‹ Les cahiers de Madame de ChateaubriandChapitre 2 sur 66 · INTRODUCTION XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXIII

des deux époux. Certes le récit de M"''' de Chateaubriand est plein de vie, allègre, vif, séduisant : l'anecdote s'y détache avec force, mais le style a le défaut de ces qualités. Pour Chateaubriand, le moindre incident, surtout lorsqu'il se rapportait à lui, prenait d'énormes proportions ; les détails disparaissaient dans le tableau et l'unité était assurée par une éloquente généralisation. Ce procédé emprunté à la polémique, donnait à son style une ampleur comme prophétique, en même temps qu'une langue harmonieuse y ajoutait encore par la musique de l'expression. Qu'on relise dans les Mémoires d'Outre- Tombe, l'affolement de Paris au retour de Napoléon, ou le départ de la flotte française vers Alger, ou encore à la fin de l'ouvrage le portrait de Talleyrand; ces pages trop oubliées, (on en pourrait signaler d'autres et très nombreuses) reflètent dans tout leur éclat, les qualités si variées de leur auteur. Dans les Cahiers, le procédé diffère ou mieux il n'existe pas ; l'œuvre perd en élévation ce qu'elle gagne en exactitude ; au reste l'auteur n'avait aucune prétention personnelle à la littérature et elle désirait seulement fournir à son mari des points de repère. Tout d'abord elle faisait des résumés sans phrases, dans lesquels

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