‹ Les cahiers de Madame de ChateaubriandChapitre 34 sur 66 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Avènement du ministère Polignac. — Les absolutistes. — La France et la Monarchie. — M. de la Ferronnays. — Les cabinets Villèle et Polignac. — Composition du ministère Polignac. — Les enfants grecs. — Les cabinets Martignac et Polignac.

Fin de ^S29. — Conspiration inventée pour amener le ministère Polignac. — On dit que le prétexte que MM. Polignac et La Bourdonnaye^ ont pris pour faire chasser le précédent ministère, qu'au surplus j'abandonne très volontiers comme une œuvre de Villèle, était une conspiration qu'on avait fait arriver de Turin. 11 paraît que M. de la Tour du Pin ^ a été sommé d'envoyer une note

1. François-Régis^ comte de la Bourdonnaye (l7o7-1839), ofïicier avant 1789, se rallia à Napoléon puis aux Bourbons (1814); député (1815-1830) il fut un des chefs de Textrème di-oite. Ministre de rintérieur dans le ministère Polignac, il démissionna le 8 novembre 1829. Pair de France (1830 1, il se retira après la Révolution. Malgré des différences de vues et d'opinions. Chateaubriand avait pour lui la plus grande estime.

2. Cf. p. 129. Il fit plusieurs fois preuve d'insuffisance comme représentant de la France, notamment en 1821 où il ne put découvrir certaines intrigues qu'il démentit même peu de jours avant qu'une démarche du roi de Sardaigne auprès du Pape vint en démontrer la réalité.

fabriquée au chef-lieu du Cabinet Noir, et que celle note était la révélation d'une conspiration qui était prête à éclater en France d'accord avec les carbonari'. Car, hors la Sainte- Ligue, toute l'Europe est composée de révolutionnaires et de carbonari. Ainsi donc, il y avait une conspiration : mais d'abord, pourquoi n'avons -nous pas commencé par la dénoncer à l'ancien ministère? Car, enfin, MM. de Martignac-, Roy^ et Portails \

1. L'auteur lait allusion au péril anarchique dont Martignac avait parlé à la Chambre des Députés lors de la discussion du budget de 1830 et à Fémotion suscitée en France par l'extradition du napolitain Galotti, accusé de complot politique et que le roi des Deux-Siciles réclamait comme criminel de droit commun pour se le faire livrer sans difficulté.

2. Jean-Baptiste-Sylvère Gaye de Martignac (1778-1832 1, secrétaire de Sièyes i,1798), avocat, dut sa fortune politique à la protection delà duchesse d'Angouléme ; directeur de l'Enregistrement (1814), député (1821), il soutint la politique de Villèle et lui succéda comme ministre de l'Intérieur et président du Conseil (1828) après s'être rapproché des doctrinaires. Sa politique trop libérale le força à démissionner (1829). Lors du procès des membres du cabinet Polignac, il présenta la défense de son ancien rival.

3. Antoine Roij (1764-1847) avocat et industriel, député, siégea parmi l'opposition à la Chambre Introuvable ; ministre des Finances (1819-18211, pair de France, il combattit la conversion de la rente proposée par Villèle et revint au ministère avec Martignac. En 1830, il se rallia à la Monarchie de Juillet.

4. Joseph-Marie Portalis (1778-I858i, ministre plénipotentiaire à Katisbonne (1805), conseiller d'État, directeur général de la Librairie, premier président à la Cour d'Angers, successivement rallié aux Bourbons et à Napoléon en 1815, pair de France (1819), garde des Sceaux ( 1828i, ministre des Affaires Étrangères (1829), premier président de la Cour de Cassation (1829-1852 1, sénateur.

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