‹ Les cahiers des curés;Chapitre 39 sur 80 · NIVERNAIS, BOURBONNAIS, MARCHE ET BERRY · texte numérisé non relu

NIVERNAIS, BOURBONNAIS, MARCHE ET BERRY

L'évêque île Nevers, suffragant de l'archevêque de Sens, s'était rendu, avant les élections, très impopulaire en se prononçant pour des États généraux selon la forme de 1614, sans doublement du Tiers et avec le vote par Ordre. Il ne put obtenir les suffrages de ses diocésains mais il parvint à faire passer deux curés de la ville malgré les « congruistes » de la campagne, et, de concert avec les prieursjdes couvents, à imposer un cahier digne d'être signé par lui-même (1).

Nulle trace ne subsiste du cahier de Saint-Pierre-le-Moutier, élaboré comme celui de Nevers sous la pression de l'évêque, se partageant entre les deux bailliages, dont il faisait tenir les séances à des jours différents. Son excès de zèle le rendit malade, mais ne lui procura pas l'élection, qu'obtint le doyen de sa cathédrale, avec le prieur de Saint-Pierre pour suppléant (2).

A Moulins, où il n'y avait pas alors d'évêché, trois curés de campagne passent d'emblée. Le Cahier (3) commence par la « Constitution », on ne peut plus libéralement traitée. Le « Clergé » n'y vient qu'en cinquième section, et le premier article qui le concerne, c'est « le rétablissement des conciles provinciaux tous les trois ans. » On demande ensuite « qu'il n'y ait plus de distinction quelconque de naissance pour posséder les places, et que la préférence soit

(i) Arch. pari. t. IV, 246.

(2)Ibid. p. 416-423.

(3) Ibid. t. 11,442-444.

donnée au mérite. » On réclame « que toute prévention en cour de Rome soit abolie. »

L'épiscopat manque dans la Marche, comme dans le Bourbonnais. Les Cahiers de Guéret et du Dorât (1), confiés exclusivement à des curés congruistes, reproduisent sans passion les plaintes et les vœux généralement exprimés par le clergé inférieur. Le vote par tète y est admis et l'égalité de l'impôt y est proclamée avec inscription des contribuables sur « rôle unique. »

A Bourges trônait un archevêque, Jean-Auguste de Chastenet-Puységur, dont la juridiction s'étendait sur les provinces d'Auvergne, du Velay et du Limousin. Il domina l'assemblée ecclésiastique du Berry, fit ou laissa faire un Cahier quelconque, puis le mit dans sa poche — d'où il n'est pas sorti. — Du reste, il rendit à Necker un compte passablement ironique des élections qu'il avait présidées (2):

« L'Ordre du clergé de Berry, Monsieur, a fini hier ses séances, en nommant ses députés. 11 m'a fait l'honneur de me choisir unanimement et m'a adjoint deux curés actuellement titulaires et un curé retiré chanoine d'une collégiale. Le Chapitre et les autres bénéficiers, abbés, prieurs, etc. ont été affligés de n'avoir pas fourni de députés, mais le nombre des voix de messieurs les curés était de plus de 300 sur 429 qui concouraient à l'élection.

« Les points principaux de nos cahiers sont le culte public réservé exclusivement à la religion catholique, l'égalité dans la répartition des impositions, l'opinion par Ordre adoptée unanimement, la conservation de nos formes (d'imposition) en nous soumettant à toute vérification du cadastre, le retour périodique des États généraux, qu'aucun impôt ne pourra être adopté définitivement que lorsque les

(1) Arch. pari. t. 111, 674 et 681.

{i) Lettre du 29 mars 1789, collection manuscrite des Archives nationales, B 111,29 p. 483-484.

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députés auraient t'-Lé mis à la portée déjuger de l'état des

finances.

« Letton en est très modéré et tel qu'il convient à l'Ordre du clergé et à des sujets respectueux et soumis. . .

« Recevez, etc.

t /.-A. pp. arch. de Courges. »

A la place du cahier du clergé du Berry, les Archives. parlementaires donnent deux cahiers : l'un ultra-épi sco pal

et l'autre anti-épi scopal. Les « respectueuses doléances de l'Église métropolitaine de Bourges »(1) contiennent cet appel aux curés : « Nous osons le dire, l'union entre tous les ministres de l'Église est plus nécessaire que jamais. Les incrédules se réunissent pour détruire, s'il était possihle, la religion de Jésus-Christ ; ils attaquent de front la révélation, la tradition, la divinité des Saintes Écritures, et osent tourner en dérision les espérances et les craintes d'une autre vie. Unis à ceux que l'Esprit-Saint a établis pour les conduire et diriger leur zèle, les ecclésiastiques du second ordre doivent se réunir aux chefs de la milice sainte pour repousser les efforts de l'incrédulité. >>

A quoi nulle réponse n'est donnée par le cahier de l'Église Saint-Etienne de Bourges (2), qui expose au complet les plaintes des malheureux congruistes. Les rédacteurs se gardèrent bien d'en livrer le texte authentique à l'assemblée du baillage ou à l'évèque ; ils l'expédièrent au Gouvernement, malgré la défense d'un vicaire général « les accusant de tendre à l'indépendance. »

(1) Arch. pari. t. VI, 508-512.

(2> Ibid. 513-514.

■J't(\ LES CAHIERS DES f.l'RÉS

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