‹ Les cailloux [microforme]Chapitre 12 sur 16 · BRUME EN JUILLET · texte numérisé non relu

BRUME EN JUILLET

La campagne vibre et l’air s’enchaleure, Devant le soleil.

Il fait encor gris et, juste à sept heures, Il fera vermeil.

Matin d'octobre

Le soleil se mire, argentin, Dans mon âme hier inquiète Et le ciel est bleu ce matin Comme le rêve d’un poète.

L'air sent l'automne et les fruits mûrs.

Des canards passent la rivière.

Un rayon tombe du vieux mur Comme une neige de lumière.

La route court éperdument.

L'air est sillonné d'ailes rouges.

J'entends en moi des bruissements, Comme une effeuillaison qui bouge.

C’est un jour doux, chaste et vainqueur.

La brise chante au seuil des portes.

Les ennuis gisent dans mon cœur Comme un amas de feuilles mortes.

La Pluie

Il pleut !.. Le ciel, désespérant

De tons mornes, de lourdeurs grises,

Et d’une alanguissante crise Souffrant,

Verse dans les bois en alarmes,

Dans les taillis et dans les champs,

Verse, en un lamentable chant, Des larmes.

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Il pleut ! il pleut !.. La terre boit La tristesse que le ciel verse, Longuement, longuement, à verse.

Les bois,

Malgré leur vert emblématique,

Courbant leurs branchages trempés,

Paraissent — du grand mal frappés — Phtisiques.

Seule, en ce triste matin gris,

Verte, reluisante, superbe,

Sous l’eau qui la fait briller, l'herbe Sourit;

Elle sourit, claire et divine,

| Elle tremble et, dans le matin, Elle reluit comme un satin

De Chine !

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