‹ Les cahiers des curés;Chapitre 8 sur 80 · LES REVENUS DE L EGLISE · texte numérisé non relu

LES REVENUS DE L EGLISE

Jamais les assemblées générales du clergé ne consentirent £* adonner un état complet et authentique desbienset revenus de l'Église. En vain le souverain le réclamait-il sans cesse en qualité de seigneur fielleux du royaume entier (1). Elles taisaient la sourde oreille, et parfois, comme en 1750, au lieu de répondre à la déclaration royale, acceptaient sans mot dire l'évaluation de fisc 2 , d'ailleurs faite au-dessous de la réalité. Elles réussirent toujours, sou< l'Ancien régime, à tromper en même temps le pape et le roi : le pape auquel était dus, sous le nom A' annales, les produits d'une année des bénéfices en vacances, dont la cour de Rome avait à confirmer les nouveaux titulaires ; le roi, à qui, pour les besoins rie l'Etat, il fallait bon gré malgré fournir un « don gratuit ». le moindre possible.

Faute de documents sérieux et garantis, les appréciations

(1) Henrioii Je Pan~ey, Dissertations, féodales (in-8° 1789), art. « déclaration, aveu et dénombrement.

2' Le Trosue de \' Administration provinciale, p. SOI,

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les plus exagérées en moins et en plus étaient permises. Par exemple, l'auteur d'une brochure très répandue en 1788, le Clergé dévoilé ou l'iniquité retombant sur elle-même (1), prétendait avoir prouvé, « comme deux et deux font quatre », que les revenus du clergé, biens, dîmes, droits seigneuriaux, casuel, s'élevaient à plus de 1 milliard 800 millions.

D'après les mémoires, non publiés, de l'Assemblée du clergé de France en 1633, le prêtre et docteur en théologie Moreri (2) citait le chiffre de 312 millions de livres, auquel, pour avoir le total, sous Louis XV, il faudrait ajouter les revenus du clergé des provinces annexées sous Louis XIV. L'ancien jésuite Cerutti, secrétaire de Mirabeau, dans une de ses brochures de 1788, (3), présentait comme la plus probable la somme de 412 millions.

M. Paul Boiteau, clans son très intéressant ouvrage sur Y Etat de la France en 1789; reproduit l'évaluation détaillée d'un royaliste de nos jours, Bonvalet-Desbrosses : 8.000.000 en bois,

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