‹ Les caillouxChapitre 2 sur 15 · LA RENTRÉE · texte numérisé non relu

LA RENTRÉE

Lorsque, le premier jour de classe, Devant l'entrée où l'on se place,

Groupés en ronds, Attendant que le loquet bouge, A la petite porte rouge.

Nous demeurons,

Nul ne ressent d'impatience; Nous souffrons, pleins d'insouciance,

Le lent portier, Car dans nos pensers s'aventure Un petit morceau de nature.

Un vert sentier. . .

Et, sous le firmament de pluie, Nous songeons à la joie enfuie,

A ce qui dort Comme un beau rêve, en la mémoire :

Au canot, dans l'eau qui se moire,

Au soleil d'or,

Au repos tranquille et champêtre, A la vache que l'on voit paître,

De son jardin, Au tennis, au bain, à la ferme !

Pays bleus dont le seuil se ferme,

D'un coup soudain !. . .

Nous regrettons ! Mais puisqu'en somme, Pour que nous devenions des hommes

Au cœur vaillant, A nous, les jeunes, il importe D'entrer par la petite porte

En souriant.

Remettons aux chaleurs prochaines Le petit lac, le bois de chênes

Qu'on devait voir !

Oublions les fainéantises Et n'ayons plus qu'une hantise :

Notre devoir !

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