livres, par an
Laquelle somme, ajoute le statisticien clérical, eu égard ;ï la différence de la valeur de l'argent en 1789 et en 1860, représente 300 millions de francs.
Les dîmes, avec les cens, sont évidemment trop peu estimés. Sans les cens, Lavoisier portait les dîmes à 70 millions ; Dupont (de Nemours) de 100 à 120 millions, et le ministre Necker à 130.
(l)In 8° de 80 pages, p. 31. (Biblioth. ré vol. du Louvre).
(2) Grand Dictionnaire hinloritjue, édition de Paris, 17o0, t. VI. p. 318, col. 1).
(3) Mémoire pour le peuple français.
M. Boiteau s'arrête au total de 250 millions pour les cens et les dimes, sans apprécier les droits féodaux en nature, ni le casuel et les quêtes (1).
Les recherches minutieuses de M. H. Taine, — dont les cléricaux aiment tant à citer ce qui leur convient, sans prendre garde au reste, — ont conduit l'auteur des Origines de la France contemporaine à confirmer le chiffre de la valeur des biens-fonds du clergé produit par Cambon, dans le rapport du comité des finances, lu le 1er février 1793, à la Convention (2).
4 milliards 200 millions.
Ces 4 milliards, selon M. Taine (3), rendaient annuellement de 80 à 100 millions. Bonvalet-Desbrosses dit 124 millions.
Mais cela sans compter :
1° La dime, donnant 123 millions, à doubler, sinon tripler, pour en obtenir l'équivalent actuel; car, suivant A. Bailly (4), elle prenait, calculée au taux le plus modéré, la dix-huitième partie du produit brut de la terre;
2o Les droits féodaux, dont jouissaient la plupart des membres du haut clergé individuellement, les chapitres et les couvents collectivement ; qui élevaient, au dire d'Arthur Young (o), la rente du seigneur foncier à 3 3/4 pour 100, au lieu de 2 1/2, revenu ordinaire de la propriété libre ; « qui enfin, d'après l'appréciation de M. Taine, » représentaient plus de 14 pour 100 du produit net des cultivateurs (6) ;
3° Le casuel ordinaire des églises et les expéditions d'ac-
(1) L'Étude île la France en 1780, in-8°, Guillaumin, p. i9.
(2) Moniteur, nos 34 et 33 :
('») Histoire financière de la France, 2 vol. in-8°, 1830, t. Il, p
(5) Voyages en France, 1787-1780.
tes de naissance, mariage et décès aux paroisses, les dispenses aux archevêchés et évèchés, 8 millions, les quêtes des religieux mendiants, 5 millions, que l'on trouve portées à ces chiffres dans le tableau dressé par A.Bailly des « impositions, droits et servitudes existant en 1784 ».
Ces 13 millions de casuel sont très évidemment de beaucoup au-dessous du vrai. Car écrivait le marquis le Condorcet en 1781, (1) « les immenses revenus du clergé ne suffisaient pas à l'entretien des prêtres; les évèques vendaient toutes les espèces de dispenses qu'ils accordaient; les curés vendaient tous les actes qu'ils expédiaient, tous les sacrements qu'ils conféraient... » Souvent » — comme de nos jours — « les constructions dans les villes et celles des monastères étaient payées par des loteries... qui inspiraient aux pères de famille la tentation de ruiner leurs enfants, aux domestiques celle de voler leurs maîtres. »