‹ Les cailloux [microforme]Chapitre 4 sur 16 · LA RENTRÉE · texte numérisé non relu

LA RENTRÉE

Lorsque, le premier jour de classe, Devant l'entrée où l’on se place, Groupés en ronds, Attendant que le loquet bouge, A la petite porte rouge, Nous demeurons,

Nul ne ressent d’impatience; Nous souffrons, pleins d’insouciance, Le lent portier, Car dans nos pensers s’aventure Un petit morceau de nature, Un vert sentier...

Et, sous le firmament de pluie,

Nous songeons à la joie enfuie, À ce qui dort

Comme un beau rêve, en la mémoire :

Au canot, dans l’eau qui se moire, Au soleil d’or,

Au repos tranquille et champêtre,

A la vache que l’on voit paître, De son jardin,

Au tennis, au bain, à la ferme !

Pays bleus dont le seuil se ferme, D'un coup soudain !...

Nous regrettons ! Mais puisqu’en somme, Pour que nous devenions des hommes Au cœur vaillant, A nous, les jeunes, il importe D'’entrer par la petite porte En : souriant,

Remettons aux chaleurs prochaines

Le petit lac, le bois de chênes Qu'on devait voir !

Oublions les fainéantises

Et n’ayons plus qu’une hantise :

Notre devoir !

Page 1