LA RENTRÉE
Lorsque, le premier jour de classe, Devant l'entrée où l’on se place, Groupés en ronds, Attendant que le loquet bouge, A la petite porte rouge, Nous demeurons,
Nul ne ressent d’impatience; Nous souffrons, pleins d’insouciance, Le lent portier, Car dans nos pensers s’aventure Un petit morceau de nature, Un vert sentier...
Et, sous le firmament de pluie,
Nous songeons à la joie enfuie, À ce qui dort
Comme un beau rêve, en la mémoire :
Au canot, dans l’eau qui se moire, Au soleil d’or,
Au repos tranquille et champêtre,
A la vache que l’on voit paître, De son jardin,
Au tennis, au bain, à la ferme !
Pays bleus dont le seuil se ferme, D'un coup soudain !...
Nous regrettons ! Mais puisqu’en somme, Pour que nous devenions des hommes Au cœur vaillant, A nous, les jeunes, il importe D'’entrer par la petite porte En : souriant,
Remettons aux chaleurs prochaines
Le petit lac, le bois de chênes Qu'on devait voir !
Oublions les fainéantises
Et n’ayons plus qu’une hantise :
Notre devoir !