)T. Forcalquier, A. P. III, 333.
(5) Paris, CHassix, Il, 415.
(6) Le Vrétot, BRiDrey, Il, 728.