Cf. infra, p
lors de la Restauration que parce qu'il fut comme tous les gens à antécédents suspects, un des ennemis les plus violents des libertés publiques et surtout de la liberté de la presse qui parle du passé comme du présent. Le duc de Feltre entrava à Gand tous les mouvements de la Vendée, j'en ai la preuve.
Jusqu'à présent toutes les histoires de la Vendée surtout celle de M™^ de La Rochejacquelein \ faite par M. de Barante^ n'ont été que des contes de fées. Le grand La Rochejacquelein^ le héros de toutes ces histoires, ne fut autre chose qu'un
1. Marie-Louise-Victoire de Donissan, marquise de la Rochejacquelein (1772-1857), épousa en premières noces M. de Lescures, dont elle partagea les aventures en Vendée. Elle épousa ensuite La Rochejacquelein qui devait trouver la mort pendant les Cent- Jours. Les mémoires, « écrits par elle-même et rédigés par M. de Barante », parurent en 1815.
2. Pierre-Anatole Brugière de Barante (1*182-1866), auditeur du conseil d'État, préfet de la Vendée (1809j, secrétaire-général du Ministère de l'Intérieur, directeur des contributions indirectes, il fit adopter le monopole du tabac (1818). Pair de France (1819), rallié à Louis-Philippe, il devint ambassadeur à Turin (1830) à Pétersbourg (1835) et se retira de la vie publique en 1848.
3. Henri Du Verger, comte de la Rochejacquelein (1772-1794), officier de la garde constitutionnelle de Louis XVI, coopora de toute son influence à soulever la Vendée. Proclamé général en chef (1793), il fut victorieux à Bressuire, h Château-Gontier, mais fut défait à Granville où il espérait trouver les secours des Anglais. Il fut tué quelque temps après. L'entente ne régnait pas toujours entre les chefs des Chouans et une rivalité était née entre La Rochejacquelein et Charette, après l'entrevue de Maulevrier (1793).
brouillon, un ambitieux, un homme sans talent et sans générosité. Il anéantit en quelques jours une colonne de l'armée de Charette ' de cent mille hommes, en s'obstinant contre l'avis de ce grand capitaine à passer la Loire et cela par jalousie d'abord contre Charette, ensuite par la crainte que le prince de Talmont -, sauvé des prisons d'Angers, ne prît le commandement de sa division : il représentait ce prince comme un imbécile, un homme sans courage et capable de mettre la déroute dans l'armée. Il traitait avec tout aussi peu de justice les autres officiers plus habiles que lui et capables de lui donner de bons conseils; il fut défait près de Pontorson. J'ai été témoin de ce que j'avance.
iS juin 1831. — (Voir le National du 13 juin.) Parmi les écrivains qui fournissent depuis quinze
1. François-Athanase Charette delà Co/zine (1763-1796), officier de Marine pendant la guerre d'Amérique, devint l'un des chefs de la Vendée soulevée. Vainqueur à Machecoul et Saint-Fulgent, il continua à lutter jusqu'à la conclusion apparente de la paix (^1795) ; découragé par le désastre du Quiberon, il fut bientôt fait prisonnier et fusillé.
2. Antoine-Philippe de La Trémdille, prince de Talmont, servit dans les rangs des émigrés comme aide de camp du comte d'Artois, puis vint en Vendée. Arrêté en 1793, il s'évada des prisons d'Angers, rejoignit les révoltés qui le nommèrent général en chef de la cavalerie. Arrêté de nouveau près de Fougères, transféré à Rennes, puis à Laval, il fut exécuté en 1794. L'auteur était alors emprisonnée à Rennes.
jours OU trois semaines des articles aux journaux officiels, on nomme entre autres M. Malitourne^ dont la vocation ministérielle ne date que du ministère Martignac, et M. Linguay, la sienne remonte au ministère Decazes et n'a point varié depuis; il écrivait dans la Gazette de France sous Villèle et Polignac.
23 juin ^831. — Aujourd'hui la mode est de prêter serment à Philippe en môme temps qu'on reste fidèle à Charles X. Mais ces nouveaux casuistes pensent- ils sérieusement que Dieu ait dit : « Vous jurerez à haute voix ce que vous renierez mentalement. » Non, il n'a point été question de restrictions mentales dans le IF"" commandement. Dieu a dit expressément « Vous ne prendrez pas le nom de Dieu en vain, » et voilà cependant ce que ce..., mille autres et surtout tous les disciples d'une monstrueuse école font sans cesse et tout cela au profit, disent-ils, et avec la sanction d'Holyrood. Cependant si ces préteurs de serment à l'usurpateur, ont réellement le désir de remettre la Légitimité sur le trône ; ils trompent donc le roi Philippe, lorsqu'ils jurent de lui être fidèles et,
1. Armand Malitourne (1797-1866) collabora à la Quotidienne H^ après 1830, aux journaux ministériels. Il fut bibliothécaire à l'Arsenal.
comme pairs et députés, surtout de défendre sa couronne et l'État tel qu'il est aujourd'hui constitué ; mais voici le raisonnement que la mauvaise foi ou une conscience faussée ne cesse de faire : nous allons aux élections pour empêcher les jacobins d'être nommés et pour sauver, s'il se peut, notre pays de la république et des horreurs de 1793. Fort bien, mais si vous êtes d'honnêtes gens fidèles à vos serments, tout en empêchant quelques désordres fruits des opinions révolutionnaires, expirantes en France, ne craignez-vous pas de donner de la stabilité à un gouvernement qui, s'il s'asseoit en France, ferme à jamais la porte à celui dont vous ne vous faites les champions que comme un en -cas : car, parlons franchement, tous les faiseurs de serment à la grosse ne tendent qu'à avoir les profits d'une opinion et conservant l'honneur d'une opinion contraire. Nous savons que si Henri Y revient, ce seront encore les Philippins, qui revendiqueront avec succès les services qu'ils auront rendus in petto à la monarchie légitime en trahissant, encore plus in petto, la monarchie usurpée; aussi en arrivera-t-il encore ce qui déjà est arrivé deux [fois], c'est qu'en voulant faire de l'eau claire avec de l'encre, on aura une troisième Restauration qui n'aura pas plus de racine que les deux premières.
1831. — Voir dans le Journal de Lyon^ (du 28 août 1831), une lettre de M. Raineville, datée d'Aix, adressée au Constitutionnel et datée du 31 juillet 1831.
Il s'élève sur l'accusation portée contre lui qu'il travaillait au morcellement du territoire français au profit d'un gouvernement étranger. A cela M. Raineville répond que cela n'est pas vrai et qu'il n'est à Aix que pour la santé qu'il a perdue au service de l'État. Quelle impudence^ !
Septembi-e ^88^. — Le triumvirat^, qui se trouve à la tète du Conseil de Régence à Holyrood, se compose, dit-on, de MM. Kergorlay^ Pastoret et Bellune. Voilà trois hommes bien agréables à la France et bien propres à donner quelque confiance dans une troisième Restauration. Qu'a fait M. de Kergorlay pour la monarchie? Des dia-
1. La Gazelle du Lijotmais était sous l'influence du duc de Blacas et des Jésuites par l'entremise du comte de O'Mahony qui habitait la Suisse. Ce journal se faisait l'écho de toutes les inimitiés de ses inspirateurs. (Cf. Arn.\ud d'H.a.utpoul, p. 327.)